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Ramgoolam : ?Même le pays a perdu ses droits acquis?
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Ramgoolam : ?Même le pays a perdu ses droits acquis?
S?adapter aux nouvelles réalités économiques a été hier le leitmotiv du chef du gouvernement, Navin Ramgoolam. Lors de son intervention sur le budget au Parlement, il a maintenu que les réformes, jugées douloureuses, présentées dans le budget, sont impératives pour créer de l?emploi, assurer la croissance, et garantir plus de justice sociale en créant plus de richesse. La réussite n?appartiendra pas aux plus forts mais à celui qui saura s?adapter aux changements radicaux. C?est maintenant qu?il faut initier ces changements, dit-il. Un discours applaudi par des membres du Mouvement socialiste militant (MSM).
Navin Ramgoolam a soutenu que ?le pays lui-même a perdu ses droits acquis. Le temps des privilèges est bel et bien fini. Nous devons tenir sur nos propres pieds?. Contrairement à ce que l?opposition affirme, l?Alliance sociale avait déjà prévu ces changements dans son manifeste électoral. Il était alors question de ?changement radical de la société? en s?attaquant avec ? fermeté et courage aux manquements ? du système.
Ce n?est qu?à ce prix que nous pourrons être compétitifs face à la mondialisation, ?une réalité?. Deux mots clés doivent être à l?agenda : flexibilité et compétence. Un courage, qui, dit-il, a manqué à l?ancien gouvernement. ?On ne gouverne pas avec des ?mais??? lance-t-il au leader de l?opposition, Nando Bodha. Sans compter l?héritage ?catastrophique? laissé par l?ancien régime.
Fin aux rigidités
Le Premier ministre s?interroge sur les choix qui se présentaient à l?actuel gouvernement : ?Si nous ne faisions rien, ce n?était pas une bonne option. Si nous continuions comme avant, cela aurait été une continuité dans l?échec. Le passé n?a pas apporté des solutions. Nous devons être courageux et adoptant une nouvelle façon de penser pour s?engager dans la voie de la prospérité et la modernité. ?
Le succès économique de l?Irlande a impressionné Navin Ramgoolam. Ce pays qui, comme Maurice, était une économie agricole, s?est transformé : ?Il a choisi d?ouvrir son économie aux étrangers, plus de flexibilité sur le marché du travail, sa ?corporate tax? est l?une des plus basses et il n?a pas pris en compte des facteurs émotionnels en prenant certaines décisions.?
Prenant à partie l?opposition, Navin Ramgoolam affirme qu?il ?n?a pas à recevoir de leçon sur le socialisme. (...) Je suis un homme de gauche. Le Parti travailliste restera un parti de gauche?. Il précise qu?il n?est pas partisan du ?capitalisme? ni d?un ?socialisme utopique?. Il ne veut cependant pas créer une ?société d?assistés?.
Il fait état d?un rapport dont les experts soulignent que le présent système de tripartites est ?potentiellement dangereux?. D?autant que ? les forces du marché sont clairement absentes de la détermination des salaires?. La réforme initiée sur ce dossier ne peut donc qu?être positive et mettre fin aux rigidités sur le marché du travail.Pas question d?augmenter le salaire sans productivité.
Navin Ramgoolam a ciblé Paul Bérenger. Il dit qu?aucun Premier ministre n?a été aussi inconstant que ce dernier : ?Quand Gilbert Gnany était à la tête du comité des statistiques et qu?il vous avait critiqué, vous l?aviez mis à la porte (NdlR : dans son discours, Paul Bérenger a trouvé que Gilbert Gnany est le meilleur économiste du pays). Il en est de même pour Vishnu Luchmeenaraidoo. Quand il devait être à Business Parks of Mauritius, vous avez émis des objections et maintenant, vous faites référence à lui et partagez son point de vue quand il dit que le budget est plus FMI que le FMI.?
Sur ce point, Navin Ramgoolam répond : ?Je ne veux justement pas que la Banque mondiale ou le FMI nous dictent. C?est pour cela que nous avons engagé ces 40 réformes avant qu?il ne soit trop tard. Il nous a fallu agir. Même la Grande-Bretagne, s?est déjà vue obligée par le FMI de déprécier la livre sterling. Nous avons eu des conseils du FMI mais aucune obligation.?
Malgré les critiques, le Premier ministre se dit ?fier? de ne pas avoir augmenté la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). ?Nous avons fait toutes sortes d?acrobaties.?Paul Bérenger lui rappelle qu?il y a d?autres impôts. Ce à quoi Navin Ramgoolam, rétorque : ?Avec la TVA, chaque personne pauvre aurait été affectée?
Abordant l?ouverture de l?économie aux étrangers, il rassure en affirmant que ?ce n?est pas parce qu?on offre un permis en trois jours qu?il n?y aura pas de contrôle?.
Les réformes de l?impôt sur le revenu visent à le rendre plus simple et équitable. D?autant que l?ancien système permettait à une personne touchant un salaire de Rs 500 000 de payer moins de taxe qu?un fonctionnaire gagnant nettement moins.
Sévère mise en garde à l?égard des nominés des organismes parapublics : ?I will be ruthless. Every rupee spent will have to be well spent or not spend at all.?
ANNONCES SECTORIELLES
Une brigade financière envisagée
■ Le ?Competition Bill?, loi très complexe, arrive incessamment. Sur la justice sociale, le gouvernement veut s?assurer que l?Etat providence soit soutenable. Le Premier ministre fait référence à l?avis d?un expert qui demande que la question soit revue. Prudent, il ne s?avance pas davantage, mais il soutient que le coût des services médicaux revient cher à l?Etat. Une brigade financière est envisagée et des spécialistes des lieux de crime seront dépêchés à Maurice afin de mieux former les policiers. Les policiers n?auront pas de promotion sur le seul critère d?ancienneté, mais la méritocratie sera déterminante. Tout manquement sera sévèrement sanctionné. L?utilisation des portables dans les prisons ne sera plus autorisée.
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