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Quand les foires tournent au ralenti?
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Quand les foires tournent au ralenti?
Engagés sur le ?pont? de jours fériés, Divali et fêtes de fin d?année, les foires et autres salons se veulent encore un passage obligé, une rencontre privilégiée entre commerçants et grand public. Avant novembre où, depuis l?édit des autorités en ce sens, les stands cèdent la place aux magasins à leur corps défendant? aux marchands ambulants. Si la formule a encore des adeptes, l?esprit s?essouffle. Du moins, c?est l?avis général.
Visite à l?Indian Trade Fair de Mer-Rouge, ouvert jusqu?à dimanche. En ce lundi, aux alentours de midi, le public est assez nombreux et l?ambiance est bonne. Il s?arrête volontiers à chaque échoppe, compare les prix et achète? parfois. Telle cette dame qui craque pour une théière en verre qui, assure la vendeuse dans un sourire, peut être posée directement sur la plaque à gaz. Tout heureuse de son achat, elle explique avoir tenu à venir de Rose-Hill pour ce déplacement en famille.
Ces clients de quelques jours viennent de partout. Comme Sam et Mala Vithylingum, de Pailles, qui pratiquent le shopping saisonnier depuis des années. Sam nous montre ses emplettes : ?Des DVD pour mes enfants et cet ustensile de cuisine pour écraser les tomates?. Mala confie sans détour : ?Les vraies occasions, il faut les chercher et elles ne sont pas toujours moins chères. On a parfois à faire à des rebuts.? Mais le couple demeure amateur du genre.
<B>Loin de l?enthousiasme</B>
Sam se rendra aussi au Salon de la maison, qui commence demain, alors qu?à côté de lui d?autres repartent avec des appareils électroménagers livrés avec des ?cadeaux?. ?Ici, c?est la foire des personnes aux revenus modestes alors que le Salon de la maison est destiné aux professionnels de la construction ou aux cadres?, remarque Mireille Chung, une exposante à Mer-Rouge, assez heureuse du répondant de la clientèle pour sa housse de jeannette en mousse. Des clients qui viennent parfois de l?étranger, notamment de la Réunion ou Madagascar.
Cependant, on est loin de l?enthousiasme sur lequel certains commerçants misent. ?Les visiteurs viennent de toucher leur salaire, il faut patienter?, lance un premier tenancier de stand. A côté, Anil Thekee n?est pas au beau fixe : ses chaussures interpellent mais ne trouvent pas preneur. ?On comptait un peu sur cette foire car au magasin, cela n?est pas brillant mais les ventes se font au ralenti.?
D?autres, qui ne veulent pas parler à découvert, entre foires de Trianon et autres, blâment la simultanéité des événements. ?On éparpille la clientèle alors qu?on est déjà victimes des ambulants. Pourtant, on fait vraiment des efforts sur les prix.?
?Moi, je survis grâce aux grossistes, explique ce magasinier de vêtements orientaux. Je ne compte plus sur les foires de marché et même ici, les. gens viennent souvent en promenade seulement.? Face à notre empressement à poser des questions, les responsables de la foire se manifestent. ?Il y a un problème?? demande un responsable. On sent comme une gêne.
Qu?importe. Le Salon de la maison et du jardin a beau commencer demain, cela ne semble nullement intimider les locataires des stands de meubles de Mer-Rouge.
Très accueillante, Sultana Rojah, au stand Joomun, ne semble pas affectée par la morosité des autres commerces. ?Cela tourne lentement mais c?est la règle avec des achats de ce type. On accorde des ristournes sur les meubles légèrement abîmés et les clients sont satisfaits.? Pas trop de nuage quand le magasin va bien et que la clientèle des grossistes fait rouler le store.
?Quand de gros exposants ont plié bagage, on ne peut pas s?étonner de ne pas trouver preneur?, lâche un autre vendeur, l?air désabusé. En effet, les ventes sont rares tandis que sur fond de musique douce, la foule bigarrée déambule comme une ruche dans les allées climatisées
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