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Quatre-Bornes : le conseiller Pursun arrêté

27 octobre 2007, 00:00

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Le rôle du conseiller municipal Chetanand Pursun, arrêté hier dans l?affaire de l?octroi des étals à Quatre-Bornes, est majeur. Les premières indications le donnent comme l?ultime bénéficiaire des paiements exigés des marchands. Jusqu?à fort tard, hier soir, les interrogatoires d?une dizaine de personnes se poursuivaient.

Vu l?indisponibilité de son homme de loi, Me Siddartha Hawol-dar hier, Chetanand Pursun n?a pas encore consigné de déposition. Mais ce conseiller est soupçonné de corruption (bribery).

Comme son collègue Bimla Ramloll, il passe le week-end en cellule policière. Il en est de même pour Viraj Poorun, un des intermédiaires, et pour un agent immobilier, Mohamed Domah. Les enquêteurs ont objecté à leur remise en liberté en raison des risques d?interférence avec d?autres témoins de l?affaire.

Chetanand Pursun est le président du Public Health Committee (PHC), instance qui accorde les permis aux marchands pour l?utilisation d?un étal au marché de Quatre-Bornes les jours de foire.

Mais comme il s?agit d?un dossier épineux, un sous-comité composé de cinq conseillers municipaux épluche, avec l?administration, les requêtes. Une fois cet exercice finalisé, il appartient au PHC de donner le feu vert.

Bimla Ramloll n?en était pas membre. En revanche, Chetanand Pursun y siège avec Kishore Chady, Guru Gungabissoon, Siven Moo-thoosamy, et Dev Badree, tous conseillers municipaux de la ville.

Un des membres de ce comité soutient : «On ignorait que d?autres magouillaient car à notre niveau, nous avons été rigoureux et transparents.» Jusqu?ici, des quelque 547 étals prévus, environ 200 ont été alloués.

Il semblerait que c?est Chetanand Pursun, qui est au c?ur des décisions pour l?allocation des étals, que la conseillère Bimla Ramloll et Viraj Poorun attendaient mercredi soir, quand la police les a arrêtés.

Ils détenaient environ Rs 259 500 qui proviendraient des paiements qu?auraient effectués les éventuels bénéficiaires d?étals. Cette somme était composée de la dernière tranche de Rs 20 000 pour 12 marchands et Rs 19 500 pour trois autres qui avaient déjà payé Rs 16 500. L?Independent Commission against Corruption (Icac) se dit d?avis que les paiements pour les pots-de-vins s?élèvent à Rs 350 000 jusqu?ici.

D?autant que la conseillère aurait dit qu?elle avait la charge de trouver 15 marchands. Ces derniers ne sont pas encore considérés suspects. Ils ont affirmé aux enquêteurs que ceux qui ont sollicité de l?argent leur ont fait comprendre que cela faisait partie des frais à encourir pour l?obtention de ces étals.

Bimla Ramloll aurait dit, pour sa défense, qu?elle était uniquement un «intermédiaire» entre Viraj Poorun, l?agent immobilier Mohamed Domah et Chetanand Pursun. Elle a été interrogée jeudi, de 20 heures à 2 heures du matin, soit pendant plus de six heures.

Dans sa déposition, elle a impliqué le conseiller travailliste Pursun de même que Mohamed Domah. Ce dernier aurait également aidé Viraj Poorun à trouver des marchands. Il était aussi un des éventuels bénéficiaires des étals alors que Viraj Poorun a, lui, obtenu trois étals pour sa famille. Mohamed Domah a été aussi arrêté hier et sera accusé de trafic d?influence.

Une autre affaire pourrait être mise au jour avec la déposition de Bimla Ramloll. Elle a raconté les circonstances dans lesquelles un autre conseiller aurait demandé de l?argent pour l?allocation des étals.

<B>Eclairage</B>

L?article 4 du «Prevention of Corruption Act» (Poca) qui traite de «bribery by public official» stipule que tout officier de la fonction publique qui accepte ou réclame, pour lui ou pour une tierce personne, une récompense dans le but d?entreprendre ou pas une action dans l?exercice de ses fonctions, commettra un délit passible d?une peine d?emprisonnement maximale de dix ans. Le délit de trafic d?influence est lui géré par l?article 10 du Poca, qui stipule que toute personne qui accorde une faveur ou une récompense à une autre personne, ou encore amène un officier de la fonction publique à faire usage de son influence, même si celle-ci est fictive, dans le but d?obtenir un emploi, un contrat ou d?autres avantages d?un corps, commettra un délit passible d?une peine de prison n?excédant pas dix ans.

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