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Rafiq Peermamode invoque son droit au silence

14 avril 2006, 00:00

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L?affaire de corruption alléguée contre le ministre Asraf Dulull a connu un autre développement hier. L?homme d?affaires Rafiq Peermamode a décidé de faire valoir son droit au silence. Néanmoins, il pourra revoir sa position à la lumière de l?évolution de l?enquête policière.

Ses avocats, Mes Dick Ng Sui Wa et Ashley Hurhangee, ont envoyé hier une lettre à ce sujet au Central Criminal Investigation Department (CCID). Ils en ont adressé une copie au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, et au principal enquêteur sur cette affaire, Heman Jangi.

Le CCID voulait hier que Rafiq Peermamode consigne une nouvelle déposition à la suite de celle d?Anil Nemchand, mercredi. Dans cette déposition ? la troisième depuis une semaine ? le responsable des relations publiques de Bel Air Sugar Estate allègue que la première demande formelle de pot-de-vin aurait été faite le 1er mars. Cette demande concernerait une somme de Rs 35 millions, soit un million d?euros. C?est sur cette allégation du 1er mars que la police avait sollicité Rafiq Peermamode.

Or, ses avocats avancent que la troisième déposition d?Anil Nemchand est ?en contradiction? avec la première. Toutefois, ils ne donnent aucune indication dans leur lettre sur ces éléments contradictoires.

Les avocats de Rafiq Peermamode sont ?irrités? par le traitement accordé à leur client, comparé à celui accordé au ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, et à Anil Nemchand. Pour rappel, dans une première plainte à la police, ce dernier avait allégué que Rafiq Peermamode aurait demandé un pot-de-vin de Rs 50 millions au nom du ministre Dulull. Ce, pour faire avancer le projet hôtelier et d?Integrated Resorts Scheme (IRS) de Bel Air Sugar Estate.

?Nous ne comprenons pas pourquoi il est le seul à être visé et inculpé provisoirement. Nous avons le sentiment qu?il est un bouc émissaire dans cette affaire?, soutient Dick Ng Sui Wa dans sa lettre à la police.

Dans cette même correspondance, les avocats de Rafiq Peermamode déplorent que le CCID n?ait pas encore entendu le ministre Dulull. Interrogé à ce sujet, Raouf Gulbul, l?avocat d?Asraf Dulull, soutient que son client est toujours à la disposition des enquêteurs et qu?il n?a pas encore reçu de convocation de la police.

Présence d?une policière

Les avocats relèvent un autre manquement : ?Mr Nemchand has not been charged of any offence despite the fact that our client has contradicted his verbal allegations with documentary evidence.? (NdlR : Rafiq Peermamode avait déclaré que la somme demandée concernait les projets sociaux que devait réaliser Bel Air Sugar Estate).

Sur ce point, Anil Nemchand soutient : ?Les projets sociaux font partie intégrante du projet global depuis bien longtemps. Et ce n?est pas à la réunion du 23 mars que nous allions discuter de cet aspect de la question. Cela n?a pas de sens.?

Entre-temps, les enquêteurs ont souhaité interroger Nooranee Peermamode, frère de Rafiq Peermamode, sur le dîner qui a eu lieu en sa résidence à Péreybère. Ils l?ont sollicité, hier. Ce dîner s?est tenu en décembre. Il avait réuni plusieurs personnalités politiques, dont Rashid Beebeejaun, vice-Premier ministre, Asraf Dulull et le député Shakeel Mohamed. Mais Nooranee Peermamode, qui a aussi retenu les services de Dick Ng Sui Wa et Ashley Hurhangee, a exercé son droit au silence.

?Nous avons dit à la police de venir nous voir après avoir interrogé les principaux protagonistes dans cette affaire, dont le ministre Dulull. Quand il y aura plus d?équité, nous collaborerons?, dit Ashley Hurhangee.

La déposition d?un autre protagoniste dans cette affaire, Patrick Rountree, directeur de Bel Air Sugar Estate, a été au centre d?une confusion hier.

Alors qu?Anil Nemchand soutenait que la première demande formelle de pot-de-vin aurait été faite par Rafiq Peermamode le 1er mars, Patrick Rountree a parlé de fin janvier ou début février dans sa déposition mercredi.

Approché pour un éclaircissement, le directeur de la compagnie a répondu que sa mémoire a pu lui faire défaut sur cette date. ?Vu mon âge avancé, il se peut que je me sois trompé et qu?il vaille mieux se référer à la date avancée par Nemchand. Toutefois, tous les faits concordent avec les dépositions d?Anil Nemchand?, explique Patrick Rountree à l?express.

D?ailleurs, dans sa troisième déposition, Anil Nemchand a évoqué la présence dans sa voiture d?une policière portant le prénom de Premila, à qui il a donné un lift dans l?après-midi du 1er mars. Cette dernière, qui habite Rose-Hill, a été témoin de la conversation entre lui et Patrick Rountree concernant la prétendue demande de commission d?un million d?euros pour faire avancer le dossier des projets du Domaine de Bel Air (appartenant à Bel Air Sugar Estate). La conversation avait débuté ainsi : ?Eski bizin donn kas pu fer buz les choses ??

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