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Question au Dr Ameenah Sorefan, vice-présidente de l?Association Alzheimer

20 septembre 2006, 00:00

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● Qu?est-ce que l?Association Alzheimer ?

L?Association Alzheimer, qui existe de façon informelle depuis huit ans, collabore avec les ministères de la Sécurité sociale et de la Santé. Elle s?est structurée depuis un an. Notre objectif est de conscientiser les Mauriciens, le personnel soignant et celui des maisons de retraite à cette maladie méconnue que nous risquons de voir plus souvent à Maurice car notre population vieillit.

● Qu?est-ce au juste la maladie de l?Alzheimer ?

Cette maladie a été décrite pour la première fois le 4 novembre 1906 par le Dr Alois Alzheimer. C?est une forme de démence sénile. S?aggravant de façon lente et progressive, elle détruit les neurones du cerveau et perturbe la neurotransmission, en diminuant notamment le niveau de acétyl-choline qui est un neurotransmetteur. Les premières zones du cerveau touchées sont la mémoire, le langage, le comportement, le jugement et le système moteur. Puisqu?elle est évolutive, les symptômes s?aggravent et le malade ne peut plus raisonner, juger, calculer. Il ne reconnaît plus son entourage, il est agité, déprimé. A terme, cette maladie se traduit par l?alitement, la malnutrition et diverses infections. Le malade ne meurt pas de l?Alzheimer mais de ses complications.

● Quels sont ses facteurs de risque ?

Cette maladie affecte davantage les femmes (70 % des malades) car elles vivent plus longtemps. Les autres facteurs de risque sont une dépression antérieure, l?alcoolisme, un manque d?aluminium et une perte d?estrogène. Elle n?est pas héréditaire mais familiale dans 1 % des cas et il n?y a pas de guérison possible. Même si un vaccin est en cours d?essai aux Etats-Unis, les médicaments, de Rs 3 000 à Rs 4 000 par mois, qui compensent la diminution de l?acétyl-choline ne font que retarder l?avancée de la dégénérescence des neurones et améliorent la qualité de vie. Le plus terrible avec l?Alzheimer, c?est qu?elle est diagnostiquée lorsqu?elle a déjà atteint un stade avancé. D?où le thème de la Journée internationale cette année qui est No Time To Lose.

● Qu?est-ce qui est prévu pour cette journée mondiale jeudi ?

Jeudi à 16 heures, à la mairie de Quatre-Bornes, nous lançons notre plan d?action qui comprend plusieurs axes dont la sensibilisation par des causeries publiques et la médiatisation, la compilation d?un registre des malades de l?Alzheimer, la formation des parents, du personnel soignant et celui employé dans les maisons de retraite. Cette formation sera assurée par le neurologue Dominique Lam, le neurochirurgien Ramesh Modun, la gériatre Pascale Dinan, et moi en tant que psychiatre. Nous aurons aussi une hotline et, plus tard, un centre de jour.

● Est-ce possible de diagnostiquer précocement cette maladie ?

Une perte de la mémoire récente chez une personne âgée est un premier signe car le vieillissement physiologique ne comprend pas ce symptôme. Des tests neuropsychologiques, des bilans pour éliminer d?autres causes possibles et l?Imagerie par résonance magnétique confirmeront ou infirmeront ce diagnostic.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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