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Quand le flux de patients fait suffoquer les hôpitaux

16 mars 2006, 00:00

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Les infections sont d?origine virale ou bactérienne, leurs manifestations des plus variées: fièvres, diarrhées, vomissements. Le nombre de Mauriciens se présentant aux urgences avec ces symptômes est tel que le personnel des hôpitaux a du mal à gérer la situation. Si le chikungunya n?y est pour rien, car il ne sévit plus autant que durant les semaines passées (voir hors-texte), par contre les récentes pluies ont fait augmenter les risques de gastroentérite.

C?est ainsi que lors d?une visite surprise à l?hôpital du Nord, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, est sorti de ses gonds. La salle accueillant les patients est exiguë et elle grouille de monde; l?attente est donc très longue. Une situation pour laquelle le Regional Health Director par intérim a été sanctionné. Du coup, les autorités ont fait ouvrir une salle, qui n?était jusqu?ici pas utilisée, pour assurer davantage d?espace aux patients.

Virulence des patients

L?état-major de la santé a voulu vérifier l?évolution de la situation dans le même hôpital en début de semaine. Diagnostic : les files d?attente sont toujours aussi longues. Plus de 1 800 patients traverseront le Casualty Ward de l?hôpital ce jour-là.

D?autres mesures viennent alors renforcer le dispositif mis en place : six autres médecins se joindront aux sept désignés au service actuellement. De plus, six autres salles de consultations sont aménagées tandis qu?une véranda fera désormais office de salle d?attente.

A Flacq, où les fonctionnaires du ministère de la Santé ont fait le même constat, deux médecins additionnels viendront renforcer l?effectif, et ce, dès 7 heures le matin.

Les choses se corsent également à l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis : 2 000 patients en 24 heures visitent les urgences. Et c?est là que les patients s?énervent, s?en prennent aux infirmières et autre personnel. ?L?attitude du public devient difficile à gérer. Ils sont de plus en plus exigeants. Ils nous insultent pour la lenteur, pour la qualité de service alors que nous ne sommes que des exécutants. C?est le système qu?il faut revoir et nous sommes tous aussi victimes?, lance une infirmière à l?hôpital Victoria.

Décongestion

Un médecin travaillant depuis plusieurs heures dans le même hôpital, essaie de surmonter sa fatigue, mais pas pour longtemps encore? Une solution, selon le ministère de la Santé, serait que le public ait davantage recours aux centres de santé régionaux. Dans ce contexte, les Areas Health Centres du Nord (Terre-Rouge, Triolet, Goodlands et Rivière-du-Rempart), et ceux de l?Est (Bel-Air, Montagne-Blanche, Belvédère et St.-Croix, seront désormais ouverts jusqu?à dix heures. Pendant le week-end, ces centres de santé resteront ouverts jusqu?à 17 heures. ?Il faut absolument décongestionner le service. Le public doit comprendre cela, sinon la situation deviendra ingérable?, soutient-on au ministère de la Santé.

CIVISME

Six cents Curepipiens sommés de nettoyer leurs terrains

■ Une semaine. C?est le délai accordé par la mairie de Curepipe à quelque 600 citadins pour nettoyer leurs terrains vagues. Faute de quoi, ils seront traduits en cour pour négligence. En cas de culpabilité, ils risquent une amende de Rs 1 000 à Rs 5 000.

Interrogé hier, Anil Dhorbal, président de la commission santé, a déclaré que ces espaces se prêtent à la propagation des moustiques. ?Certains ont promptement agi dès qu?on leur a servi une notice tandis que d?autres se montrent encore récalcitrants.? Anil Dhorbal en appelle aux citadins pour qu?ils agissent au plus vite.

?La mairie ne dispose pas suffisamment de main-d??uvre pour défricher les terrains privés.? Il ajoute que la situation s?est compliquée du fait que certains résidents déposent leurs déchets à l?extérieur de leurs maisons. ?Nous n?avons que 124 éboueurs. D?une part, leur volume de travail a considérablement augmenté, d?autre part la mairie doit débourser davantage d?argent pour les heures supplémentaires.?

CHIFFRES

Le chikungunya en déclin

■ Le nombre de cas répertoriés pour le chikungunya chaque jour est en baisse. C?est ainsi que le ministère n?enregistre qu?une centaine de cas actuellement. (Voir tableau). Toutefois, pas de baisse de vigilance : le ministre de la Santé, Satish Faugoo, est descendu dans la région nord pour s?assurer que les programmes de larvicides sont respectés. Notant un relâchement à ce niveau, il est entrée dans une vive colère.

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