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Ramgoolam essaie de démentir l?express
Les propos anti-Glover, tenus par le Premier ministre, sont si graves et soulèvent une telle indignation que les saint-bernard ne manquent pas pour porter secours à Chacha Ramgoolam. Philippe Forget, faisant preuve d?une prescience remarquable, anticipe sa tentative de démenti à l?Assemblée législative et passe à l?offensive avant même que ne dégaine le détracteur de son journal. Il convoque SSR devant l?opinion publique, pour le troisième acte d?un douloureux feuilleton.
Le mardi 5 juin 1979, quelques heures avant le démenti attendu de SSR au Parlement, l?express paraît avec, en éditorial des propos de Philippe Forget qui peuvent se résumer ainsi : On prête à SSR l?intention de s?expliquer sur ses propos anti-Glover du mercredi 30 mai 1979, à Pamplemousses. Il sait ce qu?il a dit et dont l?express publie le compte rendu le lendemain matin. Ceux, qui étaient là, le savent aussi. ?Si le PM prétend maintenant n?avoir pas tenu les propos rapportés, c?est qu?il ne dit pas la vérité?.
Depuis que l?express a rapporté les propos de SSR, le D.P.P., Cyrille de Labauve d?Arifat, Gaëtan Duval et Robin Ghurburrun ont tour à tour essayé d?aller à la rescousse du Premier ministre, en insinuant qu?il aurait pu avoir été mal rapporté. ?Les indignations se mettent au conditionnel?. Philippe Forget rappelle que l?express met en jeu sa crédibilité en l?occurrence. Ceux, qui la mettent en doute, n?osent lui demander des explications. Ni Ramgoolam, ni les détracteurs de l?express ne peuvent cependant mettre en doute la décoration russe remise à Badry par le Premier ministre. La parenté est patente entre ces deux faits indéniables. Suit le coup de massue : Philippe Forget rappelle, fort à propos, le titre d?Advance, le journal de SSR, titre s?étalant sur six colonnes le 31 mai, le lendemain des propos de Pamplemousses, titre affirmant ceci : ?Commission d?enquête ou pas, nous continuerons à travailler pour la masse?. Si cela n?est pas outrage à magistrature, cela lui ressemble comme deux gouttes d?eau.
?C?est donc en fonction d?un contexte indivisible constitué par son action incontestée à l?ambassade soviétique, par ses propos outrageants à Pamplemousses et par l?antithèse qui a fait la une de son propre journal, que l?opinion attend l?important troisième acte de Sir Seewoosagur?, conclut Philippe Forget.
Le lendemain, mercredi 6 juin 1979, l?express rapporte, bien sûr, en une, la tentative de démenti du Premier ministre au Parlement, sous le titre : Comprenne qui pourra? SSR : ?Le compte rendu de l?express est regrettable (unfortunate). Je n?ai jamais prononcé les mots tels qu?ils ont été prononcés?. L?express estime que Ramgoolam veut ?effacer l?impression erronée? relative à son compte-rendu du 31 mai 1979. Il rapporte in toto le statement du PM dont voici les extraits principaux : ?I wish to dissipate any incorrect impression ? I never uttered the words as reported ? the material part ? regarding the Commission of Enquiry did not reflect the context of my speech ? It was by no means in my intention to question the honour, the caracter, the integrity of the Commissionner ? or to cast doubt on the integrity of our ? independent Judiciary ? If, however, the words I used ? were construed by the Press as a reflection on the Commissioner or the Judiciary, I wish to assure ? that they were never intended in that sense?.
Ce n?est pas encore ?pas moi sa, mo la langue sa !? mais cela ouvre la voie aux pas-moi-lisades. Et, comme par hasard, pas un mot, dans la déclaration ministérielle, sur le titre d?Advance sur six colonnes : Commission d?enquête ou pas, nous continuerons à travailler pour la masse, en décorant notamment un ministre blâmé par une Commission d?enquête et dont la démission a été exigée par l?auteur d?une peu glorieuse tentative de rétractation.
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