Publicité

Quand l?alcool fait sa pub

14 janvier 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

ON n?y fait pas attention, mais la publicité sur les boissons alcoolisées, malgré les restrictions légales, s?infiltre insidieusement dans le paysage audiovisuel. Nous avions, ici même, fait état, en décembre dernier, d?une publicité pour une marque de whisky, qui jouait sur la sensibilité des consommateurs en faveur des orphelins. Démarche sévèrement critiquée, dans ces mêmes colonnes, par le président de l?Association des agences de publicité, Cyril Palan.

Il existe d?autres formes de publicité de boissons alcoolisées qu?il faut dénoncer. Ainsi, n?a-t-on pas vu, au cours d?une émission de variétés à la télévision mauricienne, plusieurs séquences ayant comme arrière-plan, la façade d?un pub, avec, bien en évidence, la marque d?une boisson alcoolisée ? Prend-t-on le temps d?apprendre aux aspirants caméramen et réalisateurs qu?ils ne doivent pas se convertir en agents publicitaires ?

Un mot également concernant les animateurs de radios. Durant la période des fêtes, on a pu entendre, au cours de nombreuses émissions comportant des conversations téléphoniques avec les auditeurs, les réflexions suivantes ?amusez-vous bien mais ne buvez pas trop?, comme si l?alcool était synonyme d?amusement.

Les auditeurs ont également leur part de responsabilité. L?on a entendu, au cours d?une émission d?une radio privée qui mettait en ligne ses auditeurs locaux et leurs proches établis à l?étranger, un de ces derniers, installé dans une capitale européenne déclarer sur un ton navré, qu?il avait ?oublié d?apporter sa bouteille de rhum? avant d?enchaîner : ?bé, bizin boire whisky là même?. La pub pour l?alcool est passée?

Le dimanche 28 décembre, au cours de l?émission Baro pas aret lavi, sur la MBC Radio, émission rapprochant les détenus des centres pénitenciers de leurs proches, un auditeur n?a pas trouvé mieux que de souhaiter à son beau-frère en détention, un prompt retour à la maison ?pour boire ene zafer?. L?animatrice de l?émission, la religieuse Maud Adam, elle-même ancienne animatrice d?un centre de réhabilitation des toxicomanes et alcooliques, n?a malheureusement pas eu le réflexe de répondre à ce dérapage. Mais le ministre de la Sécurité sociale, Samioulah Lauthan, intervenant plus tard, a eu le mérite de dénoncer cette attitude irresponsable de la part de cet auditeur.

Que dire enfin de cette marque de rhum local offrant un billet de la loterie nationale à ses acheteurs ? L?organisateur, en l?occurence Government Loteries, ne devrait-il pas veiller à ce qu?aucune utilisation commerciale ne soit faite de sa loterie, surtout quand on sait que ce n?est pas la première fois que se présente une telle situation. Autre exemple : les compagnies d?autobus louent généreusement les panneaux de leurs véhicules aux agences de publicité. Ce qui fait une bonne rentrée d?argent dans les caisses, il est vrai. Mais du coup, ce qui n?est pas permis avant 21 heures, à la télévision, devient parfaitement visible en plein jour?

Comme on le constate, la publicité sait parfois contourner les limites imposées par les règlements quand il s?agit des boissons alcoolisées. Et même si la plupart des publicitaires arrivent à respecter scrupuleusement les limites, il se trouve toujours des voix, pour, involontairement, il est vrai, faire le travail.

Publicité