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Questions à?Francesco Frangialli
● Quelles sont les conséquences du terrorisme sur le tourisme ?
Elles sont claires. La répétition des actes terroristes mais aussi l?accumulation des conflits, épidémies et désastres naturels ont fait que les années 2001 à 2003 ont été marquées par une ?croissance zéro? du tourisme international, et donc par une nette rupture par rapport à la tendance croissante antérieure. Mais le tourisme est résistant. Il ne s?est pas effondré, tant est enraciné, dans nos sociétés modernes, le besoin de loisirs et de dépaysement. Et en 2004, dès lors que les séquelles de l?épidémie de SRAS s?estompaient et qu?une éclaircie se dessinait, les voyages internationaux reprenaient pour atteindre le niveau record de 763 millions, une progression spectaculaire de 10,7 % sur l?année antérieure. Ils ont généré quelque 622 milliards de dollars de dépenses.
● Selon vous, les destinations touchées seront-elles durablement affectées ?
Il faut distinguer les attaques contre des grandes villes : Madrid, Casablanca, Londres et celles dans lesquelles les visiteurs ou les installations touristiques sont pris pour cibles.
Dans le premier cas, les effets peuvent être limités. Dans le second, beaucoup dépend de la perception de l?événement, de son traitement par les médias, et de la gestion de la crise par les opérateurs et autorités publiques.
Charm el-Cheikh ne peut que souffrir durement, à court terme, de ce qui vient de se passer. Mais cette station balnéaire ne capte qu?un million de visiteurs sur les huit que reçoit l?Egypte. Si le problème est bien pris en main par les autorités, la saison d?hiver, la plus importante en Egypte, ne sera pas compromise.
● Fort de votre expertise, faut-il longtemps à une destination pour reconquérir sa clientèle ?
Il est manifeste que des phénomènes de ?vases communicants? existent. Cela s?est vérifié dans le bassin méditerranéen à l?occasion des diverses crises qu?ont connues les Balkans, la Turquie, l?Egypte ou la Tunisie. C?est vrai aussi en Asie. Quant à la destination directement touchée par un attentat, l?impression est que la reprise s?opère plus rapidement, parfois même en six mois, car les autorités publiques et les professionnels sont mieux préparés à faire face, mais aussi en raison d?une certaine accoutumance, on s?habitue à l?inacceptable !
● Quelle aide peut apporter l?Organisation mondiale du tourisme (OMT) aux pays touchés ?
Les 147 pays qui composent l?OMT ont pris conscience qu?en situation de crise, ils cessaient d?être concurrents pour devenir partenaires. Un comité de relance, présidé par l?Egypte, a été mis en place après le 11 septembre. Les gouvernements des pays émetteurs aussi bien que récepteurs et les professionnels s?y retrouvent ; ils y échangent informations et assistance réciproque. L?organisation a apporté une aide technique dans la préparation aux crises, dans leur gestion et dans le travail avec les médias.
Dans le cas du tsunami, l?OMT a tenu une session extraordinaire de son conseil exécutif à Phuket, en Thaïlande, et mis en place un plan d?action d?urgence en faveur de plusieurs pays. Nous avons réuni des moyens financiers substantiels, publics et privés, et inscrit notre action dans l?ensemble de l?effort de solidarité de l?Organisation des nations unies, à laquelle appartient l?OMT.
Aujourd?hui, nous sommes en train de mettre au point les modalités de l?aide à apporter à l?Egypte et nous avons proposé notre assistance à la Grande-Bretagne, pays qui vient de décider de rejoindre l?OMT.
François BOSTNAVARON ©Le Monde 2005 Distribué par The New York Times Syndicate
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