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Quatre rescapés de l?«Ouma» retrouvent leurs familles

10 février 2008, 20:00

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«Noun pran enn deziem nesans», lâche Jean-Alain Flore dans un soupir de soulagement. Ce rescapé, qui habite Grand-Baie, est un des six pêcheurs qui étaient partis le 16 janvier dernier pour une campagne de pêche à bord du bateau Ouma. Il a regagné Maurice en compagnie de trois autres pêcheurs samedi.

Leur bateau a dérivé au large de St-Brandon durant le passage du cyclone Gula. Mardi le 29 janvier, un signal de détresse est capté. C?est un cargo norvégien, le Morning Rose, qui faisait route vers Singapour qui les a repérés. Des six marins, quatre sont montés à bord du navire tandis que les deux autres, Preetamsingh Unnuth et Antoine Capiron, ont choisi de man?uvrer l?Ouma et d?y rester avant de retrouver la terre ferme le 3 février.

Entre vie et mort

Les quatre autres ont passé neuf jours en mer pour rallier Singapour où ils sont restés un jour avant de prendre l?avion pour rentrer à Maurice samedi. Les familles Gullemin et Mariot étaient tellement heureuses de retrouver les deux rescapés qu?ils en ont profité pour se rassembler au grand complet afin de fêter à nouveau le? nouvel an.

«Quand le bateau a dérivé, j?ai cru que je n?allais jamais revoir ma famille, confie Klen Gullemin, la quarantaine. Le 5 février, alors que je luttais entre la vie et la mort dans une mer démontée, j?ai pensé à ma fille dont c?était l?anniversaire. Mo ti krwar ki mo tifi ti pou perdi mwa zour so laniverser 15 zan.» Michèle Gullemin n?en finit pas de remercier «Dieu qui a exaucé mes prières».

Le voisin des Gullemin, Ivan Mariot, 24 ans, déclare à tout bout de champ qu?il ne retournera plus sur les bancs pour pêcher. C?était sa première sortie en mer. «Premie dernie fwa mo ale parski bizin dir monn sap dan la mor !»

Repas cru

Le bateau est tombé en panne à proximité du banc de Nazareth dans les parages de St-Brandon, raconte Jean-Alain Flore. Ne pouvant cuire des repas du fait que la bonbonne à gaz était vide, ils ont dû consommer des nouilles crues. «Mon mari a beaucoup maigri, confie l?épouse de Jean-Alain, et il est encore traumatisé par cette dérive.» Le couple a deux enfants âgés de huit et six ans.

Les rescapés comptent contacter le gouvernement pour obtenir une allocation car ils n?ont pu travailler durant ce malheureux séjour en mer. Ils sont pères de famille et la pêche est leur seule source de revenus. Outre cette allocation du gouvernement, ces pêcheurs réclament aussi une somme d?argent au propriétaire du bateau du fait qu?ils n?ont pu vendre les poissons qu?ils avaient pêchés.

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