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Rama Sithanen : «Maurice peut faire face à la crise internationale»

30 mars 2008, 20:00

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«Grâce à nos réformes économiques et à une gestion correcte, nous n?avons aucun risque à court terme concernant la croissance.» C?est ce qu?a dit le ministre des Finances, Rama Sithanen, lors d?un point de presse, samedi. «Il faut suivre la situation de près mais je suis cautiously optimistic en raison de l?état de notre économie.»

Selon les estimations, la croissance de cette année devrait se chiffrer à 6,2 %. «La croissance est de retour, affirme le grand argentier. Elle est robuste, soutenue et équilibrée.»

Il étaye son argumentation en se référant aux secteurs du tourisme, de la construction, des services financiers, des services professionnels, des TICs, du seafood hub et de l?hospitalité.

Les estimations par rapport à la Corporate Tax récoltée sont de Rs 6 milliards. Elles dépassent les prédictions initiales de Rs 5,5 milliards. «Nous en avons déjà relâché une partie pour des dépenses d?infrastructures au niveau de l?administration régionale, de la National Development Unit et de l?Education.»

Il a aussi approuvé, vendredi, le déboursement d?un montant de Rs 200 millions pour des projets d?infrastructure à travers le pays. «Nous avons aussi nommé deux consultants pour le fast tracking de projets qui seront décentralisés au niveau des districts pour des développements de drains, d?écoles et d?hôpitaux.»

L?autre facteur, c?est l?investissement. «En 2007, l?investissement était de 21 % et actuellement il a dépassé 25 % du produit intérieur brut, dit-il. Les investissements étrangers directs étaient de Rs 11 milliards en 2007 et nous nous attendons à avoir un chiffre de plus de Rs 15 milliards, cette année.»

Passant en revue les statistiques de la croissance, de l?investissement, des réserves et du déficit budgétaire, entre autres, Rama Sithanen soutient que «tous ces principes de base nous donnent confiance que nous pourrons tempérer la tempête internationale qui menace l?économie».

<B>Trois considérations pour le budget</B>

Si le taux de chômage prête aussi à l?optimisme, certaines catégories inquiètent. «Notre problème, ce sont les jeunes de 16 à 29 ans.» Dans cette tranche d?âge, chez les hommes, le taux de chômage est de 12 % alors qu?il est double chez les femmes du même âge. Seul le groupe des prime males, soit les hommes âgés de 30 ans et plus, comporte un taux de chômage extrêmement faible.

Le ministre des Finances rappelle aussi que plusieurs projets sont en développement ou ont déjà été enclenchés. Il évoque celui de Tianli ainsi que les divers Integrated Resorts Schemes, de la Ring Road, de la Land Based Oceanic Industry et les développements industriels à La Tour Koenig qui «créeront 12 000 emplois dans les prochains trois ans». Ces projets contribuent aux estimations d?un taux de croissance au-delà des 5 % pour 2009.

Au sujet du prochain budget, le grand argentier explique que trois considérations sont à l?ordre du jour. Il s?agit d?encourager les mesures qui soutiendront la croissance, de mitiger l?effet de la crise financière à l?échelle internationale et de «gérer le succès du phénomène Foreign Direct Investment».

L?autre aspect qu?il prend en considération : «les risques d?inflation qui demeurent, surtout, avec le Pay Research Bureau l?année prochaine.» Les défis identifiés sont ceux de l?infrastructure et de la formation.

Un plan pour petits planteurs</B>

■ Un plan d?emprunt a été mis sur pied à travers la Banque de développement à la suite des dégâts causés par les pluies. Rama Sithanen annonce que «les petits planteurs de canne, de légumes, de fruits, de fleurs et d?hydroponiques» ont désormais accès, jusqu?au 16 mai, à des emprunts de Rs 75,000 au taux d?intérêt de 3 % sur une période de paiement de quatre ans avec un moratoire de six mois. Des certificats de l?«Agricultural Research Extension Unit» et de la «Financial Services Commission» sont requis afin d?avoir accès à ce plan spécial.

<B>«Nous ne perdrons pas le contrôle de MT»</B>

■ Rama Sithanen s?est aussi appesanti sur le chiffre de 3 % évoqué dans la presse ainsi que par le leader de l?opposition, Paul Bérenger, quant à l?accord «Mauritius Telecom» (MT)-Orange. «Il n?est pas question que MT fasse un arrangement avec Orange pour lui donner 3 % du chiffre d?affaires», soutient avec force Rama Sithanen. Le ministre des Finances est catégorique qu?une telle allégation est «totalement, malicieusement et vicieusement fausse». Et de rassurer : «Nous ne perdrons pas le contrôle de MT.»

Il explique la nécessité d?un accord entre MT et Orange en rappelant un accord entre MT et Wanadoo qui, depuis, a été repris par Orange. «Un pourcentage était déjà payé sur le chiffre d?affaires des activités Internet et mobile. La même chose est en train d?être faite avec Orange. Ils sont en train de négocier.» «Confidentialité oblige», Rama Sithanen ne donne pas de chiffre précis sur l?accord MT-Orange mais il affirme qu?il ne serait «même pas de 3 % du chiffre d?affaires Internet et mobile».

Il précise aussi que, selon l?accord établi sous l?ancien gouvernement avec France Télécom, c?est «le partenaire stratégique qui a la première option au cas où le gouvernement vendrait ses actions». Il poursuit en soutenant que c?est au gouvernement actuel que peut être attribuée la participation des employés au niveau de l?actionnariat.

<B>Réactions</B>

■ L?optimisme prudent de Rama Sithanen trouve écho au niveau du secteur privé. «Le mot ?prudent? est le mot-clef et je comprends ce que veut dire le ministre des Finances parce qu?il y a des données externes et des choses que nous ne maîtrisons pas, explique Gérard Garrioch, président du «Joint Economic Council (JEC), mais nous pouvons constater que la croissance est là.»

Même si la perspective de la JEC rejoint l?analyse du ministre des Finances, l?association est aussi préoccupée par les besoins en infrastructure. «Il faut davan- tage d?infrastructures publiques afin de ne pas freiner la croissance. On a tendance à parler d?infrastructures routières mais il faut aussi parler de l?eau par exemple. Si nous visons deux millions de touristes, il faut aussi avoir les infrastructures nécesaires.»

Dans le secteur de l?exportation, les impressions sont mi-figue mi-raisin. «On voit dans le long terme de bonnes perspectives», souligne Danielle Wong, présidente de la MEXA, mais avec l?appréciation de la roupie et les hausses du prix de l?essence et de l?électricité, l?impact sera plus qu?immédiat sur les prix de vente et les commandes.»

Dans le court terme Danielle Wong parle «d?un cap à passer» en évoquant, pour l?instant, des «mixed feelings».

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