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Quand la débrouillardise mauricienne s?exporte

1 juillet 2007, 00:00

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Aux traditionnels produits locaux s?ajoutent d?autres secteurs porteurs. Ameublement, alimentation, bijouterie, distillerie, industrie de la chaussure ou du plastique se positionnent aux côtés du tourisme, du textile ou encore du sucre. « Au fil des années, nous avons accompli un cheminement industriel et nous proposons aujourd?hui un vaste éventail de produits issus de la diversification. Cela est dû à la motivation instaurée chez les Mauriciens pour s?engager davantage dans l?entrepreneuriat », déclare Prakash Beeharry, d?Enterprise Mauritius.

Pour Leckrani Soobagrah, présidente de l?Association des femmes entrepreneurs de Maurice, cette diversification a pour maître mot la formation : « Aujourd?hui, il y a davantage de formation, d?échanges, ce qui contribue à l?apparition de secteurs porteurs. » Ce sont d?ailleurs ces secteurs qui sont mis en exergue lors de la Mauritius For Africa Fair 2007, qui se tient jusqu?à aujourd?hui. « J?ai visité plusieurs stands et j?ai été impressionnée par la qualité et la touche mauricienne qu?affichent les divers domaines d?entrepreneuriat. Par exemple, la bijouterie a largement évolué, tout comme les meubles et l?artisanat. Maurice est aujourd?hui un label de qualité », ajoute-t-elle.

Et si le made in Mauritius constitue un atout pour l?économie, permettant d?approvisionner le marché domestique à des prix moins élevés, il ne se cantonne pas uniquement à nos frontières. Car le potentiel d?exportation est fort ! Beaucoup d?entrepreneurs ont déjà commencé, alors que pour d?autres, cette foire sera un tremplin pour prendre leurs marques dans la région.

« Comme le marché domestique est restreint, nous constatons que les débouchés sont considérables sur les marchés régionaux et internationaux. Pour certains, la marche est déjà enclenchée, mais pour d?autres, il convient de les booster », ajoute le CEO d?Enterprise Mauritius. Cette volonté de mieux saisir les opportunités d?exportation a d?ailleurs été réitérée par Rajesh Jeetah, le ministre du Commerce, lors de l?ouverture de la foire : « Ce qui différencie Maurice des autres économies, c?est que dans notre cas, la sensibilisation et les perspectives d?exportation constituent des conditions sine qua non au développement des PME. La dépendance sur les exportations est la seule stratégie rationnelle et réaliste. »

L?ECLAT DE L?ORIGINALITE

Qui n?aime pas en porter ? Les pierres semi-précieuses comme les perles, le corail, le jade entre autres, rayonnent de plus belle. Nitesh Ramdharry, directeur de Rocks and Craft Ltd, fabrique 250 nouveaux modèles tous les mois, en s?inspirant des designs anciens qui renaissent de leurs cendres, et en y rajoutant une touche de modernisme. « Aujourd?hui, notre marché est à 50 % local et l?autre moitié est destinée à l?Europe », confie-t-il. L?entreprise, qui compte 23 ans d?expérience, est également présente en Afrique. « Ce n?est pas toujours facile de percer sur ces marchés, car il faut se distinguer de par l?originalité. C?est pour cela qu?il faut innover, introduire de nouvelles matières comme l?os de chameau, les ?ufs d?autruches, ou encore le bois sculpté, et ce, avec des prix compétitifs », ajoute-t-il.

LA SOUPLESSE A L?ETAT PUR

Ils servent à enlever les taches, à laver et à assouplir les vêtements. Ce sont les poudres à lessive et les assouplissants, bien sûr ! Popularisés chez la ménagère depuis quelques années, ces produits se mauricianisent de plus en plus, comme la marque Fortune, commercialisée par la firme Chemlog, et lancée lors de la Mauritius for Africa Trade Fair. La poudre à lessive est composée d?actifs au savon de Marseille, ce qui facilite le lavage. « L?assouplissant a été formulé pour une triple concentration, ce qui permet à la ménagère d?économiser quand elle fait sa lessive », explique Vishal Jaunky, commercial chez Chem-log. Ce produit existe en cinq parfums, et il est disponible dans les supermarchés locaux, mais également à la Réu-nion, Mayotte et Madagascar. « Nous essayons de voir s?il y a des débouchés sur la région africaine, mais ce n?est pas facile car il y a beaucoup de compétition », indique-t-il.

DU TONUS DANS VOTRE PETIT-DEJEUNER

Voilà une grande première : un petit-déjeuner 100 % mauricien ! Flocons de maïs, céréales gorgées de chocolat et de malt, ou encore taillées en forme de petites étoiles : ces produits viennent de débarquer sur nos étagères sous la marque Krusty. Produite par la compagnie La Trobe Co. Ltd, à Riche-Terre, cette gamme de céréales est enrichie aux vitamines et se présente en logements de 18 g, 140 g, et 270 g, à des prix compétitifs. La fabrication des pellets se fait entièrement à Maurice, après une étude de marché et l?expertise d?étrangers. Krusty a été introduite dans le commerce depuis le début du mois de juin. « Nous n?avons pas encore commencé l?exportation, mais déjà les retombées sur le marché local sont très positives. Nous comptons sur les perspectives des marchés africains et nous allons introduire d?autres gammes dont le muesli et les diet cereals », affirme Thierry Liu, de cette entreprise.

SA MAJESTE BEBE

Outre les classiques barboteuses et autres grenouillères, on trouve aujourd?hui de nouveaux vêtements pour le confort de bébé. Culottes « hiblo », « dors bien », « gleginettes », autant de produits de Sissi Création, affichant des couleurs et des rayures tendance, ainsi que de petites impressions de peluches, sous la marque Bébéroi. « Auparavant, nous étions pionniers dans la production locale de vêtements pour bébés et enfants, mais face aux produits asiatiques, nous avions deux choix : fermer boutique ou exporter. Nous avons choisi la deuxième option et nous approvisionnons divers marchés étrangers », soutient Sylvia Rose Lubois (photo), de Sissi Création. Ainsi, ces quatre dernières années, elle destine sa production aux marchés australien, allemand, zambien, zimbabwéen et sud-africain. L?inspiration vient des observations ou à la commande du client. « La clé de l?exportation du produit mauricien, c?est un prix compétitif », ajoute-t-elle.

QUESTIONS À PRAKASH BEEHARRY, « CHIEF EXECUTIVE OFFICER » D?« ENTERPRISE MAURITIUS » :

« Il y a des possibilités énormes pour les produits mauriciens »

« Enterprise Mauritius » organise la deuxième édition de « Mauritius for Africa ». Pourquoi ?

L?an dernier, la Mauritius for Africa Exhibition a permis de promouvoir les produits fabriqués localement sur le marché africain. Cette édition s?inscrit dans la continuité, mais elle est axée sur l?exportation. Outre l?exposition, nous avons organisé des conférences et des ateliers de travail avec des experts de la région.

Grâce à de tels événements, Enterprise Mauritius essaie d?insuffler un renouveau en intensifiant la campagne de promotion, et en étoffant les programmes pour les acheteurs et les producteurs. Nous envisageons également de créer un réseau avec des liaison officers dans les pays africains pour implanter des soutiens logistiques, ainsi que des centres d?exposition pour les produits. Nous avons une stratégie d?accompagnement pour identifier les produits qui peuvent être exportés.

Quells sont les forces et les faiblesses du label mauricien ?

Nos points forts, c?est que nous possédons l?expérience, la culture industrielle, et cette débrouillardise qu?il convient de saluer. Toutefois, en comparaison avec d?autres pays, nous ne disposons pas de suffisamment de ressources naturelles et nous ne pouvons pas toujours faire face à la compétition.

Nous avons certaines facilités logistiques, mais cela pourrait être complété par des pays experts en la matière. Prenons l?Inde ou la Chine, qui excellent dans la technologie. Nous pourrions créer un partenariat d?entraide où les trois acteurs seraient gagnants ! Il faut réactualiser notre branding avec une coopération élargie.

Comment nos produits peuvent-ils mieux se positionner sur les marchés régionaux et internationaux ?

Maurice est à la croisée des chemins. Il existe des possibilités énormes pour les produits mauriciens et une réelle évolution du marché africain dont les opérateurs locaux ne sont pas conscients. Il faut valoriser et vulgariser notre branding « made in Mauritius ». Quand on pense que les im-portations des pays africains s?élèvent entre 70 à 80 milliards de dollars américains, on sait qu?il y a là un créneau pour Maurice.

Il faut refaire l?image du pays, avec un concept de valeur ajoutée pour attirer les acheteurs africains, mais aussi diversifier les produits. Il faut axer la production au-delà des produits de base, innover à travers les designs. Dans cette mouvan-ce économique, il faut se demander si l?opérateur mauricien va rester un simple spectateur et laisser l?autre bénéficier du potentiel de marché ou si l?île Maurice sera partie prenante.

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