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Ramgoolam : pas d?échéance électorale

2 mai 2008, 00:00

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Navin Ramgoolam a, hier, délaissé son costume de politicien en guerre pour enfiler celui du chef de gouvernement. Un discours long d?une cinquantaine de minutes amusant par moments mais surtout sérieux. Certes, il a eu des mots durs pour son adversaire direct Paul Bérenger mais même là, Navin Ramgoolam ne s?attarde pas. Pour lui, les élections ne sont pas pour demain et le temps est aux réalisations. Quand les élections viendront, il aura un bilan. Et à Bérenger, «qui n?a aucune solution à aucun problème et qui ne sait que faire de la démagogie», il lance «attend ton tour. Moi, j?ai attendu cinq ans».

Le point fort du discours du leader des rouges a été son évocation de la clause de la Constitution qui divise les Mauriciens en quatre groupes, «les hindous, les musulmans, les chinois et la population générale». Navin Ramgoolam ne dit pas spécifiquement qu?il va enlever cet article mais demande à ses supporters «pourquoi est-ce que quand vous n?êtes pas à Maurice, la communauté d?un autre Mauricien vous importe peu et que c?est important quand vous êtes ici ?» Il ajoute «Je veux que tous les Mauriciens se disent Mauriciens et soient fiers d?être Mauriciens. Pour vivre ensemble nous devons avoir notre identité nationale et c?est l?identité nationale qui mène à l?unité nationale». Déclaration accueillie avec des applaudissements bruyants.

En ce qui concerne la réforme du système électoral, il fustige Paul Bérenger qui dit qu?il n?a pas l?intention d?aller de l?avant. «Il a été au gouvernement pendant cinq ans, il a nommé le comité Sachs (?) Comité après comité mais résultats zero plombaz.» Mais Navin Ramgoolam met un bémol et dit aussi que si toutes les communautés «surtout les minorités ne se sentent pas rassurées par un nouveau système qui leur garantira une représentation adéquate, je serai la première personne à dire que nous n?abolirons pas le Best Loser System». Mais ce qu?il compte proposer est de «mettre en place un système encore plus démocratique».

En outre, Navin Ramgoolam a parlé du problème d?ordre public en disant que l?on ne peut pas trop tomber sur les policiers qui ne sont pas toujours équipés pour faire face aux problèmes. Mais il ajoute qu?avec l?aide des pays amis, «je vais régler ce problème». Déjà, avec les caméras de surveillance, les crimes sont résolus plus rapidement. Il demande à Paul Bérenger de «ferm so labous» à ce sujet car il n?avait pas non plus réussi à résoudre le problème de law and order quand il était au pouvoir.

Commentant les incidents violents qui ont eu lieu à la veille des meetings, Navin Ramgoolam pointe un doigt accusateur vers le MMM. «Ce ne sont certainement pas les agents du PTr qui ont agressé Abu Kasenally. Ce sont clairement les voyous du MMM. Qui a agressé la députée du MSM Sheila Grenade ? Les voyous du MMM.» Ce sera la seule référence au MSM.

Le reste du discours de Navin Ramgoolam est concentré sur les mesures que prend le gouvernement pour faire face à la hausse mondiale des prix, le cours du pétrole et la crise alimentaire, entre autres. Le chef du gouvernement se félicite des mesures prises par son gouvernement, qui commencent à donner des résultats. «Je suis fier des mesures prises parce que l?on ne gouverne pas pour être populaire.» Mais il rappelle que les subsides ont doublé sur la farine et le gaz ménager pour que la population «ne souffre pas trop de la hausse des prix».

Il a longuement parlé de la vocation sociale de son gouvernement : les maisons de la CHA, la loi pour les victimes de la vente à la barre, le transport gratuit, les négociations avec les sucriers («contrairement à Bérenger qui, lui, préfère faire des mari deals»).

Concernant la crise alimentaire, le Premier ministre promet que «nous allons trouver une solution» en mettant des terres à la disposition des planteurs pour qu?ils produisent localement autant de produits que possible.

Navin Ramgoolam promet aussi de régler le problème de la congestion routière avec la construction du dream bridge (les travaux vont démarrer mi-2009 selon Rashid Beebeejaun), une route circulaire et le bus way. Il devra régler ce problème une fois pour toutes parce qu?il devra «venir devant vous» pour demander un nouveau mandat.

Les partenaires du PTr, Rama Valayden, Xavier Duval et Anil Bachoo, ont aussi parlé.

<B>Une ambiance de kermesse </B>

Ils étaient deux types de partisans ? des hommes de tous âges mais aussi beaucoup de femmes, des quadragénaires et quinquagénaires, à la place du marché de Vacoas. Meeting qui a pris des allures de grande kermesse lorsque les leaders de l?Alliance sociale ont fait leur entrée. Il y avait les statiques qui campaient debout juste devant l?estrade et dans ses allées latérales. D?autres se tenaient à distance, presque dans la gare, pour avoir une vue d?ensemble. Leur particularité était de faire du surplace, indifférents au soleil qui tapait. L?autre type de partisans présents était celui en marche. Ils arrivaient par vagues mais étaient incapables de tenir en place. Agiles, ils tentaient de se rapprocher du podium, mais n?y faisaient pas long feu. Leur objectif était de jauger la foule, d?aller étancher leur soif ou de se restaurer. Presque tous les marchands s?étaient installés à la rue Farquhar et le parfum du curry rivalisait avec celui des granités. Bon nombre d?enfants accompagnaient leurs parents et plusieurs avaient troqué leurs chemisiers contre le t-shirt rouge. Lorsque Xavier Luc Duval est passé au micro, d?immenses ballons bleus ont virevolté au-dessus des têtes. Lors de l?arrivée de Navin Ramgoolam, une multitude de ballons rouges ont été lâchés et des paillettes rouges en forme de c?ur larguées en pluie. Du beau spectacle?

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