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Quinze ans au service des handicapés
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Quinze ans au service des handicapés
ALCINE SAKIR est une maman pour les handicapés. A 66 ans, elle se voue encore corps et âme à leur cause.
La sexagénaire s?occupe, avec l?aide de six éducatrices, de 35 enfants et jeunes souffrant d?un handicap mental ou physique. Elle est la directrice de l?Association des Malades et Handicapés de l?Est, qui gère le Centre Joie de Vivre à Poste-de-Flacq.
Alcine Sakir prépare une fête culturelle et une expo vente des travaux d?artisanat pour marquer le quinzième anniversaire de son association le 18 décembre. Des objets en osier, des tapisseries et autres articles réalisés par des élèves du centre seront proposés aux membres du public.
Une maison pour les handicapés
Alcine Sakir est une mère courage. Elle a perdu une de ses dix enfants, Christianne, une handicapée physique qui est morte à l?âge de 28 ans. Une autre de ses enfants, Lisesste, 31 ans, est mentalement inadapté. ?Avoir deux enfants handicapés m?a poussé à faire quelque chose pour ces familles démunies qui se retrouvent dans la même situation que moi?, confie-t-elle.
A l?époque, il n?y avait pas la moindre école pour des enfants handicapés dans la région. ?Il n?était pas facile de mettre sur pied une telle école. J?ai dû frapper à toutes les portes. Finalement mes démarches auprès du conseil de district ont abouti. Le président d?alors a mis à ma disposition le bâtiment actuel, qui servait de résidence au vigile du cimetière. Des jeunes de la région sont aussi venus à mon aide dans un premier temps pour mettre le local d?un club à notre disposition?, explique-t-elle.
La directrice de l?association est reconnaissante envers le groupe Sun et le groupe Rogers qui l?ont toujours soutenue pour des travaux de rénovation comme pour l?achat d?équipements et l?organisation des activités. Son rêve, c?est de construire une maison où les handicapés seront entièrement pris en charge, logés, nourris et formés. ?Le problème, c?est que le terrain et le bâtiment que nous occupons actuellement ne nous appartiennent pas. Je fais un appel au gouvernement pour nous céder ce terrain ou nous l?octroyer à bail. Les sponsors ne peuvent nous aider à construire un bâtiment en béton parce que nous ne sommes pas propriétaires. C?est la raison pour laquelle nous avons construit des salles de classe en tôle et tuyaux galvanisés?, explique-t-elle.
Alcine Sakir est triste de ne pouvoir augmenter le nombre d?admissions à son centre. ?Nous recevons beaucoup de demandes dans la région de Flacq, mais nous devons les refuser. Certaines familles nous demandent même de prendre en charge des enfants handicapés qui sont alités?, dit-elle.
Les élèves du centre évoluent dans une atmosphère de détente et de franche camaraderie. Christine Chanel, l?une des éducatrices, explique qu?en sus d?apprendre à écrire l?anglais et le français, ils participent à des travaux de créativité, dont le dessin, et pratiquent des sports adaptés. Trois d?entre eux ont eu l?occasion de prendre part à la dernière édition des jeux pour handicapés en Namibie.
Jean Benoit, 11 ans, de Bel-Air, se passionne pour le dessin. Au départ, il était à l?école primaire, mais il ne pouvait s?y adapter en raison de son handicap mental.
Thierry, 35 ans, a l?âge mental d?un enfant de 12 ans. Mais il sait fabriquer de magnifiques paniers en osier et cultiver des légumes. Shenaz, du même âge et physiquement handicapé, brode de jolis dessins d?une main. Lisette, la fille de Alcine Sakir, aime bien préparer des mets à base de légumes. Atish, un sourd-muet âgé de 18 ans, a réalisé un tableau avec des coquilles.
Parmi ces handicapés, il y a aussi trois membres de la famille Rosette, Marceline, sa s?ur Mary et son frère Frédéric. Le sort peut des fois être cruel. Mais heureusement que ces enfants ont eu la chance de croiser sur leur route une maman en la personne de Alcine Sakir.
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