Publicité
Quelle aberration !
Assise devant mon téléviseur, lundi soir, j?attendais avec impatience, comme des centaines de milliers de Mauriciens d?ailleurs, la retransmission en direct par la télévision nationale, la sortie du ?Mauritian Magician?, Bruno Julie, de l?aérogare Sir Seewoosagur Ramgoolam. Un événement de taille, que je ne voulais rater en aucun cas, car Julie revenait de Pékin avec la première médaille olympique mauricienne au cou. Un exploit qui restera à jamais gravé dans l?histoire.
Il était presque 21h15, quand la MBC diffusa les premières images du « Creole Crusher ».
Il était accueilli par sa famille dans le VIP lounge. Ce en présence du Premier ministre par intérim, le vice-Premier ministre, le Dr Rachid Beebeejaun, qui avait animé une conférence de presse à l?arrivée de notre héros national, et du ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang. On remarqua également la présence du ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowreesoo et celui des Terres et du Logement, Asraf Dulull.
La présence du Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, et de certains ministres de son gouvernement faisait montre de la reconnaissance de l?Etat envers ce fils du sol qui, le temps de 8 minutes, a fait tomber toutes les barrières communales. Chacun d?entre nous s?est senti fier d?être Mauricien. Une démarche louable de nos politiciens, qui aurait certainement été appréciée à sa juste valeur, si elle n?avait pas basculé dans l?exagération.
Malheureusement, comme pour ne pas changer, ils ont sauté sur l?occasion pour faire de cette célébration de l?effort humain couronné par le succès dans un événement planétaire ? ces instants de bonheur devaient légitiment appartenir à Bruno Julie à la famille de la boxe mauricienne ? une récupération politique.
A la sortie du médaillé de bronze olympique de l?aérogare, je pouvais à peine le discerner sur mon petit écran. Non pas parce que les images n?étaient pas de bonne qualité, mais parce qu?il était tout simplement éclipsé par un Mahen Gowreesoo, qui avec son air effaré, s?était placé en avant-plan. On aurait cru que c?était lui le héros de la soirée !
La scène a duré plusieurs minutes avant que le ministre des Sports, Sylvio Tang, ne l?écarte du passage du boxeur. Les politiciens l?ont suivi sur l?estrade érigé sur le parking de l?aéroport où étaient massés des milliers de Mauriciens, venus saluer le héros national. L?excitation était alors à son apogée. A tel point que nos politiciens ont même oublié le respect que l?on doit à l?hymne national. En effet, alors que retentissait le Motherland, nos ministres conversaient sans gêne avec l?animateur de la soirée. Toute la scène était diffusée en direct par la MBC télé. Quel bel exemple de patriotisme de la part des ministres de ce pays, avouerez-vous !
En fin de compte, c?était plutôt le show de nos politiciens que celui du premier médaillé olympique de la nation mauricienne. Quelle aberration !
Je peux comprendre, finalement, pourquoi notre spécialiste du demi-tour de piste, Stéphan Buckland avait refusé toute manifestation qu?envisageaient les autorités pour marquer son retour au pays après sa place de finaliste aux Jeux Olympiques de 2004 à Athènes.
Publicité
Publicité
Les plus récents