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Questions au Dr Mario Ng Kuet Leong
● Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à revenir au pays alors que vous étiez établi en Allemagne ?
J?habitais Kassel, en Allemagne, et je travaillais dans la clinique de mes beaux-parents, mais j?ai décidé de revenir pour plusieurs raisons. Il y a eu des incidents xénophobes envers des Vietnamiens après la chute du Mur de Berlin. Et puis, ma femme Brigitte, également gynécologue, et moi, avons senti ici un besoin pour la médecine de pointe. Nos enfants perdaient tout de la culture chinoise. La relation privilégiée médecin-patient n?existait presque plus.
● Des regrets après dix ans ?
Je suis un optimiste de nature et j?assume. Nous sommes fiers d?avoir ouvert la clinique du St.-Esprit en 1996 et d?avoir pu, grâce à notre partenariat avec le Centre de fécondation in-vitro du Port, à la Réunion et du Dr Verrougstraete, faire naître les premiers bébés éprouvettes 100 % Mauriciens en 1998. Tout cela avec un investissement privé de près de Rs 10 millions.
● Un sondage de Sofres commandé par «Business Magazine» fait état de 42 % des Mauriciens qui souhaiteraient émigrer. Votre commentaire?
Chaque personne a son histoire. D?ici peu, ces mêmes immigrants peuvent vouloir rentrer? Après avoir travaillé dans plusieurs pays étrangers, je peux dire qu?il y a un critère plus important que l?argent que l?on gagne : c?est la qualité de vie. Il faut faire des sacrifices à court terme pour que Maurice entre dans la cour des grands.
La situation économique est telle que le gouvernement est acculé. Si nous réussissons la transformation économique et la modernisation du pays, nos enfants auront de meilleures opportunités. Le désir d?émigrer sera moindre.
J?ai foi dans les nouvelles lois, dont le Business Facilitation Act. Nous voulons relancer le projet d?élargir nos activités pour toucher la région. Les gens ont trop tendance à juger une mesure face à sa conséquence sur leur vie sur le court terme. Il faut entrevoir les réformes sur le long terme et s?appliquer à les faire marcher. Il faut aussi des mesures d?accompagnement aux plus pauvres.
● Vous présidez Hua Lien depuis mars. Comment définiriez-vous cette association ?
Hua Lien, qui regroupe plus de 1000 familles, existe depuis 1976 pour promouvoir la culture chinoise, l?aide à ceux dans le besoin et l?organisation d?activités pour le bien-être des immigrants chinois et de leurs descendants. C?est aussi un projet de société. Hua Lien a, depuis août, son centre social à Trianon. Là, Hua Lien donnera priorité à la famille et aux jeunes qui ont tendance à perdre leurs valeurs profondes. Une erreur que beaucoup de familles ont faite dans le passé, c?est de rejeter les enfants ayant fait des mariages mixtes. Il faut les encourager à s?intégrer à la culture chinoise.
Cette année, nous serons à nouveau présents à la stèle des Immigrants chinois lors de la célébration de l?arrivée des travailleurs engagés, le 2 novembre. Notre moto : l?unité dans la souffrance. Hua Lien favorisera ainsi des échanges avec d?autres cultures. Nous nous devons de développer une appartenance mauricienne, tout en conservant nos richesses culturelles.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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