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Ralf et Williams en boulets de canon
La FIA pensait avoir trouvé la parade pour lutter efficacement contre la recrudescence d?ennui lors des Grands Prix de Formule 1 en créant la qualification en solo sur un tour. Finalement, elle n?aura rien solutionné du tout si ce n?est la lisibilité des essais. Car, en vieux briscards de la lassitude orchestrée, les patrons d?écurie sont, eux aussi parvenus à réagir. Depuis le GP de Monaco, la F1 n?est intéressante que le samedi. Point. Vous prenez le classement de la séance d?essais qualificative, vous cochez deux ou trois abandons, un petit tête-à-queue pour la forme, une hésitation dans les stands, et vous obtenez à peu de chose près? le même classement ! Dimanche, le GP de France n?a pas dérogé à la nouvelle règle qui se trouve être l?ancienne : on s?ennuie et on attend.
Un changement toutefois, et de taille : le patron n?est plus le même. En signant sa deuxième victoire consécutive, ?Monsieur Frère? semble avoir passé un cap et s?est installé dans la peau d?un leader.
Quelque chose cloche chez Ferrari Parti de la pole position, Ralf a maîtrisé la course de bout en bout, creusant l?écart dans la première partie de course, gérant magnifiquement ses trois arrêts ravitaillement et faisant comprendre en fin de parcours à son coéquipier Juan Pablo Montoya qu?il ne servait à rien de tenter quoi que ce soit. Avec ces dix nouveaux points, le cadet de la famille reste à la troisième position du Championnat du monde, à onze points du frangin et à trois de Raïkkönen. Ce nouveau doublé Williams semble ouvrir une nouvelle dynastie, celle alliant le surpuissant moteur BMW et les impeccables pneus Michelin, véritable arme anti-Ferrari.
Du côté des constructeurs, Williams (100 points) revient à trois minuscules longueurs des Rouges (103), à la peine actuellement. Car, même s?il s?est classé troisième, Schumi n?affiche plus la même maestria que par le passé. Ces six points, il les doit plus à la maladresse des McLaren dans les stands qu?à une quelconque belle perf de sa part. Bien au contraire. S?élançant de la deuxième ligne (troisième sur la partie propre de la piste), le quintuple champion du monde connut un début hésitant et se retrouvait cinquième. Sans coup d?éclat, il attendit patiemment son heure mais finit à des années-lumière des Williams. Plus les courses passent, plus on a l?impression diffuse que quelque chose cloche chez les Rouges. Ça sent l?explication entre hommes au sein de la Scuderia. Barrichello termine, miraculeusement, septième.
Du côté des Bleus, Renault connut une mésaventure bien malvenue : un double abandon, le premier de la saison pour le Grand Prix national de la firme française. Plus inquiétant encore : une même cause, une casse moteur a frappé Trulli et Alonso à deux petits tours d?écart.
Olivier Panis récolte, lui, le point de la huitième place, son deuxième cette année. Jolie réussite chez Jaguar qui place Mark Webber à la sixième place. McLaren laisse passer sa chance mais place tout de même Raïkkönen à la quatrième place et Coulthard à la cinquième.
A noter quatre abandons seulement, ce qui prouve que les voitures marchent fort bien et sont quasiment toutes très fiables et ronronnent. Le spectateur, lui, roupille...
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