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Rama Sithanen : ?Rien n?est fait pour l?économie?
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Rama Sithanen : ?Rien n?est fait pour l?économie?
?C?est un budget qui ne fait rien pour l?économie et qui fait semblant de faire du social.? C?est ainsi que Rama Sithanen, le porte-parole du Parti travailliste sur les dossiers économiques, résume le budget 2004-2005 présenté vendredi par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
Lors d?un point de presse samedi, Rama Sithanen a qualifié le budget de ?leurre et de trompe-l??il sur l?essentiel?. Pour ce qui est des mesures sociales annoncées, il ne s?agit ?que des effets d?annonce?, ajoute-t-il. Le porte-parole travailliste a aussi reproché au ministre des Finances de n?avoir rien fait concernant les quatre priorités macroéconomiques qu?il s?était lui même fixé. Ainsi, dit-il,?rien n?a été fait?, que ce soit pour combattre le chômage, réduire le déficit budgétaire et la dette publique ou pour relancer l?investissement.
Si la proposition de Pravind Jugnauth d?offrir une formation aux chômeurs qui ont mal réussi leur scolarisation trouve grâce aux yeux de Rama Sithanen, il se demande toutefois ce qui adviendrait d?eux une fois qu?ils seraient arrivés au terme de leur programme de formation : quels débouchés trouveraient-ils si l?investissement n?a pas été relancé pour créer des emplois ?
?De la folie furieuse?
Evoquant le sujet de l?investissement, justement, Rama Sithanen soutient que Pravind Jugnauth s?est contenté de fusionner des institutions et d?en créer de nouvelles. Ce qui ne suffira pas. Le porte-parole du Parti travailliste juge ridicule la proposition du ministre des Finances de stimuler l?investissement à travers l?importation. Le Trade Offset Arrangement préconisé par Pravind Jugnauth ne peut marcher à Maurice, soutient Rama Sithanen.
Cette procédure consiste à fabriquer localement une partie des biens que nous importons ou que nous pouvons réexporter. Si un pays comme la Chine importe 50 Boeing ou Airbus, il peut demander à produire chez lui quelques-uns des composants de l?appareil et créer ainsi une activité industrielle et des emplois. Ce concept a également été appliqué dans l?industrie automobile dans les grands pays. Or, pour Rama Sithanen, ?Maurice n?a pas la masse critique ni le savoir-faire pour appliquer ce concept?.
Au niveau sectoriel, le porte-parole du Parti travailliste estime que Pravind Jugnauth s?en tient au diagnostic et à l?analyse mais ne propose aucun remède. Rien n?a été préconisé pour la zone franche, qui continuera à faire face à des difficultés dans le cadre du démantèlement de l?Accord multifibre en janvier 2005.
Poursuivant son analyse, Rama Sithanen note que dans le secteur du tourisme, l?introduction d?une taxe de 20 euros pour chaque touriste est de la ?folie furieuse?. Ce secteur, le seul capable d?absorber rapidement les chômeurs sans formation, connaît toutefois déjà un essoufflement car la croissance d?arrivées touristiques a été de 0 % au cours des quatre premiers mois de l?année.
Pravind Jugnauth annonce qu?il y aura 3 200 nouvelles chambres d?hôtels, ce qui représente une croissance de 32 % du parc hôtelier. Pour accompagner cette croissance de capacité, il aurait fallu accroître dans les mêmes proportions le nombre de touristes. Pourtant, le budget ne prévoit pas une quasi-stagnation de la dotation de promotion touristique tandis que le dossier de la libéralisation de l?accés aérien traîne depuis des années. Et c?est dans ce contexte que l?on se propose de taxer les touristes. ?De la folie furieuse?, insiste Rama Sithanen.
Au sujet de la démocratisation de l?économie, qui a été un des thèmes centraux du discours du budget, le Parti travailliste trouve que la proposition de prendre l?argent du National Savings Fund (NSF) pour créer un trust dont les bénéficiaires seraient les salariés du pays, ne veut rien dire. ?L?argent du NSF est déjà l?argent des travailleurs. On va prendre cet argent, créer un trust et donner à chaque salarié une action du trust. Et alors ? Ensuite ce trust va acheter des terres. Quelles terres ? Pour quoi faire ? Qui va gérer le trust ? C?est un leurre?, poursuit Rama Sithanen.
La démocratisation, selon lui, implique, entre autres, l?accès direct à la terre pour la faire fructifier ?et non pas à un trust qui investira dans on ne sait quelle terre.? Pour ce qui est de la location à bail de 200 arpents de terre aux planteurs, il ?a du mal à trouver en quoi cette idée est différente de celle du métayage qui existe depuis des lustres?.
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