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Ramlogun était effrayé à l?hôpital Jeetoo
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Ramlogun était effrayé à l?hôpital Jeetoo
Les quatre médecins qui ont ausculté Rajesh Ramlogun pendant son séjour à l?hôpital Jeetoo à Port-Louis n?ont constaté aucune trace de blessures externes. C?est ce qu?ils ont indiqué à la cour, hier, lors de l?enquête judiciaire. Ce qui n?exclut pas la thèse de brutalités policières. Les détails du CT-Scan donnés aujourd?hui en cour vont fournir un nouvel éclairage à cette affaire.
Cependant, ces derniers ont détecté quelques anomalies médicales lors de ses deux séjours à l?hôpital ? vendredi 13 janvier (conscient) et samedi 14 (inconscient).
Les dépositions des médecins légistes, aujourd?hui, devront donner une autre dimension à la mort de Ramlogun, même si aucune blessure externe n?était visible. Se basant sur le rapport d?autopsie du médecin légiste de l?Etat, Sudesh Kumar Gungadin, la police a conclu qu?il y avait des ?strong indications? d?une forme de violence sur Ramlogun.
Les quatre témoignages des médecins qui ont déposé en cour : Dr Amatoola Essoof : le premier à examiner Ramlogun lors de sa première visite à l?hôpital. Le 13 janvier, il est 21 h 30 quand le suspect arrive accompagné de deux policiers en civil. Il paraît fatigué, remarque le médecin. Il ne cesse de répéter : ? Mo pas pou dire narien.? A un moment, il ouvre les yeux et regarde dans tous les sens comme s?il était effrayé. Il a été amené car il refusait de manger.
Lorsqu?il l?ausculte, le médecin ne s?inquiète pas trop de son état de santé. A part qu?il souffre de déshydratation. Il lui recommande du sérum, du B-Complex et du Valium, car il est très fatigué. Après une injection, il l?observe pendant une heure et demie aux urgences. Il l?a ensuite autorisé à quitter l?hôpital.
Le représentant du parquet, Me Maneesh Gobin, veut savoir si le médecin connaît l?identité des deux policiers. Il répond par la négative. Il est le premier médecin à soutenir lors d?une question de l?avocat du défunt, Me Viren Ramchurn : ?I did not see any injury on the outerpart.?
Me Ramchurn l?interroge sur qui a indiqué au médecin que Ramlogun était alcoolique. Le docteur précise que c?est un des deux policiers.
La doctoresse Sunita Ramsewak, de l?hôpital Jeetoo, a répondu que Ramlogun ne sentait pas l?alcool lorsqu?il a été admis aux urgences à 10 h 25 le 14 janvier. Or, dit-elle, elle avait inscrit sur sa casualty card qu?il était alcoolique en se basant sur les dires des policiers l?escortant. Ses observations sur son état de santé : pupille gauche rétrécie indiquant des risques d?anomalies cérébrales, traces montrant que le patient écumait, mais il ne portait aucune blessure externe. Sur ce, elle a demandé que le patient soit radiographié. Le cas a été référé à un spécialiste.
Dr Farook Bholah, dernier à ausculter Ramlogun avant qu?il ne meure. Il fait ressortir que le patient était inconscient et ne réagissait pas à la douleur. Il conclut après l?avoir examiné que Ramlogun souffrait de problèmes neurologiques. Comme ses collègues, il n?a pas constaté de blessures externes. Il est 11 h 45. Il recommande un CT-Scan. Comme celui de l?hôpital n?est pas disponible, le scan a lieu à la City Clinic. D?ailleurs, le directeur de cette clinique, le Dr Patrick Chui Wan Cheong, sera en cour aujourd?hui.
Le Dr Bholah informe la cour qu?à la suite du scan, Ramlogun est mort. Sa respiration, son système cardiovasculaire, son abdomen, n?indiquent rien d?anormal lors des premiers examens. Me Ramchurn veut savoir de quelle ?abnormality? il pourrait s?agir. Le médecin évoque plusieurs possibilités : un accident vasculaire, une hémorragie ou une thrombose. Le médecin affirme que la plante des pieds était anormale. Lors des examens, son pouce avait des réflexes anormaux. L?avocat insiste pour savoir si des blessures étaient visibles sur la plante des pieds. Le médecin soutient que non. Il est catégorique : le problème se situait davantage au niveau du cerveau.
Le magistrat Raj Seebaluck, demande si à la suite d?un grand coup la marque peut être visible sur la peau dure ? qui recouvre la plante des pieds ? bien plus tard. Ce que confirme le médecin.
Bushan Oree, emergency physician du Samu, explique qu?avec une équipe, il a transporté Ramlogun de l?hôpital à la City Clinic pour un CT- scan, à 13 heures. Mais, cet exercice accompli, le patient a été replacé dans l?ambulance lorsque sa mort a été constatée. Le scan a duré cinq minutes et le trajet aller-retour a pris 15 minutes. Le patient, dit le Dr Oree, était dans un état critique et ses pupilles étaient dilatées.
J.L.O. Kursley THANAY
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