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Ramgoolam : «Stratégie pour échapper au contrôle du CTB»
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Ramgoolam : «Stratégie pour échapper au contrôle du CTB»
« Il y a eu une stratégie délibérée pour échapper au contrôle du Central Tender Board (CTB) afin d?accorder le contrat de deux portiques à l?International Management and Construction Corporation (IMCC) ».
C?est ce qu?a déclaré, hier, le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, lors de sa déposition devant la commission chargée d?enquêter sur les allégations de pots-de-vin dans l?acquisition de deux portiques par la Cargo Handling Corporation (CHC) et la Mauritius Ports Authority (MPA).
Ces organismes avait désigné IMCC, une firme d?Abu Dhabi, parmi sept autres firmes étrangères pour fournir les portiques.
Accompagné de ses avocats, Joy Beeharry et Sanjay Bhuckory, Navin Ramgoolam a expliqué au président de la commission, Sir Victor Glover, comment il a conclu que la CHC a « tenté délibérément » de « bypass » les spécifications du CTB. Il a souligné que le ministre de la Formation, de la Productivité et des Communications extérieures, Sangeet Fowdar, expert-comptable, ne pouvait ignorer que les procédures adoptées par la CHC étaient arbitraires.
Il a fait référence à la réponse du ministre à sa Private Notice Question du 5 mai. Sangeet Fowdar avait dit au Parlement pourquoi la CHC avait opté pour le leasing agreement (location à bail sans intention d?achat) au lieu du Purchasing Agreement (location à bail avec intention d?achat).
Contrat sur mesure
Navin Ramgoolam a expliqué que l?option choisie par la CHC, le leasing agreement, ne tombait pas sous la juridiction du CTB.
En se basant sur cette option, une délégation comprenant des dirigeants de la CHC et de la MPA s?est rendue à Abu Dhabi pour poursuivre les discussions avec IMCC. D?après le leader de l?opposition, cette délégation aurait fauté à deux niveaux. Premièrement, pour avoir engagé des discussions techniques pour lesquelles elle n?était pas préparée. Deuxièmement, pour avoir accepté de dîner avec les responsables de l?IMCC. Cela est punissable sous le Prevention of Corruption Act car les membres étaient des Public officials, et surtout parce que les discussions étaient toujours en cours. Pour lui, cette visite est contre l?éthique car l?argent du contribuable a été gaspillé.
Autre point soulevé par Navin Ramgoolam, le choix de la CHC et de la MPA de faire fi d?une proposition de la Barclays Bank pour financer l?aquisition des deux portiques à un taux d?intérêt de 3 %. Il reproche à ces deux organismes d?avoir, à la place, opté pour un lease agreement de US$ 14,4 millions par mois sur sept ans. « Il y a matière à poursuite dans cette affaire car la CHC a induit le CTB en erreur avec des colourable devices », a déclaré Navin Ramgoolam.
Pour le leader de l?opposition, Maurice bénéficie d?une bonne crédibilité dans ses remboursements d?emprunts auprès des institutions financières internationales. La CHC pouvait donc faire appel à elles, car elles ont l?habitude d?appliquer un taux d?intérêt concessionnaire, plus rentable que celui pratiqué par les banques commerciales.
Le leader de l?opposition a conclu en disant que pour le financement d?un projet de cette envergure, la CHC et la MPA auraient dû prendre conseil auprès d?experts.
Il a allégué que le contrat aurait été taillé sur mesure pour IMCC, parce que les responsables de ces deux organismes ont évoqué l?urgence de l?achat de deux portiques pour faire face à la croissance du volume des conteneurs manipulés dans le port.
La déposition de Navin Ramgoolam a duré une vingtaine de minutes. Les travaux de la commission d?enquête reprendront mardi prochain avec la déposition du syndicaliste Jack Bizlall.
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