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Questions à?Eric Gimbeau
● Avec 20 tickets aux municipales, un nouvel adjoint, élu en tête de liste, le PMSD entame sa reconstruction ?
Tout à fait. Le PMSD veut être une plate-forme pour permettre aux jeunes et à toutes les personnes de bonne volonté de proposer leurs idées. Nous visons les indécis des sondages. Nous envoyons un signal fort en choisissant des candidats tels Stéphane Buckland, Mario Bienvenu, Sandra O?Reilly. Certains auront au parti des responsabilités, qui seront annoncées par le leader. Mais nous nous positionnons, surtout pour les prochaines élections, pour que tous les Joe, les orphelins de Sir Gaëtan ?retourn la kaz mama?. Notre défi est de faire le PMSD redevenir ce qu?il était, en suivant la politique prônée par Sir Gaëtan Duval.
● L?électorat du PMSD reste-t-il donc ce groupe dont on vous dit le porte-parole ?
Le PMSD a toujours été très proche du secteur privé, plus particulièrement du secteur privé ?traditionnel?. Il est impératif qu?il y ait une ligne de communication permanente entre le secteur privé et le gouvernement. Le plus grand défi du gouvernement est de créer l?emploi et, pour y arriver, il faut créer de la richesse. Nous sommes dans le siècle de la libre entreprise et l?entrepreneur, petit ou grand, est le moteur de la croissance. Le PMSD veut que Maurice soit une nation d?entrepreneurs. Nous sommes les porte-parole de ces entrepreneurs.
● Le PMSD que vous êtes ne tient pas le même langage que le MMM que vous étiez. Avez-vous opéré un changement idéologique ?
Non. Je me bats toujours pour les tidimoun. Mais je suis réaliste. C?est le secteur privé qui va créer la richesse. En retour, il lui faudra aider les plus démunis.
● Nourrissez-vous de la ranc?ur envers le parti que vous avez quitté ?
Je n?en veux à personne. J?ai pris ma décision et je l?assume. J?ai choisi de me retirer parce que je n?aime pas la polémique. J?ai mûrement réfléchi. J?étais mal à l?aise avec ce qui s?était passé. Je n?ai pas pu m?expliquer et il aurait fallu que je puisse le faire. Mais ça n?a pas été le cas. La page est tournée et il faut regarder l?avenir.
● Vous n?en vouliez pas à votre ancien leader pour la décision prise en décembre ?
En tant que président de la SADC, Paul Bérenger voulait augmenter la responsabilité des femmes présentes à l?Assemblée. J?ai donc choisi de faire de la place et trois femmes ont été promues. J?ai agi en militant, qui doit être prêt à faire des sacrifices et je n?en ressens aucune amertume.
J?ai apprécié les structures du MMM. Chaque militant a son style. Pour moi, il s?agit avant tout d?aider, de servir. Jamais je n?ai dit du mal de qui que ce soit. En tant que PPS, j?ai réalisé beaucoup de projets et je suis parti la tête haute avec le sentiment du devoir accompli. Mais la politique est ainsi faite et il y a des choix à faire.
● Pourquoi être resté jusqu?aux élections ?
À deux semaines des élections, j?avais une responsabilité envers mon électorat et mon parti. Il y avait une compétition malsaine alors que nous étions supposés travailler comme une famille. On a voulu mettre des taches communales sur moi. Seki kone, kone? Cela dit, malgré la frustration, le mood était correct pendant la campagne? Les militants s?attendaient à deux tickets. Ceux du PMSD en voulaient un. Il y avait des mécontents. Mais nous avons fait ce qu?il fallait. On a gagné 3-0. Donc, on ne porte pas la responsabilité de la défaite de l?alliance MSM-MMM PMSD.
● Si vous êtes mal à l?aise avec le MMM pourquoi ne pas avoir rejoint l?adversaire ?
Je ne voulais pas être un transfuge. L?électorat PMSD a approché Maurice Allet en lui disant : ?Pa laisse Eric ale, ris li ar nu.?
Propos recueillis par Thierry CHATEAU
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