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A quoi servent-ils ?
Petit film deviendra grand? Les courts métrages réalisés par nos cinéastes mauriciens avancent sûrement mais lentement. Il faut avouer que le concours organisé de temps en temps par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) permet à notre septième art de montrer le bout de son nez. D?ailleurs dix participants ont du pain sur la planche en ce moment. Ils ont reçu Rs 925 000, au total pour réaliser, jusqu?au 29 février, des films sur le thème Nu pei nu fierte dans le cadre du 40e anniversaire de l?indépendance de l?île Maurice.
Au fait, à quoi sert réellement ce festival de courts métrages? C?est l?aventure humaine et artistique qui entoure la réalisation des films qui semblent primer avant tout pour les passionnés de cet art. « Le festival est particulier parce qu?il y a la volonté d?aider. C?est comme une plate-forme pour présenter un film et là avec le concours de la MFDC cela permet à dix films de prendre naissance. Sans l?argent du concours, je ne ferais pas de films », explique Wassim Sookia
Le fonds d?aide est certes une manne qui aide à créer. Stéphane Bellerose, cinéaste habitué des festivals de films locaux, avance qu?avec les 100 000 roupies que lui offre la MFDC, il arrive à faire une fiction sans se ruiner. Dans l?absolu, avoue-t-il, cela n?est pas suffisant, car il est évident qu?avec plus de moyens, on peut faire davantage de choses. « N?empêche tous les festivals de films ou de courts métrages auxquels j?ai participé ont été des étapes importantes dans mes créations. Un festival m?a permis d?émerger, un autre m?a aidé à continuer, à progresser. Avec le concours de la MFDC, je propose mon cinquième film. », poursuit Stéphane Bellerose.
Un nouveau défi
Espace de diffusion, les festivals permettent aux passionnés de l?audiovisuel de se faire un nom, certes, mais ils donnent l?occasion à d?autres de se faire plaisir. À l?instar de Thierry François. Ce comédien est un habitué des festivals de films locaux. Cette année, il se lance dans la réalisation. Un nouveau défi pour lui. « J?ai l?habitude d?écrire des scénarios et quand j?ai eu connaissance de ce concours, je me suis dit : ??Pourquoi ne pas participer ??? Et là, surprise, j?ai été sélectionné et c?est une chance. Une chance de réaliser un film, grâce au financement de la MFDC, et de faire passer mes idées », avance Thierry François. Tawheed Ramjaun, professeur en communication au Charles Telfair Institute, retenu dans le concours pour son documentaire, abonde aussi dans le même sens. « Je suis dans l?univers de la communication et pour moi, l?audiovisuel est une autre façon de communiquer. Mais la production audiovisuelle coûte chère et cette initiative de la MFDC est une possibilité pour moi de mettre en images une idée conceptuelle. » Il ajoute que cela lui permet aussi de rencontrer des gens qui évoluent dans le domaine. « C?est un tremplin pour un passionné de documentaires que je suis. »
Hormis les concours, peut-il y avoir des films mauriciens ? « Bien sûr. Par exemple, j?organise le Kino cabaret. Des réalisateurs travaillent ensemble pendant une semaine ou deux pour présenter des films courts. C?est une autre façon de vivre sa passion. De créer. Mais pour un film de qualité, il faut le coup de pouce financier et technique d?institutions comme la MFDC », soutient Krishna Luchoomun, réalisateur à ses temps perdus. David Constantin, président de l?Association Ile Courts regrette que le concours de la MFDC, qui est une bonne initiative, n?arrive pas à dépasser le cadre de Maurice. « La MFDC aurait pu, par exemple, être un lieu où des informations sur d?autres festivals étrangers soient disponibles pour que des films mauriciens puissent y prendre part. L?année dernière le Festival Ile Courts avait pour objectif d?emmener des courts métrages d?ailleurs et d?ici sur une même plate-forme, de relier Maurice et d?autres régions. Mais aussi d?offrir un espace pour projeter des films et permettre des rencontres. »
Selon les réalisateurs, le public accueille bien ces films made in Mauritius. Quoi qu?il en soit, il n?est pas question de faire marche arrière. Pérenniser, voilà le maître mot qui revient. Que ce soient des concours, des festivals ou des initiatives personnelles, ce qui compte, c?est d?assurer la continuité. « Il faut veiller à ce qu?après un festival ou un concours, on ne laisse pas le réalisateur à l?abandon », soutient Krishna Luchoomun. Il y va de l?avenir de notre « industrie » cinématographique. Et on a un retard à rattraper.
LES DIX REALISATEURS SELECTIONNES
Un lieu enchanteur de l?île Maurice. L?histoire d?un père qui confectionne un drapeau pour son film. Deux caractères opposés qui devront mettre leurs différends de côté pour une cause commune. La question de l?unité nationale? Voici, en bref, les dix scripts qui ont été retenus pour le concours de films de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Et le 25 janvier dernier, celle-ci a remis des chèques aux dix participants qui ont été retenus pour le concours. Dans la catégorie fiction, on retrouve Dany Adjodya avec Aurélie Bestel, Stéphane Bellerose avec La ronde du bonheur, Thierry François avec La bourse ou la vie, Lindsay Dhookhit avec Pa less nu pavion tombe, Sachin Jootun avec Desh ki shaan, et Satish Khorugdharry avec Le chant du dodo. Dans la catégorie documentaire, on retrouve Jean-Laval Plaiche avec Rodrigues et l?île Maurice, Tawheed Ramjaun avec Le château du coin du monde, Wassim Sookia avec Rouzblézonnver, et Leslie Athanas avec Le Réduit, une ?uvre immortelle.
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