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Quand la fistule se fait attendre

13 octobre 2007, 20:00

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Quand la fistule se fait attendre

Gabrielle Cerveaux, 58 ans, et vi-vant avec une insuffisance rénale, respire enfin. Dans huit jours, elle sera admise à l?hôpital pour la pose d?une fistule artéro-veineuse à son bras droit. Cette fistule est créée au mo-yen d?une intervention chirurgicale, en connectant une artère et une veine du bras. La veine pourra alors être piquée à chaque séance de dialyse par deux aiguilles de dialyse.

« Je suis impatiente, car cela fait plus d?un mois que je suis dialysée grâce à un cathéter temporaire placé dans le cou. Et je vous assure que ce n?est vraiment pas la joie », soupire Gabrielle. En effet, la présence d?un cathéter dans le cou est synonyme de gêne au moment de se nourrir, d?inconfort et d?insomnies. Sans parler des risques d?infection auxquels les malades sont exposés. « Le cathéter est placé à un endroit sensible. Il est connecté au c?ur, et c?est ce qui fait que les risques d?infection sont accrus », explique le directeur de l?hôpital du Nord, le Dr Ramcharitar.

Les malades sont alors contraints de changer de mode de vie. Plus question de prendre de douche. « Je suis obligée de demander de l?aide pour me laver. Je me fie à la visite d?un de mes enfants qui habite non loin pour pouvoir prendre un bain », souligne Gabrielle Cerveaux.

Au Centre de dialyse de Flacq, ils sont une quinzaine à se retrouver dans la même situation. Pour une raison ou pour une autre, un cathéter a dû être placé au lieu de la fistule artéro-veineuse. Issa Neerooa, le président de la Renal Disease Patients Association (RDPA) explique pourquoi. « Lorsqu?il y a urgence pour une dialyse, les médecins optent souvent pour un cathéter. D?autres malades ont abîmé leur fistule après un mouvement brusque et on a dû leur placer un cathéter pour poursuivre la dialyse. »

La liste continue de s?allonger

Vu les risques d?infection qu?ils font encourir au malade, les médecins recommandent la mise en place d?une fistule dans les plus courts délais. Or, sur les quinze patients interrogés, beaucoup affirment attendre depuis plus d?un mois. D?où la frustration qui les anime.

« Lorsque cette fistule sera enfin placée, il faudra attendre encore un mois ou plus, si le malade est diabétique, pour qu?elle se cicatrise. En attendant, nous continuerons le traitement à travers le cathéter au cou, en étant toujours exposés aux risques d?infections », rouspète un des patients.

À l?hôpital du Nord, deux chirur-giens spécialisés dans cette intervention opèrent quatre à six malades par semai-ne. « Nous avons entre 12 et 14 patients qui attendent leur tour », confirme le Dr Ramcharitar. Une liste qui continue de s?allonger, avec de nouveaux cas qui viennent s?y greffer chaque jour, augmentant le temps d?attente.

Son collègue de l?hôpital de Flacq, le Dr Bissondoyal, explique que l?on doit, malheureusement, dépendre des hôpitaux du Nord et de Rose-Belle pour cette intervention, car il n?y a pas de spécialiste à Flacq. Il veut toutefois dissiper les craintes. « Les patients peuvent être rassurés, leurs cas seront bientôt pris en considération. Le ministère de la Santé a été mis au courant de la situation, et tout sera fait pour que l?intervention soit réalisée dans les plus brefs délais à l?hôpital du Nord ou de Rose-Belle. »

La RDPA ronge son frein. « La Santé a pris note de nos doléances. Souhaitons que les malades n?aient pas à pâtir davantage de cette attente », affirme, quant à lui, le secrétaire de l?association, Bose Soonarane.

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