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Pêcheurs en cale sèche

13 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?eau des grosses averses a séché dans les cours. Le ciel s?est éclairci et chacun vaque de nouveau à ses occupations. Sauf les pêcheurs de Latanier. Ils sont bloqués à terre, quinze de leurs barques ayant été rendues inutilisables, trouées de part et d?autre à force d?avoir été ballottées sur les rochers.

Le Wildane en est la triste preuve. Il flotte encore dans les eaux qui bordent le quartier général des gardes-côtes, aux Salines, le ventre à l?air, le moteur sous les flots.

Au repos forcé, les pêcheurs jouent aux dames pour passer le temps. Sous le kiosque en tôle qui les abrite du soleil de plomb, ils discutent de pourparlers avec le ministère de la Pêche, pour se faire rembourser. Mohamedally Lallmamode, leur porte-parole, s?applique à rédiger une lettre au Premier ministre pour lui expliquer, photos à l?appui, la galère dans laquelle ils se retrouvent. Ils espèrent qu?il va accepter de les recevoir la semaine prochaine.

Depuis septembre, ses collègues et lui-même ont été contraints de jeter l?ancre dans cette partie de la rade car le gouvernement a dû se conformer aux directives américaines sur la sécurité dans le port. Or, à cet endroit, des rochers qui bordent le rivage sont une véritable nuisance. Le gouvernement n?aurait pas tenu sa promesse de les faire enlever, au moment du transfert des pêcheurs aux Salines.

Ils déplorent également le fait que la station météo ou les gardes-côtes n?aient pas annoncé qu?il y aurait un raz-de-marée. « Lorsqu?on est arrivé en début de semaine avec nos équipements, nos pirogues étaient sur les rochers qui bordent le rivage », s?emporte Abdool Monaff Soobratty.

« Pa kapav sak fwa vag leve, bizin depans ziska 50 000 roupi pou fer reparasyon », ajoute son collègue, Mohamedally Lallmamode.

Bin Ameen Nasroollah, le propriétaire du Wildane, doit, quant à lui, faire le va-et-vient entre le ministère de la Pêche et la Banque de développement pour s?acheter une nouvelle pirogue.

« Pa fasil mo dir ou? Il faut que le ministère certifie que j?ai bel et bien été victime du mauvais temps. Je ne sais pas quand je pourrai avoir un nouveau prêt pour repartir à zéro. Et dire que je n?ai pas encore remboursé le Wildane. Il m?avait coûté Rs 132 000 et le moteur Rs 39 500? »

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