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Questions à?Kishore Pertab
● Quelle est votre opinion sur le différend qui oppose le Premier ministre au président ?
Il n?y a fondamentalement pas de différend. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est animé par un sentiment de vengeance. Il emploie des représailles comme le Parti travailliste (PTr) a l?habitude de faire. Il a donc mis ses copains un peu partout. C?est tout simplement un problème de personnalité. Il est clair que Sir Anerood Jugnauth (SAJ) et Ramgoolam ne seront jamais les meilleurs amis du monde. Mais les institutions doivent primer.
● Beaucoup parlent de la légitimité qu?a Navin Ramgoolam, mais que SAJ n?aurait pas. La question de légitimité se pose-t-elle quand il s?agit du président ?
En 1991, Maurice a opté pour une présidence à l?indienne, basée sur le système westministérien. Si nous changeons la Constitution pour accommoder le caractère revanchard de Navin Ramgoolam, nous devenons une République bananière. Il est très important de faire la différence entre une présidence à l?américaine ou à la française et la nôtre. Cette question de légitimité est un faux débat, un subterfuge.
● Quel est le véritable fond du problème ?
Tout simplement un problème de vengeance. Les travaillistes évoquent la question de confiance, mais ils ne peuvent pas présumer des actions de SAJ. Il faut aussi leur rappeler que c?est le président avec l?Assemblée nationale qui composent le Parlement. Et peut-être que c?est une bonne chose d?avoir un président d?un bord politique différent, pour qu?il agisse comme chien de garde. Cette situation risque de se répéter en 2010, quand nous reviendrons au pouvoir. SAJ partira en 2008 et le gouvernement nommera un des siens à la présidence. Il y aura un chevauchement et c?est une bonne chose. En 1983, SSR était gouverneur général et SAJ Premier ministre. Il n?y avait pas tous ces problèmes parce que SAJ fonctionne différemment de Navin Ramgoolam.
● Quel rôle joue Paul Bérenger dans tout cela ?
En tant que leader de l?opposition, Paul Bérenger joue son rôle. Il veille à ce que les institutions marchent. Il joue aussi franc jeu ! D?autant plus que Navin Ramgoolam a l?air d?oublier qu?il existe des méthodes civilisées pour régler les conflits.
● Cela remet-il en cause la façon dont on nomme un président à Maurice ?
Aucunement. Il n?y a pas de crise institutionnelle. C?est un faux débat. Mais cela dit, on peut toujours débattre. Si le Premier ministre veut changer les choses, qu?il présente un Livre blanc et qu?on en discute. Doit-on élire le président au suffrage universel ? Doit-on revoir notre Constitution et avoir une deuxième République ? Ce sont des débats politiques extrêmement intéressants. Mais qu?on ne remette pas tout en question parce qu?il faut faire le jeu de Ramgoolam. Jusqu?à preuve du contraire, notre République a très bien fonctionné.
Propos recueillis par Deepa BHOOKHUN
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