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Querelle d?église entre l?Espagne et le Vatican
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Querelle d?église entre l?Espagne et le Vatican
Depuis des mois, on répète au Vatican que l?Espagne est devenue le maillon le plus faible d?un catholicisme européen affaibli par le « laïcisme ». Depuis un an, la hiérarchie espagnole et le Vatican se mobilisent contre les réformes du gouvernement socialiste, visant à autoriser le mariage homosexuel, à faciliterle divorce, à limiter l?enseignement religieux à l?école. Recevant, lundi 24 à Rome, une quarantaine d?évê-ques de ce pays, le pape a donné une leçon au gouvernement espagnol qui a fait sursauter toute la classe politique. Il a dénoncé le climat de « permissivité morale » qui nuirait à « l?empreinte de la foi catholique dans la culture espagnole ». Il s?est alarmé de l?avenir des « nouvelles générations influencées par l?indifférence religieuse et l?ignorance du riche patrimoine chrétien ». Et il a martelé : « La jeunesse a le droit d?être éduquée dans la foi. Son éducation ne peut se passer de l?enseignement religieux à l?école. »
Le ministre de la Justice, Juan Fernando Lopez Aguilar, a aussitôt répliqué que le gouvernement n?avait pas de leçons à recevoir du Vatican. Les réformes figuraient au programme du gouvernement socialiste et bénéficient du soutien d?une majorité d?Espagnols. Son collègue de la Défense, José Bono, catholique déclaré, a rendu hommage à « l?autorité morale » du pape, mais a estimé que sa critique était « une exagération et une faute ». Il s?est demandé pourquoi l?Église était « obnubilée par le sexe », alors que « le Christ serait aujourd?hui plus préoccupé par ces 25 000 enfants qui meurent chaque jour de faim dans le monde ». Le quotidien El Mundo a contesté le « trop sévère diagnostic » venu de Rome, alors qu?El Pais a dénoncé des interventions qui risquent de « raviver les tensions entre l?Église et l?État, au moment où tous deux semblaient vouloir les calmer ».
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