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Quand les électeurs s?éveilleront?
Pedro, aussi connu sous le nom de Guy Naynapen, figure très connue de Curepipe, a été en première ligne de toutes les joutes électorales depuis une trentaine d?années. Il a conservé son penchant pour tout ce qui touche au social. C?est l?une des raisons pour lesquelles il s?est retrouvé vendredi après-midi, vers 17 h 30, à la cure de la paroisse de Ste-Thérèse à Curepipe.
Mais aussi étrange que cela puisse paraître, il ne s?attarde pas dans les environs. Il enfourche sa bicyclette et repart vaquer à ses occupations. Il sait pourtant qu?un collectif de paroissiens tient une demi-heure plus tard, en ces mêmes lieux, une réunion à caractère politique.
Les Forces citoyennes de Curepipe ont, en effet, invité les candidats pour qu?ils s?engagent publiquement sur la façon dont ils comptent aborder les nombreux problèmes qui se posent dans la Ville lumière : pauvreté, chômage, dégradation de l?environnement.
Mais notre homme, tout engagé qu?il a pu être, éprouve ces jours-ci une forte répulsion envers la classe politique toutes tendances confondues. « J?ai participé à plusieurs campagnes, d?abord comme militant du MMM, puis du MSM, mais je n?ai plus le même engouement. » Ses amis le décrivent actuellement comme quelqu?un qui s?est quelque peu rapproché de l?Alliance sociale, mais lui, avoue avoir simplement de la sympathie pour quelques personnes qui font campagne pour la majorité gouvernementale. Sans plus.
Le cas de Guy Naynapen n?est pas isolé. Sinon, comment expliquer cette apathie générale qui perdure par rapport à la campagne municipale. Il suffit de parcourir les villes pour se rendre compte que la mayonnaise tarde toujours à monter. On est pourtant à huit jours du scrutin.
« Ce n?est pas la grande excitation »
Le comportement des candidats de l?Alliance sociale dans la Ville lumière en dit d?ailleurs long. Tous invités à la rencontre de vendredi, seuls ceux qui se présentent au Ward III ont daigné honorer l?invitation. Clency Lajoie a expliqué que ces candidats avaient « d?autres choses plus importantes à faire ailleurs et que la plupart faisaient du porte-à-porte ».
Paul Bérenger, leader de l?alliance MMM-MSM-PMSD, ne s?en émeut pas outre mesure. « Ce n?est pas la grande excitation. Cela n?a rien de nouveau quand on sait que l?on vient de sortir d?une élection générale. Traditionnellement, on atteint rarement le taux de 40 % pour une élection municipale. »
En effet, la seule fois où l?on avait dépassé la barre des 40 % sur les cinq dernières consultations municipales, ce fut en décembre 1985. À cette occasion, 69,1 % des électeurs avaient voté. Le taux le plus bas fut enregistré en 1991, avec une participation de 22,8 %. Aux deux élections suivantes, on avait à peine dépassé 39 %.
Il convient aussi de noter que, sans doute pour des problèmes de trésorerie après une élection générale, les deux principaux blocs ont peu investi dans l?attirail folklorique qui caractérise une campagne.
Les deux principales équipes misent néanmoins sur les contacts personnels et la distribution de journaux de campagne. L?Alliance sociale a fait sortir un numéro spécial de Key News couvrant les cinq villes, alors que l?opposition a fait imprimer un journal axé sur chacune des villes. Les deux publications donnent un aperçu de leurs programmes respectifs, agrémentés de photos des candidats de chaque arrondissement.
Quoi qu?il en soit, ceux qui s?activent à réveiller les électeurs en vue du vote de dimanche prochain concèdent que l?abstention s?annonce inquiétante. C?est du moins l?avis de Gérard Paya, candidat de l?Alliance sociale à Curepipe, rejoint par Veda Baloomoody et Ajay Guness, qui soutiennent les candidats MSM-MMM-PMSD dans cette même ville.
Ce n?est sans doute pas sans raison que les candidats des deux blocs arpentent chaque coin des villes. Souvent accompagnés de leurs principaux dirigeants.
Dans cette ultime tentative de réveiller les tièdes, les leaders de l?opposition arpenteront ce matin les ruelles de la cité Mangalkhan, à Curepipe, en compagnie des candidats de cet arrondissement. Paul Bérenger a d?ailleurs confié hier, qu?il anime en moyenne trois réunions par soirée. À l?Alliance sociale, le bataillon est mené par Rashid Beebeejaun, Dharam Gokhool, Abu Kasenally, James Burty David et Rama Valayden. Les ténors, y compris Navin Ramgoolam, seront ce matin à La Louise, Quatre-Bornes, pour leur unique meeting de la campagne.
Il ne leur reste plus qu?une semaine pour convaincre les électeurs de la nécessité de voter, dimanche prochain. Reste à savoir si les citadins feront passer leur devoir avant le plaisir d?une journée à la mer.
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