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Quand le sexe rime avec déviance
Une mère qui fait des fellations à son fils de quatre ans, voilà qui dépasse l?entendement. Vraie ou montée de toutes pièces, cette histoire parue dans la presse la semaine dernière vient rappeler qu?il existe des gens qui, en quête d?excitation et de sensations, ne se gênent pas pour dénaturer la sexualité. Et il ne faudrait pas croire que l?échangisme ou encore la zoophilie n?existent pas à Maurice.
Ce besoin de faire des expériences parfois incongrues, on l?a bien vu sur un forum Internet mauricien sur lequel on a surfé. Il y a par exemple cet homme qui voudrait regarder sa femme coucher avec un autre, celui-là qui se demande s?il existe des clubs nudistes à Maurice ou encore ce jeune qui raconte qu?il a violé sa mère alors que cette dernière avait bu et qu?elle était inconsciente. Avons-nous là affaire à des pervers ?
Écrire sur les perversions sexuelles, n?est pas une entreprise facile. Première pierre d?achoppement: la définition. Quand vous posez la question autour de vous la discussion s?anime rapidement. « Est pervers tout ce qui est considéré comme un péché , d?ailleurs on vous dit que le sexe c?est pour procréer, pas pour le plaisir », « ce sont des vices, ce n'est pas pour rien que c?est sanctionné par la loi », « aux yeux de la psychanalyse c?est une maladie ». Et les interrogations se transforment en débats passionnés?Est-ce une perversion que de se masturber ? Les homosexuels sont-ils des pervers? Utiliser des menottes et un fouet pendant l?acte sexuel, est-ce une pratique déviante ? Coucher avec plusieurs personnes, commettre l?adultère constituent-ils une dépravation ?
Dans une société hypersexualisée où les livres, les films, les sites nous renvoient des images d?une sexualité brutale, on peut finir par perdre ses repères. Où se situe la limite entre l?érotisme et la perversion dans le couple « normal », et surtout, comment expliquer la recrudescence des agressions sexuelles?
Kurt Barnes, psychologue tente d?y répondre. « Le Larousse vous dira que la perversion équivaut à faire le mal, que c?est quelque chose de contraire à la morale. Il y associe les mots?vicieux?, ?dépravé?, ?dénaturé?. Le dictionnaire parle même d?action de corrompre, ce qui implique une notion de séduction négative. »
Pour le psychologue, la perversion est une appréciation personnelle et culturelle qui peut être interprétée différemment selon les règles d?une société, et la mesure de sa morale.
« À l?époque de la Grèce Antique, Socrate affirmait que l?homosexualité était une bonne chose. Quand les hommes partaient en guerre avec leurs compagnons, ils étaient plus concentrés, ils se protégeaient mutuellement et n?avaient pas à penser aux femmes et aux enfants qu?ils avaient laissés loin derrière. » Il y a eu plusieurs changements de mentalité depuis. Le psychologue citera aussi l?exemple de la polygamie ou de la polyandrie considérées comme une dépravation par certains, et comme une chose normale par d?autres, de l?abstinence qui peut aussi être perçue comme une perversion.
Tout est une question d?interprétation
Cette question d?interprétation est encore plus flagrante aux États-Unis où, en fonction des États, on voit des différences subtiles. « Dans certains États, la fellation est interdite alors que le cunnilingus est accepté. Ailleurs, un homme est puni par la loi si on le surprend entrain d?observer une femme nue, mais si c?est une femme qui espionne un homme nu, là le Code pénal ne se prononce guère. » À Maurice par exemple, la sodomie est illégale, même avec le consentement mutuel des partenaires et on reproche à certaines femmes de trouver là un moyen expéditif pour obtenir le divorce.
Mais il y a plus grave dans la criminalité sexuelle. Pères ou mères incestueux, pédophiles, violeurs, exhibitionnistes? autant d?individus qu?on a envie de qualifier de monstres. Est-ce que ce sont des malades ? « La perversion peut être constitutionnelle, le résultat d?une cause biologique, elle peut aussi être le résultat d?une mauvaise éducation, d?une frustration. On dit que 80 % des abusés sont susceptibles de devenir des abuseurs à leur tour. Quoi qu?il en soit, cela ne déresponsabilise pas l?agresseur », avance Kurt Barnes.
Selon le tableau du psychiatre Jocelyn Aubut, qui est l?auteur de l?ouvrage Les agresseurs sexuels , les principaux déficits des délinquants de ce type sont entre autres : une sexualité déviante (confusion sexe-amour-agressivité), un dysfonctionnement (éjaculation précoce, impuissance), une gestion inadéquate de la colère, une éducation sexuelle déficitaire, la difficulté à demander de l?aide, l?exposition à des modèles sexuels inadéquats, une carence affective ou des relations familiales problématiques.
La violence de l?être sur l?être
A priori, on est tenté de dire que la perversion est plus masculine que féminine. Le fait qu?on parle d?une femme qui se serait livrée à des attouchements sur son fils vient pourtant apporter un autre éclairage. Certains psychologues vous diront que les femmes sont tout aussi masochistes que les hommes, qu?elles ont le fantasme de souffrir pour l?autre, qu?elles sont tout aussi exhibitionnistes, mais que c?est pour imposer leur pouvoir de séduction, alors que l?exhibitionniste masculin veut simplement choquer l?autre. On a également l?impression que si les femmes peuvent être manipulatrices, elles ont moins besoin que les hommes de passer à l?acte.
À contre-courant des idées reçues, Kurt Barnes affirme que la perversion n?est pas une gender issue mais une human deviation. « Il en va de même pour la violence conjugale. Il existe beaucoup d?hommes battus, mais ils ne dénoncent pas leurs bourreaux pour qu?on ne les qualifie pas de mauviettes, et pour ne pas subir d?humiliations au poste de police. C?est pareil pour les abus sexuels. Les nymphomanes existent bel et bien, idem pour les femmes qui se livrent à des attouchements sur les hommes. Le problème, c?est qu?on imagine mal qu?une femme puisse abuser d?un homme. Pourtant ça existe. »
Peut-on guérir un pervers ? « Il faut identifier ses déficits, lui proposer une thérapie pour se recentrer. Le plus dur c?est de veiller à ce qu?il n?y ait pas de récidive », explique le psychologue qui préconise qu?on mise surtout sur la prévention, notamment par le biais de l?éducation, un outil primordial. « Il faut une meilleure éducation sexuelle, non pas un ersatz, mais apprendre aux gens comment fonctionne leur corps. Il faudrait en finir avec ces mythes entourant la sexualité, et apprendre aux enfants à être prudents. »
Si après lecture de cet article, vous êtes en proie aux doutes, si vous vous demandez si vous êtes un pervers en puissance, voici le mot de la fin de Kurt Barnes. Pour lui perversion égale violence de l?être sur l?être « La première règle, c?est que si une pratique ne vous fait pas de bien ou ne fait pas de bien à l?autre vous devez la proscrire. La limite se situe dans le respect de soi et d?autrui. Il faut savoir que ce qui fait notre équilibre mental, ne fait pas forcément celui d?un autre. On n?est plus dans les normes si la sexualité met en danger sa vie ou son corps. » Il ajoute par ailleurs que respecter les lois de son pays, c?est aussi un garde-fou contre les dérapages.
Le fétichisme
Dans toute relation amoureuse, il y a une part de fétichisme. L?objet concerné ( lingerie féminine, torse poilu?) vient alimenter l?excitation du ou des partenaires sans pour autant être indispensable à la relation sexuelle. On parle de perversion quand le fétiche devient la condition absolue du plaisir et s?y substitue. La relation amoureuse n?a alors plus d?intérêt. Ce qui prédomine c?est une partie du corps (cheveu, pied, poils?) ou un objet inanimé qui touche le corps (sous-vêtement, ceinture, gant, traces de rouge à lèvre), une particularité physique (absence de pilosité, yeux bleus, femme enceinte).
L?exhibitionnisme
L?exhibitionnisme se fonde sur la transgression d?un interdit. L?exhibitionniste obtient un plaisir sexuel en montrant surtout ses organes génitaux, souvent en se masturbant, devant un tiers pris au dépourvu.
Le voyeurisme
C?est une autre forme de déviance sexuelle. Le voyeur éprouve une excitation sexuelle en observant d?autres personnes nues ou en train de faire l?amour. Il est du genre qui aime voir sans être vu, et ne ressent lui-même aucun plaisir quant à sa propre nudité. En général, le voyeur ne recherchera pas le contact avec la victime. Il se masturbera en observant sa cible ou, il (ou elle) se remémorera la scène.
La pédophilie
On appelle pédophilie, l?attirance sexuelle pour les enfants généralement d?âge pré-pubère ou pubère. Certains pédophiles (ils peuvent être hétérosexuels, homosexuels, ou bisexuels) sont attirés seulement par les filles, d?autres par les garçons, et d?autres enfin encore par les deux sexes. Les motivations du pédophile pourraient provenir d?un blocage du développement normal de l?individu, il peut aussi s?agir de facteurs familiaux ou culturels, de comportements appris ou d?abus sexuels subis durant l?enfance, voire de manque de maturité émotive. Avec les enfants, ils retrouvent un sentiment de puissance et de contrôle.
Le sadomasochisme
Le sadique est celui qui veut contrôler ceux qui sont faibles et qui ne peuvent pas riposter. Cela peut sembler contradictoire, mais le sadique est un individu qui se sent impuissant, sans vie et sans défense. Il essaye de compenser cette carence en prenant de l?ascendant sur les autres. Le masochisme est un autre comportement déviant dans lequel la personne a besoin de ressentir de la douleur pour parvenir à la jouissance sexuelle. Et le sadomasochisme est le comportement de quelqu?un qui est à la fois sadique et masochiste.
Le viol
Il s?agit d?un acte ou d?une pratique sexuels commise sur autrui en usant de la violence, de la con-trainte, de la menace ou de la surprise. Ainsi une fellation imposée ou subie est un viol, une sodomie est un viol, de même que l?introduction de corps étrangers dans le sexeou l?anus.
Les autres déviances
La zoophilie (l?acte sexuel avec un animal), le froturisme ( se frotter aux gens surtout dans les foules pour obtenir du plaisir sexuel), la nécrophilie (le plaisir sexuel est recherché avec des cadavres), la gérontophilie (attraction sexuelle pour les vieillards)
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