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QUESTIONS À
<B>> On a l?impression que la fonction publique est mal aimée et les fonctionnaires avec ?</B>
Je n?irai pas jusqu'à dire que les fonctionnaires sont mal aimés. Je crois que ce n?est là qu?une perception qu?on nourrit depuis des années, mais les critiques ne concernent que quelques personnes, les brebis galeuses. Par ailleurs si l?on analyse les choses, on constate que tout ce qui est gratuit, surtout s?il s?agit d?un service offert par l?état, est critiqué avec virulence. On attend toujours plus et plus vite du secteur public, mais dans le privé, on est plus disposé à faire la queue, même si elle est longue. Je trouve ça malheureux et le fonctionnaire ne peut pas se défendre parce qu?il n'a pas le droit de s?exprimer.
<B>> Pourquoi les fonctionnaires ont-ils si peur de parler et sont souvent si avares d?informations ? </B>
Ce n?est pas de leur faute, ils sont prisonniers de l?Official Secret Act. Parfois à la radio, on est témoin de fonctionnaires qui n?arrivent pas à donner des informations basiques. Pour divulguer une information d?ordre général, faire une déclaration publique, il doit avoir la permission de ses supérieurs. On a demandé d?amender cette loi pour permettre plus d?initiatives aux fonctionnaires. Mais en attendant, ils doivent être sur leurs gardes. Cela s?applique même après la retraite.
<B>> Il y a beaucoup de lacunes dans le secteur public, beaucoup d?inefficacité?</B>
Certes, il y a encore beaucoup à faire. Je fais partie du Mauritius Quality Institute (MQI) et suis donc en faveur pour qu?on développe la culture de qualité dans le travail. Il y a des secteurs qui sont très prometteurs et offrent déjà de bons services. À titre d?exemple, la police de Curepipe et la Company Division ont récemment reçu des Quality Awards pour leur Customer Care Service. Dans les autres cas, je suis plus pour le recyclage. Avant d?en arriver là, il faut d?abord prendre le taureau par les cornes, faire une évaluation et mettre le doigt là où il y a des problèmes. On peut faire de la formation, réorienter le personnel incompétent, mais parallèlement il faut aussi encourager et récompenser ceux qui sont à la hauteur.
<B>> Les salaires se sont améliorés depuis le dernier rapport PRB. N?est-ce pas déjà une forme de motivation ? </B>
La hausse des salaires est relative. Si vous prenez un technicien dans le public et un autre dans le privé avec les mêmes qualifications, celui du privé est nettement mieux payé. La motivation doit en fait venir d?autres choses aussi. Prenons le cas de l?environnement du travail. En 2004, il existe encore des bureaux mal équipés, où les dossiers sont posés sur le sol. Je suis sûr que si on changeait le cadre de travail, les employés produiraient plus de résultats. D?ailleurs, le secteur public est devenu une pépinière sollicitée par le privé. Nous sommes partants pour les réformes. Il faut trouver des moyens pour faire aimer le travail et le valoriser.
<B>> Concrètement, quelles sont les solutions que vous proposez ? </B>
Il faut mieux encadrer les employés. Je ne parle pas de séminaires, d?ateliers qui se font de manière désorganisée. Il faut une formation continue et approfondie. Un Attendant ne doit pas savoir faire seulement le thé mais aussi recevoir les gens. La formation ne doit pas se concentrer que dans le domaine fonctionnel, la relation humaine a aussi son rôle à jouer. Il faut amener les gens à comprendre qu?ils font partie d?une chaîne, les sensibiliser sur leur utilité pour créer une synergie et améliorer le service public.
<B>> Ce serait quoi le fonctionnaire parfait pour vous ? </B>
Un adepte du travail bien fait, qui se sente à l?aise dans son domaine et qui travaille avec son équipe.
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