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Quartier-Français veut produire de l’éthanol

21 septembre 2006, 00:00

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Acteur majeur de la filière sucrière, l’entreprise familiale souhaite transformer la mélasse en biocarburant. Des discussions sont menées actuellement avec les pétroliers.

Le dossier est loin d’être bouclé mais la volonté est clairement affichée : en 2008 au plus tard, Quartier- Français espère produire de l’éthanol à la Réunion, entre 40 000 et 50 000 hectolitres, et incorporer ces volumes à hauteur de 2% dans les carburants – essentiellement le super sans plomb – commercialisés localement par les pétroliers. Fabriquer de l’éthanol à partir de la mélasse est relativement simple. Aujourd’hui Quartier-Français transforme déjà cette mélasse en flegme, un alcool agricole raffiné ensuite en métropole et qui sert de base aux spiritueux et à l’industrie pharmaceutique.

Trois millions d’euros d’investissement</B>

La technique de distillation utilisée sera quasiment identique, à cette différence près que le produit obtenu n’aura pas une vocation agroalimentaire mais industrielle. Xavier Thiéblin, le Pdg du groupe familial, s’est néanmoins montré prudent hier : seule la part des sous-produits non utilisés actuellement par les éleveurs et les producteurs de rhum serviront à alimenter la future usine. Celle-ci devrait nécessiter un investissement relativement modeste – environ 3 millions d’euros – et sera adossée à l’une des distilleries que possède Quartier-Français à Savannah ou à la rivière du Mât.

Pour mener à terme son projet, Xavier Thiéblin multiplie depuis plusieurs mois les négociations avec les pétroliers. Des discussions sont également menées avec la Région afin que la part d’éthanol mélangée à l’essence soit exonérée de la taxe sur le carburant. Ni les pétroliers, ni la collectivité n’ont manifesté pour l’instant d’hostilité. Vis-à-vis des producteurs de cannes, Quartier- Français a aussi pris ses précautions : conformément à la convention signée en début d’année, les planteurs bénéficieront d’une quote-part des recettes générées par cette nouvelle activité. Sur le marché des biocarburants, la Réunion est aujourd’hui encore très en retard par rapport à ses voisins. Maurice s’intéresse à cette diversification depuis plusieurs années déjà et Madagascar devrait abriter sur son territoire trois unités de production dès 2007. à l’échelle mondiale, le biocarburant est une réalité économique. Au Brésil, sept voitures sur dix roulent déjà à l’éthanol.

<B>Dératiser à tout prix</B>

L’arrêté préfectoral du 4 août 2006 affirmait la reprise de la lutte contre la prolifération de la leptospirose à la Réunion. C’est aux communes qu’incombe l’obligation sanitaire de salubrité et de lutte contre les rats. Dans ce but, la mairie du Tampon organise une campagne de dératisation et de prévention dans ses écarts. Les Tamponnais sont invités à venir chercher un kit gratuit de dératisation jusqu’au 23 septembre dans plusieurs quartiers de la commune.

Ce kit comprend 15 doses d’appât pour éviter la prolifération des rats sur 1 500 m2 de terrain.

Près de 200 Tamponnais ont repondu à l’appel communal et sont venus retirer les produits. L’un d’eux affirme : “Il vaut mieux prévenir que guérir.” Une expression si souvent utilisée qui trouve pourtant une valeur de vérité sur l’Ile. “C’est une bonne initiative pour lutter contre les rats, toute la Réunion doit s’y mettre, assure-t-il. Il faut mettre le paquet, tous ensemble.” Les habitants affluent devant le stand tenu par des employés de la mairie du Tampon, dont M. Renneville, bien placé pour cette opération de prévention. Il a lui même été victime de la leptospirose, la maladie qui attaque les reins et le foie. “Il suffit d’un jouet oublié dehors. Celui-ci peut être infecté par l’urine des rats. C’est tellement facile d’attraper cette maladie, soupire-t-il. Il faut lutter contre eux. J’ai été en arrêt de travail trois mois et j’ai fait huit jours de coma après avoir contracté la leptospirose.”

La Réunion a d’ailleurs connu une hausse du nombre de cas de leptospirose depuis le début de l’année : 43 infections dont 7 décès. Avec une population de quatre millions de rats, l’île est un département à risque. Des règles d’hygiène élémentaires pourraient pourtant permettre de stopper l’épidémie, comme la dératisation régulière et le nettoyage des dépôts d’ordures. Des informations que tente de faire passer Jonzo John Redly, agent de développement à la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles. Il était présent lors de la distribution pour expliquer aux riverains comment et pourquoi utiliser les kits. Certaines personnes n’avaient toutefois aucun besoin d’être prévenu sur les dangers de cette maladie, à l’image de René-Claude Lauret, éleveur de coqs de combat : “je suis d’autant plus pour la prévention, que j’ai des amis qui sont morts de la leptospirose. Je suis conscient de la nécessité de traiter et de nettoyer les cours.”

<B>Une lutte collective</B>

Le nettoyage est depuis un certain temps au centre des préoccupations. On le sait, les déchets attirent autant les moustiques que les rats, et donc les maladies qui vont avec. Entre le chikungunya et la leptospirose, les Réunionnais ont pris conscience que la lutte concerne tout le monde et doit donc être collective. Deux Tamponnaises venues chercher leur kit pour dératiser leur domicile, expriment ainsi leur inquiétude : “Nous avons des rats sur notre propriété, on a beau mettre des produits, ça ne dépend pas que de nous si les voisins ne font rien, ils reviendront toujours. La leptospirose nous fait vraiment peur, on protège nos maisons en dératisant régulièrement, en enlevant les déchets. Tout le monde doit s’y mettre pour que ce soit efficace.” Madame Lauret regrette également la négligence des gens. “Si les Réunionnais étaient un peu plus propres, on n’en serait pas là. Il faut que les mentalités changent surtout. Avec tous les moyens dont nous disposons, il n’y a plus d’excuse. Ceux qui ne font rien sont coupables de négligence. Moi je dératise mais si mon voisin ne le fait pas, ça n’aura servi à rien. C’est une lutte qui nous concerne tous.” L’initiative de la commune est dans l’ensemble bien accueillie. Certains commentent : “la commune offre le produit, autant en profiter.” D’autres par contre, comme M. Parmentier, pensent que cette prévention n’est pas suffisante : “Avant la Drass désinfectait les ravines, les cases, mais depuis 20 ans ça a changé, elle ne le fait plus. Ces kits sont bien pour la prévention mais il faudrait une plus grande entreprise pour lutter efficacement.”

<I>(extraits : clicanoo.com)</I>

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