Publicité
Raddhoa et Mohamed à l?heure du bras de fer
Par
Partager cet article
Raddhoa et Mohamed à l?heure du bras de fer
Prem Raddhoa abuse-t-il de ses prérogatives ou est-il une victime ? Alors qu?un différend l?oppose à l?homme de loi Yousuf Mohamed sur ses «méthodes», deux versions se confrontent. L?un parle de menaces et de tentatives d?intimidation, l?autre de coup monté à cause de la réouverture de certaines enquêtes.
Yousuf Mohamed, avocat proche du Premier ministre, affirme s?être plaint au commissaire de police (CP) mercredi des «méthodes Raddhoa». Méthodes auxquelles un de ses clients aurait été soumis. Le CP lui aurait alors répondu qu?il n?y pouvait rien et lui aurait conseillé d?en parler au Premier ministre (PM). Ce que l?avocat a résolu de faire.
Mais, poursuit Yousuf Mohamed, l?inspecteur Raddhoa, chef de la Major Crime Investigation Team (MCIT), aurait eu vent de cette conversation. Il aurait alors appelé l?homme de loi. Celui-ci affirme : «Il m?a menacé d?ouvrir une enquete sur moi et mon fils concernant un attentat sur la vie du Premier ministre.» L?avocat aurait alors approché une nouvelle fois le CP pour se plaindre des «menaces» qu?il aurait reçues.
Et ce dernier lui aurait réitéré son précédent conseil. «Koz sa avek Navin.»
«La police n?enlève pas les gens»
Yousuf Mohamed affirme alors en avoir parlé au PM. «Le Premier ministre m?a dit qu?il allait look into the matter and take action.» Et l?avocat ne devait pas en rester là. Hier matin, il a fait servir une mise en demeure à l?inspecteur lui réclamant Rs 10 millions de dommages. «Il menace, il intimide et il invente des accusations pour essayer de monter un coup contre moi.»
Mais les versions se suivent et ne se ressemblent pas. C?est, en effet, un tout autre son de cloche qu?on entend du côté de l?inspecteur Raddhoa. Il confirme avoir appelé Yousuf Mohamed «mais ce n?est pas la première fois que je l?appelle. L?appel teléphonique était de routine». Il avait, dit-il, appelé l?homme de loi pour parler de son client.
A la question de savoir s?il avait enlevé le client, il répond: «La police n?enlève pas les gens. Ce sont les vagabonds qui font cela. Nous, nous arrêtons les gens et nous les interrogeons».
Et de nier en bloc les allégations de menaces. Il affirme n?avoir jamais parlé d?attentat à Me Mohamed. Et il l?aurait encore moins menacé. Son explication : «Ils sont en train de monter une cabale contre moi parce que je suis en train de rouvrir des enquêtes.»
Prem Raddhoa nie aussi avoir des problèmes relationnels avec le commissaire de police. «Pa kone dan ki sirkonstans sa koze la inn koze.» Il affirme rencontrer le CP tous les jours. «Je lui donne des informations sur mes enquêtes.»
Et d?ajouter qu?il a un travail à faire. «Et je continuerai à travailler au service de la population.»
Mais Raddhoa est probablement le policier le plus controversé de la force policière. Ce n?est pas la première fois qu?on se plaint de lui. Même du côté de la police. «Raddhoa n?en fait qu?à sa tête.» Toutes ses «victimes» se plaignent de brutalité. Les «méthodes Raddhoa» sont désormais tristement celèbres. Elles ont d?ailleurs été référées à la Commission des droits de l?homme depuis l?affaire Vanessa Lagesse. Quelques affaires ont aussi été référées à la cour.
Ces «méthodes Raddhoa» sont-elles bien réelles ? Ou bien l?inspecteur est-il victime de sa mauvaise réputation ? Le flou ne devrait pas perdurer. Puisque, comme le dit Prem Raddhoa lui-même, il s?agit de la sécurité publique?
Publicité
Publicité
Les plus récents