Publicité
?Quasi-unanimité pour revoir les pouvoirs du DPP?
Par
Partager cet article
?Quasi-unanimité pour revoir les pouvoirs du DPP?
Ministre de l?Agriculture, ministre des Finances et Premier ministre par intérim pendant la semaine écoulée. Ces responsabilités paraissent bien lourdes alors que vous n?avez pas une longue expérience en politique?
Ceux qui me connaissent savent que je suis un homme qui aime les défis. Assumer pleinement mes responsabilités est pour moi un devoir sacré. Depuis que je suis entré en politique, j?ai toujours été animé par la volonté de servir le pays dignement à n?importe quelle position. C?est fort de cette détermination que j?assume toutes les responsabilités qui m?ont été confiées.
Vous êtes aussi le meneur de l?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM) sur le terrain à Piton-Rivière du Rempart. Les résultats de cette partielle affecteront-ils le reste du mandat de l?alliance MSM-MMM ?
Je le redis : quoi qu?il arrive, l?alliance MSM-MMM ira jusqu?au bout de son mandat. Les prochaines élections générales auront lieu en 2005.
Quels sont, selon vous, les thèmes qui ont dominé jusqu?ici les discours, dans chaque camp, lors de la campagne au n° 7 ?
Du côté de l?alliance MSM-MMM, nos arguments reposent sur quatre grands axes. Le développement socio-économique, les moyens déployés pour préparer le pays à relever les défis de la globalisation, les actions concrètes envers les économiquement faibles et l?unité de notre peuple. Quant au Parti travailliste (PTr) et ses alliés, ils jouent dangereusement la carte communale, pratiquent une démagogie éhontée et tentent d?éveiller des antagonismes ancrés dans notre histoire en ciblant le gros capital. Cette stratégie est rejetée par le candidat du PTr lui-même. C?est dire à quel point des méthodes rétrogrades et viles sont utilisées pour essayer d?induire l?électorat en erreur.
Ce candidat vient d?une famille Independent Forward Block (IFB) et la caution accordée par son père, Ramnath Jeetah, au PTr joue contre vous.
Il y a beaucoup d?autres qui ne pensent pas comme lui. Demandez à Gangaram, une figure respectée à l?IFB, ce qu?il pense de Jeetah. Le chemin de l?IFB n?a jamais croisé celui du PTr. Ceux qui ont appartenu au noyau dur de l?IFB sont naturellement contre le PTr. Ils sont choqués de voir Ramnath Jeetah faire les éloges de Navin Ramgoolam.
Il peut arriver qu?avec le jeu des alliances, vous fassiez également les éloges de Navin Ramgoolam un jour.
Je serai catégorique. Un tel cas de figure est totalement à écarter. Le PTr a une philosophie de jouisseurs, de macarena party, d?amuseurs. A mes yeux ils représentent tout ce qui est ?despicable?. Il n?y a rien de commun entre nous. Le MSM est un parti de bâtisseurs.
Les deux partis ont pourtant un ancrage électoral similaire.
Ça, c?est une autre affaire. Le MSM veut occuper une place sur l?échiquier politique en tant que parti national. Je ne connais pas la position du PTr, mais en ce qui me concerne, je souhaite représenter toutes les composantes de la population, l?ensemble de la nation.
Revenons à la partielle. Peut-on dire que l?affaire Cehl Meeah est un revers pour l?alliance MSM-MMM ?
Je ne nierai pas le fait que la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP) de rayer toutes les charges contre Cehl Meeah, et les événements subséquents ont créé une certaine confusion tant au sein de l?électorat de Piton-Rivière-du-Rempart qu?au niveau de la population en général. Il n?y a cependant pas eu de ?revers? dans la mesure où les malentendus et les perceptions ont été vite dissipés.
On vous accuse d?avoir blanchi Cehl Meeah sur une plateforme publique en 1996. Etait-ce par opportunisme ?
La plateforme dont vous parlez était, en fait, une plateforme commune de l?opposition. Le 10 novembre 1996, l?opposition réunie avait tenu un meeting pour dénoncer la manière de faire du gouvernement d?alors, y compris la décision de renvoyer les élections municipales dans le Ward IV à Port-Louis. C?était une initiative de Yousuf Mohamed dont le fils, Shakeel Mohamed, candidat du MSM à ces élections, avait fait l?objet de certaines attaques. J?étais sur cette plateforme en tant que représentant du MSM. Rama Valayden et Madun Dulloo, les alliés actuels de Navin Ramgoolam, étaient aussi présents. Ce n?était pas une plateforme du Hizbullah et il n?y avait pas lieu de blanchir Cehl Meeah dans la mesure où des allégations formelles à son encontre, concernant le triple meurtre de la rue Gorah-Isaac, n?ont été faites par Khadafi Oozeer qu?après l?arrestation de ce dernier le 22 novembre 2000. Soit quatre ans après la tenue du meeting auquel vous faites allusion. En revanche, il faut mettre en relief un événement plus récent. Aux municipales de 2001, le PTr a conclu une alliance sociale avec le Hizbullah, qui a permis l?élection de Cehl Meeah au Ward IV. C?est irréfutable.
La rencontre entre Paul Bérenger et Cehl Meeah a tout de même jeté la consternation parmi votre électorat ?
Je ne le crois pas. Le Premier ministre est responsable des prisons et il a accepté d?écouter Cehl Meeah sur la situation à la prison. Sur le plan politique, il n?y a aucune divergence entre nous sur la question. Mo understanding avec Paul Bérenger c?est ki na pénan place pou sa kalité dimoune dans l?alliance. Je ne suis pas d?accord que cette rencontre a eu une incidence négative sur notre campagne. Au contraire, elle nous a donné l?occasion de dénoncer l?association du PTr avec le Hizbullah.
L?échéance de 2005 est déjà dans tous les esprits. Pensez-vous que nous irons vers les prochaines législatives avec la même configuration politique que celle qui existe actuellement ?
Au sein de l?alliance MSM-MMM, il y a une réelle volonté d?aller ensemble aux prochaines élections générales et de réclamer un deuxième mandat à la population. Nous y travaillons déjà. Cela dit, je crois que le PTr est condamné à aller seul à ces élections ou à briguer les suffrages par le biais de la baraque de l?alliance sociale.
Réclamerez-vous un partage à l?israélienne en 2005 ?
Quand le moment viendra de discuter des modalités de l?alliance, nous dirons de quelle manière nous souhaitons conclure un accord avec notre partenaire.
Vous n?éliminez pas la possibilité qu?un partage à l?israélienne soit à l?ordre du jour ?
Ecoutez, à ce stade nous n?éliminons aucune possibilité, quelle qu?elle soit.
Quelle est votre position sur la question de révision des pouvoirs du DPP ?
Il faut se rendre à l?évidence. La décision du DPP de rayer toutes les charges contre Cehl Meeah a choqué la population. Cet état de choc est attribuable au fait que le magistrat, qui avait été chargé de cette affaire, avait établi qu?il y avait un prima facie case et que l?accusé devrait être déféré aux assises. La surprise ayant été de taille, à tort ou à raison, il y a une quasi-unanimité dans le pays pour revoir les dispositions constitutionnelles relatives aux pouvoirs du DPP. Je souscris entièrement à cette démarche tout en réaffirmant ma confiance dans notre système de justice. Le gouvernement va s?inspirer des modèles indien, canadien et australien avant de décider sur les amendements constitutionnels souhaités.
Quel est le calendrier des réformes qui seront appliquées avant la fin de cette présente législature ?
La plupart des grandes réformes ont déjà été enclenchées, notamment dans les secteurs sucrier et éducatif. La réforme de notre système de pensions reste à l?agenda, de même qu?un plan d?action dans le secteur de la santé publique.
La démocratisation de l?économie est un sujet sur lequel tous, gouvernants et opposants, semblent avoir des vues convergentes. Comment faut-il procéder dans la pratique ?
La démocratisation doit être une succession d?étapes et non une doctrine imposée dans le cadre d?une revanche quelconque. A Maurice, le processus de démocratisation de l?économie a été amorcé depuis plusieurs années déjà. La mise sur pied d?une Bourse des valeurs a favorisé une démocratisation de l?actionnariat dans le pays. La création du Sugar Investment Trust a également beaucoup contribué dans cette direction. Aujourd?hui, les planteurs et les travailleurs de l?industrie sucrière sont actionnaires des compagnies sucrières et des entités corporatives produisant de l?électricité à partir de la bagasse. Leurs représentants siègent au sein des conseils d?administration de ces compagnies. Avec l?Illovo Deal, ce processus de démocratisation a touché la propriété des meilleures terres du pays. 7 000 arpents de terres, qui ont toujours appartenu aux établissements sucriers, sont maintenant la propriété des planteurs-travailleurs qui sont les actionnaires de SIT Land Holdings Ltd. Ces actionnaires ont eu la possibilité d?acquérir, pour leur propre compte à des prix inimaginables, quelque 1 682 arpents des 7 000 arpents mentionnés, dans deux morcellements agricoles. Ils ont maintenant l?opportunité d?acquérir 151 arpents additionnels à des prix raisonnables, répartis dans deux morcellements résidentiels, à Curepipe et à Union-Vale. Aussi, avec la globalisation et l?urgence de gagner la bataille de la compétitivité, nos entreprises sont appelées à s?ouvrir davantage à des partenariats locaux, régionaux et internationaux. L?ouverture est désormais synonyme de succès durable. Ceux qui ne veulent pas comprendre sont condamnés à disparaître.
Quelles sont les entraves, selon vous, à un flux plus important de FDI (investissement direct extérieur) ? Peut-on parler d?échec du BOI ?
Durant les quatre années et demi de très mauvaise gestion de notre économie sous le règne du gouvernement travailliste, le moral et la confiance ont pris un sale coup. Il fallait rassurer et réunir les conditions pour rétablir la confiance. Cela a pris son temps et aujourd?hui, le ?feel good factor? est revenu. Comme amplement démontré par la courbe ascendante des trois indices boursiers depuis le début de l?année. De plus, il fallait créer des opportunités de nouveaux investissements. Le développement du secteur de l?ICT a apporté la bouffée d?oxygène nécessaire. Les investissements étrangers dans ce secteur arrivent progressivement. La mise sur pied de filatures est un autre créneau qui attire des investissements étrangers, sans oublier le secteur des services en général. Le BOI a fait son boulot et dispose actuellement de suffisamment d?arguments convaincants pour vendre l?île Maurice comme une destination où existent d?intéressantes possibilités d?investissements..
Quelles solutions préconisez-vous pour résorber le chômage ?
Il n?y a pas de recette miraculeuse. Ceux qui affirment le contraire bluffent et seront noyés dans les eaux troubles de leur démagogie. La création d?emplois viendra des investissements et d?un développement planifié et durable. Nous avions résolu le problème du chômage dans les années 80 grâce à un développement socio-économique et une création de richesses nationales sans précédent. En décembre 1995, il y avait à peine quelques milliers de chômeurs. On parlait alors de chômage frictionnel. Que s?est-il passé par la suite ? L?aventure tentée par les Mauriciens avec Navin Ramgoolam s?est révélée cauchemardesque. Le monstre du chômage a relevé la tête et en septembre 2000, on a hérité de
45 000 chômeurs et d?une situation économique où la confiance était totalement ébranlée. Comme je l?ai dit plus haut, il a fallu reconstruire et redresser la situation tout en préparant l?avenir. Mais en dépit des contraintes et des difficultés sectorielles, les statistiques officielles démontrent que pas moins de 32 000 emplois ont été créés dans le pays durant les trois dernières années financières. C?est dire que nous n?avons pas chômé en termes de création d?emplois durant ces trois ans, surtout quand l?on sait que chaque année, quelque 10 000 jeunes arrivent sur le marché du travail. Avec les investissements massifs et supérieurs à Rs 10 milliards, qui sont effectués dans le secteur de l?hôtellerie, de l?ICT et du textile, des milliers d?emplois productifs seront créés dans les mois et les années à venir. Il ne faut pas oublier, non plus, qu?un travail formidable est abattu pour encourager la création et le développement de petites et moyennes entreprises. Le secteur informel ne cesse de prendre de l?ampleur.
Si je vous demande de dire en une phrase à quoi se résument vos aspirations en tant que politicien ?
Mon souhait est de voir Maurice devenir un exemple de développement économique et un modèle de cohabitation pacifique pour le monde.
?Il faut se rendre à l?évidence. La décision du DPP de rayer toutes les charges contre Cehl Meeah a choqué la population.?
Publicité
Publicité
Les plus récents