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Questions à?Ntlhoi Motsamai
● Maurice est considérée comme l?un des mauvais élèves en matière de respect du quota de 30 % de représentation féminine dans les instances de décisions. Quelles sont vos observations sur la situation actuelle ?
Je suis inquiète à ce sujet. La faible représentation des femmes est frappante. Durant notre séjour ici, depuis le 25 juin, nous avons eu l?occasion de rencontrer divers acteurs sociaux et économiques. C?est flagrant : il n?y avait pas de femmes parmi nos interlocuteurs. C?est d?autant plus surprenant que les femmes constituent 52 % de la population.
Dans les centres de vote que nous avons visités, les femmes étaient nombreuses à travailler. Il est clair qu?elles sont cantonnées au niveau de l?exécution des tâches et non de la décision. Même dans les partis, elles sont utilisées pour mobiliser les électeurs. On ne les considère pas comme des candidates potentielles. C?est le fait de la société patriarcale.
● Y a-t-il des aspects de la campagne électorale qui vous ont frappée ?
Nous avons vu un certain nombre de choses inhabituelles. Dans la plupart des pays de la Southern African Development Community (SADC), on n?attend pas des électeurs qu?ils portent les couleurs du parti le jour du vote. Franchement, quand j?ai vu cela, je pensais que c?était soit des personnes qui avaient déjà voté ou qui n?allaient pas le faire. Il faudrait mettre un terme à cela.
De même, j?ai été très frappée par les véhicules où des partisans brandissent des drapeaux aux couleurs des partis. Dans d?autres pays, cela est interdit, car ce type d?actions peut provoquer des incidents entre activistes de partis adverses.
C?est la première fois que je vois des tables temporaires où les activistes sont équipés de registres électoraux. Cela veut dire que la campagne continue même le jour du scrutin.
Il n?est pas courant de voir le transfert des bulletins de vote des bureaux de vote au centre de dépouillement. Dans la plupart des pays d?Afrique australe, le dépouillement est effectué dans le centre de vote lui-même.
● Parlez-nous de votre parcours. Vous êtes speaker de l?Assemblée nationale du Lesotho?
Effectivement, j?occupe ce poste depuis 1999. Auparavant, j?ai été Deputy Speaker de 1996 à 1999. J?étais à Maurice pour l?assemblée plénière du SADC Parliamentary Forum en 2002. C?est là que j?ai été élue présidente du forum. Je suis revenue à Maurice en novembre 2003, lors de la Commonwealth Speakers conference pour la région africaine. A cette occasion, j?ai été désignée présidente du standing committee of Commonwealth Speakers.
Ce n?est pas une situation aussi rare que vous pourriez le croire. Le poste de Deputy Speaker est occupé par des femmes au Mozambique, au Malawi, au Botswana et en Namibie. Le Zimbabwe et l?Afrique du Sud ont eu des vice-présidentes. Au Mozambique, le Premier ministre est une femme. Dans mon pays, c?est aussi une femme qui a été nommée commissaire de police.
Propos recueillis par Aline GROËME
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