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Questions à Azad Rojah

10 août 2006, 00:00

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● Quel est votre rôle à Bois-Chéri ?

Je suis chargé de la conservation du musée. Il renferme toute l?histoire de la culture du thé à Maurice et de la plantation Bois-Chéri depuis sa création, en 1892, en passant par son rachat par la famille Guimbeau en 1958, jusqu?à nos jours. Je m?occupe également, avec d?autres employés, de l?accueil des visiteurs. Ils sont en moyenne 100 à 150 par jour à venir découvrir les secrets de cette plante, de la cueillette à la dégustation. Ainsi nous leur faisons visiter l?usine et le musée puis nous les invitons à se rendre au chalet où ils peuvent déguster les différentes saveurs de thé. Il existe aussi un parcours, La route du thé, qui comprend la visite de la plantation, le restaurant Le Saint-Aubin et la maison des Aubineaux à Curepipe.

Accueillir les touristes à la plantation est une activité dans laquelle je me sens bien car, en trente ans, j?ai appris à la connaître comme ma poche.

● Parlez-nous de votre parcours?

Je suis entré à l?âge de 14 ans au sein de la plantation. Notre famille n?avait pas beaucoup d?argent, alors mon frère Reshad et moi avons commencé à travailler. J?ai débuté en remplissant les paquets de thé à la main puis peu à peu j?ai gravi les échelons. J?y ai occupé différentes fonctions. J?ai même été cueilleur lorsqu?il fallait donner un coup de main.

● En 30 ans, vous avez été témoin des différentes étapes de la production ?

Un exemple. Pour fabriquer un paquet de thé, 10 personnes étaient nécessaires auparavant : une pour ouvrir le paquet, une pour le remplir de thé, une pour peser la quantité incorporée?A présent c?est une machine qui s?occupe de toutes ces opérations. Elle peut produire jusqu?à 30 paquets par minute. Et une seule employée est présente pour s?assurer du bon fonctionnement de la man?uvre et pour ranger les paquets, déjà prêts, dans des cartons.

Mais pour la fabrication du thé, la recette n?a pas changé. Nous avons simplement élaboré de nouvelles saveurs.

● Quelles sont-elles ?

La réelle nouveauté concerne les tisanes. Désormais, nous proposons de la citronnelle séchée et broyée en sachet. C?est très pratique et ça soulage différents maux comme les problèmes de digestion, de gorge ou de ventre. On a exposé ces produits lors de la foire de Pailles et on a eu pas mal de succès.

Concernant le thé, nous proposons de nouveaux emballages spécifiques au marché local. Car il faut savoir que 75% du thé que nous produisons est vendu à Maurice. Les 25% restants sont exportés à l?étranger.

Mais si l?emballage change, les saveurs restent à peu près les mêmes entre le local et l?international. Nous proposons, depuis plusieurs années déjà, différents parfums comme fruits exotiques, coco-vanille, noix de coco, bergamote?On produit également du thé à la menthe mais seulement pour l?international. A Maurice, c?est le thé à la vanille qui a beaucoup de succès. Les gens en raffolent.

Propos recueillis par Pauline RENAUD

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