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Questions à?Dev Bikoo

15 janvier 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● La FIU démarre prochainement une enquête nationale sur le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. Quel en est le but ?

Il est temps de faire un constat de la situation. Au cours des quatre dernières années, nous avons eu plusieurs lois qui sont venues encadrer le combat contre les crimes financiers, dont le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. Il y a eu d?abord l?Economic Crime and Anti-Money Laundering Act et ensuite le Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, le Prevention of Terrorism Act et le Prevention of Corruption Act.

Nous voulons voir dans quelle mesure les lois ont été efficaces pour combattre les délits qu?elles sont censées prévenir. L?enquête mettra également en exergue les lacunes qu?il faudra combler à l?avenir.

Les reporting institutions comme les banques, les organisations financières non bancaires, les sociétés de management offshore ainsi que les comptables et les notaires, entre autres, sont, selon la loi, tenus de rapporter les transactions suspectes à la FIU. L?enquête nous donnera un aperçu du niveau de blanchiment dans le système financier. Nous voulons savoir si les entreprises concernées apprécient convenablement les risques et les enjeux du blanchiment et du financement du terrorisme. Nous saurons si elles se sont donné les moyens pour bien lutter contre ces délits financiers.

● Il existe plusieurs types d?activités qui servent de conduit pour blanchir des capitaux mais qui ne sont pas couverts par le cadre légal?

Nous en sommes pleinement conscients. C?est pour cela que notre enquête touche également les non-reporting institutions. Les criminels, de plus en plus rusés, exploitent au maximum les moindres failles des lois. Ils se tournent davantage vers des secteurs qui ne sont pas couverts par les obligations légales de dénonciations et ils investissent dans l?immobilier et le foncier. Selon les recommandations de la Financial Action Task Force, il faut exercer une plus grande vigilance sur les activités de l?immobilier et du foncier et sur celles des pierres précieuses, notamment.

Les criminels sont aussi plus sophistiqués. De notre côté, nous devons être sur nos gardes et améliorer nos capacités de détection et de prévention des crimes.

● Il y a quelque temps, la FIU se disait inquiète de la baisse des cas suspects qui lui étaient rapportés. Avez-vous constaté un changement depuis ?

C?est une des raisons pour laquelle nous avons décidé de réaliser cette enquête à l?échelle nationale. Nous allons interviewer entre 4 000 et 5 000 entreprises et particuliers. Nous voulons aussi savoir si la population en général comprend l?importance de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

L?enquête, qui démarre la semaine prochaine, se poursuivra jusqu?à fin février. Nous espérons pouvoir publier le rapport vers la fin de mars. Je tiens à réitérer nos engagements pour préserver la confidentialité des renseignements et autres données récoltés. Le rapport ne citera aucun nom de personne ou d?entreprise.

Nous avons recruté des volontaires pour des enquêtes sur le terrain. Ils seront soumis à une formation sur les techniques d?investigation à partir d?aujourd?hui. Ils sont aussi tenus à respecter la confidentialité du contenu de leurs interviews en toute circonstance.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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