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Radhakissoon raccroche
Ashok Radhakissoon a-t-il démissionné de son propre chef ou a-t-il été poussé à le faire ? Le communiqué du Conseil des ministres indique qu?il a demandé à être relevé de ses fonctions comme président exécutif de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) et de l?Information & Communications Technologies Authority (Icta). Son entourage tient un tout autre langage.
Ceux qui ont rencontré Ashok Radhakissoon à la fin de la semaine prétendent que cette démission a été provoquée par l?attitude de l?hôtel du gouvernement à son égard. Le fait qu?il n?ait pas adopté le ton du Premier ministre face aux radios privées n?a pas été apprécié.
Le malaise date de février. Paul Bérenger déplore alors les dérapages de certaines radios. Passant outre à l?IBA, il convoque les responsables. À la suite de cette rencontre, un comité ministériel est nommé pour se pencher, entre autres, sur le comportement des radios privées et sur l?éventualité d?apporter des amendements à la loi régissant ce secteur.
Fin septembre, nouvelle dissension. Radio Plus diffuse un micro-trottoir à l?occasion du premier anniversaire de l?installation de Paul Bérenger. Des propos d?auditeurs fâchent le Premier ministre. Sur les ondes de Top FM, c?est une information considérée comme fausse par l?hôtel du gouvernement qui chiffonne.
Certains à l?hôtel du gouvernement préconisent la fermeture, même temporaire, des antennes de Radio Plus. À l?instigation de l?hôtel du gouvernement, le conseil d?administration de l?IBA est convoqué et discute du problème. L?impression de l?IBA est qu?une telle sanction serait disproportionnée par rapport au manquement allégué. Le président soumet donc une plainte au Complaints Committee. Mais l?hôtel du gouvernement n?apprécie pas ce geste, car ce comité ne siège pas depuis des mois et il pense qu?il tente de « gagner du temps ».
Cette tension entre le Premier ministre et le président de l?IBA se double d?une autre : le président de l?Icta est aussi en mauvaise posture. Selon certains, Ashok Radhakissoon aurait eu une position différente de celle du Premier ministre sur plusieurs dossiers délicats, alors que Pradeep Jeeha partageait la position du président. Ils n?ont pas, par exemple, la même vision de l?influence de France Télécom sur la gestion du secteur des TIC et sur la stratégie globale.
On lui reproche aussi d?être trop souvent sur certaines radios alors qu?il « devrait être bien plus un chien de garde », et de trop voyager. D?autres prétendent encore qu?il a récemment recruté un proche d?un dirigeant travailliste pour protéger ses arrières en cas d?alternance ou qu?il aurait fait du lobbying auprès de la présidence de la République pour rester à la direction de l?IBA. « Foutaises ! Qui veut noyer son chien trouve qu?il a la gale », réplique Ashok Radhakissoon.
Ayant eu vent que son remplacement avait été évoqué au Conseil des ministres le 1er octobre, il a présenté sa démission vendredi dernier, le jour de son retour d?une mission au Maroc.
Le Conseil des ministres décide le même jour de le remplacer dans ces deux instances par Me Dev Erriah (voir ci-contre).
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