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Ralph Bégué : « Rs 200 000 pour tuer Mamad Fezal Buglah »

15 mai 2004, 20:00

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Chaque jour qui passe apporte son lot de révélations dans l?affaire Deelchand. L?express-dimanche a rencontré Ralph Bégué, appelé par Antoine Chetty à honorer des « contrats » commandités par le notaire Vinay Deelchand. Il décortique le mécanisme de représailles mis en place par ce dernier pour éliminer ceux qui lui barraient la route. C?est un véritable scénario mafieux dont il fait le récit.

En 1999, en pleine transaction douteuse de terres, Laldeo Gujadhur met des bâtons dans les roues du gang de Vinay Deelchand. Il ne veut pas avaler leur explication à l?effet que son vieux père a vendu des lots de terres se trouvant dans les parages de l?hôpital Candos. La signature du contrat de vente se serait déroulée à une période où le vieillard était à l?agonie.

Pour le faire taire, deux solutions s?offraient à Vinay Deelchand : placer de l?héroïne chez Laldeo Gujadhur pour le faire arrêter pour trafic de drogue, ou l?éliminer pour faire plus court. Pour mener à bien cette mission, il faut trouver le « pigeon » idéal. Ralph Bégué répond aux critères. Dés?uvré et sans famille, il peut faire l?affaire.

« À travers un ami, frère d?un chanteur connu, Antoine Chetty, m?a contacté, disant qu?il cherchait un homme pour repeindre l?étude du notaire Rajkumar Lallah. Chetty a vite fait de me mettre en confiance et un jour il m?a invité à le suivre pour me montrer quelqu?un. Line amènn mwa vizavi Candos, dan ene chemin, line aret divan ene lakaz, line dire mwa guet endan li mem sa. »

Antoine Chetty lui déclare alors qu?il devra piéger Laldeo Gujdhur en plaçant du brown sugar chez lui. Mais Ralph Bégué se défile. Quelque temps après, Antoine Chetty reprend contact avec lui et lui demande de repérer Fezal Mamad Buglah qu?il doit piéger. Ce dernier est partenaire de Vinay Deelchand, Sandeep Appadoo, Mahendra Choonea et Dhar-manandah Sambon dans une entreprise à Madagascar.

Ralph Bégué ne parvient pas à l?identifier et se confie à un ami, José Désiré Soyfoo. Ce dernier décide de lui rendre la vie facile en l?accompagnant à son rendez-vous prévu avec Antoine Chetty. Sur place, c?est Soyfoo qui décroche le contrat.

« Chetty ine dir éna ene travay pu fer. Ene, kapav mete la drog kot Buglah ou deziem zafer ena ene dimoune pou donne Rs 200 000 pou tuy Buglah. Li dire boug la fine fer erer Madagascar. Ti donn li kass pu monte ene lizine mé kasse finn fini et line retourner, zot ine penser Mamad Buglah fine kokin zot kass ».

Le soir de l?achat de la drogue, c?est Moonsamy Mooraghen qui fait office de chauffeur. « José ek Antwen finn al asté la drog la Plaine-Verte. Zot ine asté 12 doz, valer Rs 120 00, mé Mooraghen pane conne narien kipé passé ».

Les choses s?enchaînent et Soyfoo se rend à la police (voir précédents articles dans l?express-dimanche) pour dénoncer Buglah. Les choses se compliquent. Soyfoo arrêté, Chetty demande à Bégué de trouver un avocat pour le faire libérer sous caution. Mais comme la machinerie judiciaire tarde à se mettre en branle, Bégué prend peur, part à la rencontre de Buglah et lui déballe tout. Chetty et Soyfoo sont alors arrêtés.

« Antoine finn rod mwa et line dir mwa si to tire mwa dans parad mo pou donne twa 10 000 roupi. Monn dir wi, mais monn dir wi, li mem sa dan la cour. Zot inn vinn get mwa lerla et Soyfoo fine bate mwa et coupe mwa coute couto. Trwa zour mone admet lopital et Chetty fine menass mwa et li dire mwa aster lamor ki to pu gaigné. Ene zour mo pé marsé ek ene kamuad Bonne-Terre kan line vini dans ene BMW avec Deelchand, line mette loto lor mwa et line bate mo kamuad, kass so kot. »

L?affaire visant à piéger Buglah est portée devant les tribunaux. Chetty s?en sort en janvier 2004, surtout parce que Mooraghen n?a jamais été appelé à témoigner? Entre-temps, Bégué se fait agresser par Soyfoo qui écope de deux ans de prison pour ce délit. Bégué, lui, ne veut plus entendre parler de ces hommes qui lui ont rendu la vie dure.

<B>La peur de Chetty</B>

Antoine Chetty a peur pour la sécurité des siens. Par l?entremise d?un de ses deux avocats, Me Rama Valayden, il a envoyé plusieurs lettres au commissaire de police, Ramanooj Golpalsingh, réclamant que sa compagne, Anju Lallah et leur enfant de quatre ans, bénéficient d?une protection policière.

« Despite all my resquests since my meeting with ACP Sooroojbally, it seems that nothing serious has been done. I fear for the lives of these two people, as they are easy targets for the men of the local Mafia », écrit Me Valayden. Il souligne que « any accident might jeopardize the whole inquiry? » C?est-à-dire dire que s?il arrive quoi que ce soit à Anju Lallah et à son enfant, Antoine Chetty pourrait mettre un terme à ses confessions.

<B>Vythilingum avoue</B>

Mario Vythilingum, récemment sorti de prison, s?est constitué prisonnier à la CID de Quatre-Bornes, et a reconnu sa participation dans l?assassinat manqué contre Laldeo Gujadhur. Il a reconnu que c?est sur ordre de Vinay Deelchand et d?Antoine Chetty qu?il a agressé l?habitant de Candos au sabre. Avec Cyril César, ils ont voulu l?éliminer parce qu?il s?élevait contre une vente fictive de terres. Il ne voulait pas accepter la version du notaire à l?effet que son vieux père avait signé un contrat de vente. À ce moment-là, ce dernier était à l?agonie. Il était prévu qu?il participe à une reconstitution des faits qui se sont déroulés le 15 juin 1998 aux abords de l?école primaire Émilienne Rochecouste.

<B>Benaya confirme</B>

Antoine Chetty accuse Vinay Deelchand d?avoir été de mèche avec l?ancien commissaire de police, Raj Dayal, pour piéger Satish Nundlall en 1994. L?homme qui a fait des allégations contre ce dernier, Siven Benaya, est passé aux aveux jeudi. Il confirme avoir agi pour causer du tort à Satish Nundlall. Ce dernier était alors partenaire de Moonsamy Mooraghen dans l?agence Bestland et avait logé une injonction contre lui, lui demandant de lui remettre ses parts s?élevant à Rs 600 000.

« Mo pa ti dakor ek sertin transaksyon, létan monn fer inzonksyon linn donn mwa ene cheque san provisyon, mone fer déposisyon URB et monn fer sézi 4x4 ki line asté duty free letan linn servi nom so papa », confie Satish Nundlall qui a été appelé à consigner une déposition cette semaine. Il explique qu?il a fait l?objet de plusieurs perquisitions qui n?ont rien donné, jusqu?à ce que Benaya soit arrêté après un coup de fil anonyme. Trouvé avec de la drogue, il a alors donné le nom de Nundall. « Ena ene avoka dan case-la. Avant Benaya vine stasyon, line fini sonné li dire li pé reypreysante li. Bizin conner ki so rol. Avec létan, mone koné kifer Dayal pas ti pé rode zoine mwa sa lepok la », commente l?homme d?affaires.

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