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Rancoeurs Diplomatiques

8 mai 2005, 00:00

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La tentation d?en vouloir à l?Union européenne et aux Etats-Unis est grande après l?éviction de Jayen Cuttaree de la course à la direction générale de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Paul Bérenger y a cédé. Son sang de leader tiers-mondiste n?a fait qu?un tour quand il a appris que les plus puissants du monde, ces sales impérialistes, se sont entendus pour sortir le candidat mauricien. Ce n?est pas très sport : Maurice peut adopter une stratégie pour battre l?adversaire. Mais quand l?adversaire fait de même, le Premier ministre prend la mouche.

Mais on n?en voudra pas trop au Premier ministre. Ces propos, tenus à un meeting, devant une foule, sont à prendre pour ce qu?ils sont : les politiques ne croient qu?un mot sur deux de ce qu?ils racontent dans ces circonstances. Si la realpolitik existe, la « realdiplomatie » (économique) n?en est pas moins importante. Bérenger ne sait que trop bien à quel point nous avons besoin des Etats-Unis et de l?Europe.

En Europe, la diplomatie mauricienne suit avec la plus grande attention l?évolution du dossier sucre. La baisse de nos prix de ventes garantis pourrait être plus importante que prévu. Parallèlement, de la bonne négociation de l?accord de partenariat économique entre l?UE et l?Afrique orientale et australe dépendront aussi, en partie notre avenir économique et celui de nos partenaires africains.

Aux Etats-Unis, Maurice recommence une campagne de lobbying afin de bénéficier de la dérogation « Third Country Fabric » de l?Africa Growth and Opportunity Act pendant encore quelques années. Il ne sert à rien de crier, sur tous les toits, que Robert Zoellick, l?actuel numéro 2 de la diplomatie américaine, nous a trahis. Alors même que ce dernier a de bonnes relations avec Cuttaree.

L?entente entre Maurice et les deux blocs économiques peut permettre au pays d?assumer encore mieux le rôle qu?il joue depuis quelque temps lors d?importantes négociations internationales. Celui de pont entre pays développés et en développement. Et la diplomatie mauricienne pourrait être appelée à être encore plus active. Nos diplomates à Genève et à Bruxelles le confirment : bien que battue à l?OMC, Maurice est sortie de la course avec des galons de rassembleur.

Le groupe africain commence à taire ses dissensions internes pour accepter de suivre une direction commune à l?OMC, défendue par Maurice. Le soutien du groupe ACP va également en se solidifiant avec comme meneur, encore une fois, Maurice. Et que dire du groupe des pays en développement, le G 90 ? Il était à deux doigts de s?unir pour botter Pascal Lamy hors de la course.

L?apparente unité des pays en développement derrière Cuttaree, doit être dorénavant dirigée vers l?élaboration d?une position commune et constructive de tous les pays en développement. Afin d?amener, enfin, le commerce mondial dans une nouvelle phase de développement, guidée par l?entente sur les intérêts de chacun. Pour atteindre cet objectif, il faudra se défaire des ranc?urs diplomatiques.

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