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Ramgoolam ne lâche pas prise

13 mars 2005, 00:00

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«Kapav fer enn long kampagn elektoral lorla. » L?aveu est de taille. Navin Ramgoolam sait qu?il tient un bon filon avec les tribulations de la Mauritius Commercial Bank (MCB) et n?entend pas lâcher prise. Il demande que le gouvernement amende, au besoin, la loi sur le secret bancaire afin que le rapport nTan sur la fraude MCB-NPF soit rendu public.

« Lorsqu?il s?est agi de démanteler l?Economic Crime Office et de limoger la directrice, le gouvernement a mis 24 heures pour amender la Constitution. Il est de l?intérêt national que le gouvernement cesse ses simagrées et publie le rapport », accuse le leader rouge.

Au Treasury Building, on est d?un tout autre avis. Un cadre, qui tient à garder l?anonymat, soutient que « c?est au conseil d?administration de la Banque centrale de décider si le rapport doit être diffusé ou pas ».

Malgré la chape de confidentialité placée autour de ce document, des bribes ont néanmoins filtré. Ce qui n?a pas manqué d?embarrasser le pouvoir, au point que l?hôtel du gouvernement aurait conseillé à la direction de la Banque de Maurice de mener une enquête discrète afin de savoir comment ce rapport a pu atterrir entre des mains non autorisées.

Un communiqué émis le 3 mars par la Banque centrale précise que seul un nombre restreint de personnes, dont le gouverneur, son adjoint et les membres de l?ancien conseil d?administration, ont eu connaissance du rapport dans l?exercice de leurs fonctions.

Le leader de l?opposition est revenu à la charge vendredi. Il a repris ses affirmations précédentes selon lesquelles l?enquête menée par nTan aurait découvert, en plus du détournement des fonds du NPF, « other substantial and significant fraudulent and irregular transactions ». Il persiste et signe et maintient ses allégations de transactions irrégulières qui se chiffrent à Rs 1 51 6 408 810. La presse, elle, a parlé d?irrégularités se montant à plus de Rs 3,3 milliards décelées par les enquêteurs de la firme nTan.

De telles informations indisposent le pouvoir. Les autorités ne peuvent cependant ni infirmer ni confirmer leur véracité du fait que le Premier ministre, puis la Banque centrale ont affirmé que le rapport nTan jouit de la confidentialité conférée à la fois par le Banking Act et le Bank of Mauritius Act.

Le chef du gouvernement prétend n?avoir pas lu le rapport. Sa déclaration paraît peu convaincante.

« Tout dimounn koné ki li finn bizin lire rapor-la », s?est exclamé, vendredi, le leader de l?opposition.

Navin Ramgoolam continue à harceler le chef du gouvernement. Il a une fois de plus accusé le pouvoir de cover-up à propos de la fraude MCB-NPF et du hold-up perpétré à la banque le 11 février dernier.

Cette campagne des Rouges semble mordre. Un proche du pouvoir pense cependant le contraire. Il concède toutefois que « les allégations proférées à l?égard de la MCB ont, dans un premier temps, créé certains problèmes, mais la situation s?est depuis améliorée ».

Tout semble indiquer que le leader de l?opposition n?est pas prêt à réduire la pression. « Nous reviendrons à la charge après la célébration de la fête nationale », prévient-il.

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