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Rajendranath Thupsy, un fidèle de la zone franche

14 septembre 2004, 20:00

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Rajendranath Thupsy, contremaître, a un pied aussi bien dans la teinturerie de laine chez Dyers and Finishers Co. Ltd que dans le tissu à la Consolidated Dyeing Ltd. Il fait partie de ces hommes qui savent rire d’eux-mêmes. Mais au-delà de l’humour, cet homme rebaptisé “Yul” par ses collègues est un bourreau de travail, ne connaissant pas la signification du mot “absence”.

Cela fait 25 ans qu’il s’est fait engager dans les filiales de CIEL Textile après avoir roulé sa bosse dans “moulin dite ek moulin kann”. “25 banane monn rant la, 25 banane mo ti ena. Be sa fer 50 banane non?” dit-il en précisant que “badine sa mem ki fer mo travay”.

La journée de cet habitant de 16e mile débute à 7 heures. Il effectue une inspection générale des réservoirs d’eau et des pompes hydrauliques pour voir lesquels fonctionnent, lesquels sont prêts à être activés avant d’en faire de même avec les chaudières.

Il a une équipe de six personnes travaillant sous lui et est comptable au responsable de l’entretien. “Oua dir mo okip disan dan lavenn. Bisin dilo ek vaper pou dye house roule.” Il est le seul à s’occuper de cette tâche et s’assure du bon fonctionnement de la teinturerie.

Sachant à quel point il a un rôle de pivot, Rajendranath ne s’absente quasiment jamais. Il avoue ne pas connaître ce que veut dire le mot absentéisme. Même s’il lui arrive de prendre des vacances, il se fait un devoir d’être sur son lieu de travail au moins deux à trois heures. Si personne ne l’oblige à travailler ainsi, il reconnaît qu’il s’agit d’une décision personnelle.

S’il n’a jamais envisagé de changer d’emploi, raconte-t-il, c’est parce qu’il habite à deux pas de là. D’ailleurs, à l’heure du dé-jeuner, il rentre chez lui pour manger. Ses relations avec ses collègues sont excellentes et il en va de même avec ses supérieurs. “Enn dimoun ki enn rolling stone gathers no moss”, avance-t-il.

Grâce à son emploi et ses rémunérations, poursuit-il, il a fait “plis ki 100 % progre. Pli konpani fer progre, pli mo pou fer progre”. Quand il rejoint la filière en 1979, il avoue ne rien posséder. Après deux ans, il finit par se marier, devient propriétaire d’un lopin de terre et fait construire sa maison.

Bien évidemment, ses trois enfants ne demeurent pas en reste. Il fait tout pour leur donner une éducation adéquate. Son aîné poursuit ses études supérieures à l’université de Maurice alors que la cadette fréquente le couvent de Lorette de Quatre-Bornes.

<B>Sacrifier la vie familiale</B>

Tout en étant un mordu du travail, il est conscient d’avoir, dans une large mesure, sacrifié sa vie familiale. Si un jour ses enfants lui reprochait de ne pas avoir toujours était présent à la maison, son unique réponse serait : “kouma mo ti pou fer pou envoy zot lekol si mo pa ti sakrifie ?”

Son grand regret est que les jeunes recrues ne possèdent pas un sens de responsabilité aussi développé que le sien. Rajendranath ne pense pas que les usines de textile soient vouées à une mort certaine. Et encore moins que l’entreprise qui l’emploie fermera ses portes.

“Mo pa kroir sa pou arive enn zour. Me si sa arive, monn fini prepar moi financiereman ek psykologikman. Moi monn pare pou travay ankor 25 banane, si Dieu oule…”

INDUSTRIES

<B>Deux teintureries se joignent à Ferney Spinning Mills</B> Dyers and Finishers Co. Ltd et Consolidated Dyeing Ltd sont verticalement intégrées à Ferney Spinning Mills. Consolidated Dyeing Ltd emploie 300 personnes et teint annuellement 5279 tonnes de tissus alors que Dyers and Finishers Co. Ltd emploie 175 personnes et teint 1636 tonnes de fils de laine. Les fils sont expédiés à Floréal Knitwear et les tissus à Tropic Knits. Ces deux usines font parties du groupe CIEL Textile. Les deux teintureries sont pourvues d’équipements dernier cri.

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