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Questions à Vijay Makhan
● Le MMM réunit son premier bureau politique pour 2007 aujourd?hui. Cette instance étudiera votre intégration au comité central. Quelle sera votre contribution au MMM, que vous avez intégré en novembre ?
Compte tenu de la carrière que j?ai eue, j?ai eu l?occasion d?avoir une vaste expérience dans plusieurs domaines. L?économie, la politique internationale, la politique du développement seront bien évidemment mes sujets de prédilection. Sur ces questions, je peux apporter une contribution utile.
De plus, ayant été pendant des années un ?policy maker? pour l?Afrique, je pourrais utiliser mon réseau de contacts pour mes nouvelles responsabilités.
● Les hausses de prix sont d?actualité. Les attribueriez-vous uniquement au gouvernement, comme le font certains démagogues ?
C?est l?Alliance sociale qui a fait de la démagogie en faisant croire à la population que les prix n?augmenteraient pas sous son gouvernement. Nous sommes pour dire la vérité à la population : la situation est difficile et il faut le dire.
Cependant, il ne faut pas tout mettre sur le compte de la conjoncture internationale. Le fait que le gouvernement adopte une politique de dépréciation de la roupie ne peut que contribuer à la hausse des prix. La plupart de nos produits sont importés. L?impact sur les prix, avec notre roupie dépréciée, est conséquent.
● En tant qu?ancien diplomate, quel regard portez-vous sur la diplomatie économique du gouvernement ?
La diplomatie économique n?est pas l?affaire de ce gouvernement. Elle a toujours existé. Seulement ce concept a récemment pris du galon et est devenu un slogan politique.
Le gouvernement doit faire bien attention sur certains dossiers. A titre d?exemple, la question d?Aid for Trade ne doit pas être l?apanage de quelques pays africains et de l?Union européenne. Cette question a-t-elle été abordée au sein des instances de l?Union africaine ?
Maurice ne pourra survivre en étant isolé. Il y a des intérêts nationaux certes, mais il ne faut pas non plus que l?intérêt régional ne prime pas. Sur certains dossiers, dont le sucre, je peux comprendre que Maurice fasse primer ses intérêts nationaux.
De plus, nous avons constaté l?échec de la politique du gouvernement sur la dérogation à l?Africa Growth & Opportunity Act (Agoa). L?Agoa ce n?est pas seulement le textile mais c?est 7 000 produits que nous pouvons exporter sous ce régime vers les Etats-Unis. Nous perdons énormément.
● Quelques projets de loi importants seront discutés au rappel du Parlement. L?un porte sur le salaire minimal. Votre avis sur la question ?
C?est une question très importante. Il nous faut bien voir les modalités avant de prendre position. C?est un concept qui existe dans d?autres pays. Nous devons quand même nous assurer que Maurice reste compétitif. Il ne faut pas non plus causer des frustrations. Le diplômé qui rentre les poches remplies de diplômes va aspirer à plus. Et il sera très démotivé si certains veulent lui imposer un salaire minimal.
Propos recueillis par Jane L.O?NEILL
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