Publicité
Réalités trompeuses
Il y a tellement de classements et de rapports internationaux publiés ces derniers temps qu?on serait presque tenté de les ignorer. Mais il faut s?intéresser au dernier Trade and Developement Index de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), publié cette semaine. Voici un index intéressant. Il nous fait réaliser à quel point il est absurde de continuer à penser qu?il suffit d?exporter davantage pour que le pays se développe. Cela ne suffit pas.
La Cnuced s?appuie sur une série d?indicateurs : infrastructure publi-que, environnement financier, structure de l?économie, ouverture commerciale, corruption, alphabétisation ou encore la condition de la femme, pour livrer une analyse d?une implacable précision sur 110 pays. Maurice s?y classe en 47e position, deuxième en Afrique derrière l?Afrique du Sud. Comme pour tout rapport, on pourra choisir son camp pour le commenter.
Il y a d?abord la position des nombrilistes, de loin les plus nombreux chez nous. Ceux-là s?extasieront. Ils diront que nous sommes encore une fois les leaders en Afrique. Tout comme ils se sont extasiés récemment quand Maurice s?est classée à la 23e place lors de l?étude Doing Business de l?International Finance Corporation de la Banque mondiale.
Puis il y a ceux qui feront remarquer que Maurice n?est que 47e. Et qui auront noté que la Chine ou même l?Inde, deux des forces commerciales les plus conquérantes au monde, ne sont même pas dans le Top 50. La Chine occupe la 51e position alors que l?Inde squatte les dernières places, classée 90e. On réalise qu?il vaut mieux réfléchir au chemin qu?il nous reste à parcourir plutôt que de s?attarder sur nos forces, toutes relatives, par rapport au Mali ou au Bangladesh.
Il faut chercher et apprendre des indicateurs qui nous sont les plus défavorables. La bureaucratie lourde et la corruption à Maurice sont encore une fois épinglées. Une énième fois. Et cela n?a rien de nouveau, pourrait-on dire. Eh bien justement, cela fait si longtemps que les rapports en parlent qu?on se demande bien pourquoi la situation reste la même.
Occupés à nous féliciter de nos bonnes performances relatives, ces réalités trompeuses, nous en avons oublié les questions urgentes. La réforme de notre fonction publique est annoncée comme l?un des dossiers importants que chaque nouveau gouvernement promet de régler à son arrivée.
Les gouvernements et les projets de réforme passent? la bureaucratie reste. L?Eco et l?Icac passeront et la corruption ne diminuera pas. À moins qu?on passe des « mesures sociales » réconfortantes aux réformes pragmatiques qui bousculeront nos mauvai- ses habitudes?
Publicité
Publicité
Les plus récents