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Quand la « Kreolité » fait débat?

3 décembre 2006, 00:00

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«Nou bisin fier nou leritaz, nou bisin guet nou banne qualité et céki rassemblé nou et péna narien ki unifier nou pliss ki la langue kreol. Mé li aussi important ki nou garde en meme temps ene ouverture vers les autres kiltir », a déclaré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la cérémonie d?ouverture du Festival international kréol, à Pailles, hier. Préserver l?identité créole tout en embrassant les différentes cultures, être fier de ses racines, transformer les faiblesses en force, célébrer le métissage, c?est le message qu?ont également transmis les conférenciers réunis autour du thème « Ki kreolité » ?

Loin d?être rébarbatif, les quelques grands noms de la culture créole ont soulevé des points intéressants lors de la conférence d?hier. Le Dr Arnaud Carpooran a élaboré sur la pertinence du concept de la creolité. « En Martinique, le créole, c?est la population blanche. C?est un mot qui est chargé positivement, car il a aussi été utilisé par la population antillaise pour leur mouvement de revendication », affirme-t-il.

Ce n?est pas le cas à Maurice où le créole est tabou, il désigne le noir et il n?a pas de dimension fédératrice. Il est au contraire séparateur. D?où le souhait du Dr Carpooran que le festival puisse dépasser sa dimension de spectacle pour atteindre un but plus global. « Si nou envi ki kreol prend ene sens, nou bisin réhabilite li. »

Les conclusions de son confrère le professeur Lambert Félix Prudent de Martinique ont rejoint les siennes. « Il faudrait se réunir », dit-il, « pour échanger nos points de vue et on pourra tirer les fruits de cette rencontre? »

Pour le Seychellois Michel Savy, la creolité a ressuscité grâce à sa force. « Il y a eu un changement identitaire forcé à travers l?endoctrinement, nos homonymes africains ont disparu, et nous avons perdu beaucoup de richesses. » Mais alors que tous croyaient que la kreolité est morte, elle renaît de ses cendres. « Cékine fer nous ressussité, c?est nous pluralité kuma ene kiltir, acoz ene revendication identitaire ki fine permet nou réclame l?indépendance nou l?île. »

<B>Briser les stéréotypes</B>

L?intervention de Danielle Florigny nous a ramenés au concept d?amusement qui marque la vie de tout créole. Il faut briser les stéréotypes que la communauté créole a elle-même intériorisés.

« Sinon tout dimoune pou croire ki li conne ziss santé, dansé ek amisé. Séga li pa zisse ene danse exotique, li ene institution culturelle ki éna tou so valer ek so richesse. »

Le Festival international kréol peut donner sa dignité à la communauté créole. « Le processus de développement peut paraître difficile, mais il n?est pas impossible et inaccessible », devait-elle conclure.

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