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Quand la mer engloutit ses fils
Catley Allas. Ce nom doit sûrement vous dire quelque chose? Souvenez-vous, l?an dernier il avait dérivé pendant six jours sur une pirogue avec un ami pêcheur, au large de St-Brandon, avant d?être sauvé. Ce pêcheur de 41 ans, employé par Raphaël Fishing Co. Ltd, a failli trouver la mort encore une fois, il y a quinze jours, après qu?une vague a fait chavirer son embarcation. À bord, il y avait quatre autres pêcheurs.
Mais cette fois, Dame Chance n?a pas souri à tous. Un des pêcheurs, Johnny Collet, s?est noyé. Il était le seul de la bande des cinq pêcheurs à ne pas savoir nager? Catley Allas, lui, a retrouvé la mer, vendredi. « Pour lui, ce n?est qu?un accident de parcours. D?ailleurs, il n?aime pas trop s?éterniser dans la civilisation », affirme un proche, qui connaît très bien le vieux loup de mer.
Les rescapés ont expliqué aux autorités qu?ils étaient en train de rallier l?île Raphaël, leur base d?opération, lorsqu?une vague a fait chavirer leur embarcation. Ce navire, acquis récemment, est pourtant le dernier cri en la matière. Mesurant 23 pieds, il est équipé d?une radio VHS et d?un téléphone portable satellite. Peter Samy, Operations Mana-ger chez Raphaël Fishing Co. Ltd, ne cache pas sa surprise. « Ce bateau possède pourtant deux moteurs puissants. Très stable, il ne se laisse pas dominer. C?est peut-être une lame de fond, une houle sourde qu?on ne détecte pas à la surface de l?eau qui a fait chavirer l?embarcation », explique-t-il.
Ce nouvel accident soulève de nouveau la question de la sécurité des pêcheurs. Sont-ils suffisamment équipés pour naviguer dans ces eaux réputées dangereuses ? Avant chaque campagne de pêche, assure Peter Samy, les autorités concernées vérifient que les bateaux possèdent tous les équipements de secours. « Ce ne sont pas les équipements qui manquent : les bateaux disposent de réflecteurs, de gilets de sauvetage, de sifflets. Malheureusement, faute d?être utilisés, ils rouillent au fond de la cale? » affirme Peter Samy.
Il est grand temps, poursuit-il, que les pêcheurs prennent conscience du danger qui les guette à chaque déferlante. « On pourrait envisager de leur offrir des cours de formation pour les conscientiser », avance-t-il.
De son côté, Alain Langlois, directeur de Raphaël Fishing Co. Ltd, affir-me qu?il ne possède pas de solution miracle. Il dit comprendre « à 300 % » ces pêcheurs qui refusent de porter des gilets de sauvetage, arguant que cela les gêne dans leur travail. « C?est une bonne chose d?en avoir sur le bateau, mais il faut se rendre à l?évidence : on ne pourra les forcer à en porter, à moins que l?Assemblée nationale ne vote une loi à cet effet? »
La seule chose qu?il envisage sérieusement pour le moment, c?est de payer des cours de natation à ses employés. « Je compte même en faire un critère de sélection pour de futurs recrutements », conclut-il.
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