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Rani ou la magie au féminin

5 décembre 2004, 00:00

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Depuis toujours, les spectacles de magie fascinent petits et grands. Mais jusqu?à présent, les prestidigitateurs étaient des hommes. C?était sans compter la magicienne Rani qui d?un coup de baguette, les a mis dans sa poche.

Rani a toujours été inspirée par l?univers enchanté des enfants : clowns, jongleurs, couleurs vives ont bercé son enfance. Le magicien Ustad Rajah avait donné un spectacle de magie dans son école. Rani se souvient encore de ce spectacle vécu alors qu?elle avait 10 ans. « Il a fait brûler du papier et après un simple claquement de mains, un lapin vivant est apparu. Je suis restée muette d?admiration. Depuis ce jour, je me suis intéressée à la magie. »

À 16 ans, Rani rencontre un jeune homme et commence à le fréquenter assidûment. « Au début de notre relation, il m?a demandé si la magie m?intéressait. Bien entendu, j?ai été intriguée », raconte-t-elle. Mais à l?occasion d?un autre rendez-vous, il lui fait un petit tour à table, elle est tout de suite séduite. Ce n?est que plus tard qu?elle apprend que son petit ami n?est autre que Junior Rajah, le fils du fameux Ustad Rajah. Le destin semblait vouloir la conduire dans le monde des magiciens. à partir de ce moment, Junior Rajah lui apprend à faire quelques tours, pour son plus grand bonheur. De baguette magique en baguette magique, elle devient l?assistante de Junior, qui entre-temps était devenu son époux. Elle l?accompagne lors des représentations dans les anniversaires, mariages, fêtes populaires. Il lui accorde à chaque fois 15 minutes de scène. Voyant que le public est réceptif à ses prestations, elle décide d?aller plus loin.

Transformer une colombe en chiot

Encouragée par toute sa famille, Rani s?est inscrite à l?Académie de magie en Chine, où elle a reçu l?enseignement du magicien Iong pendant 3 mois. Pourtant après cet apprentissage, elle constate : « Je n?ai pas appris beaucoup plus que je ne savais déjà. Le niveau de la famille Rajah est tel que dans un proche avenir, ils pourront recevoir eux-mêmes des stagiaires et les former. »

Être magicienne n?est pas de tout repos. Il faut constamment s?entraîner et apprendre de nouveaux tours. Pour cela, Rani visionne des cassettes, DVD et autres VCD de grands magiciens comme David Copperfield et Lans Burton. Elle participe également aux séminaires internationaux de magie.

Les spectacles de magie demandent une réelle adaptation au public auquel ils s?adressent. Par exemple, pour les enfants, il faut qu?il y ait des couleurs attirantes. Pour cela Vishwanee, la belle-mère de Rani, excelle dans la confection de costumes chatoyants et étincelants de paillettes et de strass pour mieux créer cet univers enchanté.

Les animaux captent l?attention des bambins. Un des tours phares de Rani est la transformation d?une colombe en chiot ! Si des effets saissants, comme des cracheurs de feu, produisent des frissons chez les adultes, il n?est pas question de choquer les petits. Les tours où les artistes se transpercent le corps ou avalent des lames sont à éviter car les enfants imitent ce qu?ils voient.

Si Rani a conquis le c?ur de son public, celui des autorités est nettement moins tendre. Selon elle, les artistes locaux ne reçoivent pas assez d?encouragement de la part de l?état. « Je ne travaille pas pour gagner de l?argent, car malheureusement à Maurice cette profession n?est pas très lucrative. C?est plus par l?amour du métier. Mais ce serait plus valorisant si le gouvernement reconnaissait notre travail et nous aidait en nous subventionnant. Je caresse l?espoir d?obtenir un jour, une autorisation du ministère des Arts et de la culture, pour me produire dans les écoles maternelles, primaires et secondaires et ainsi partager ma passion. »

Dans le monde de la magie, les illusions sont reines. Mais qui sait : un coup de baguette magique est toujours possible.

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