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Pêcheur de homards à 80 ans
A marée basse, Francis Noirette, 80 ans, éprouve encore l?envie irrésistible de prendre le large pour poser ses casiers. Il connaît mieux que quiconque à Poste-Lafayette les repaires de homards, ces crustacés qui se pêchent sur les fonds rocheux à une profondeur de 15 à 50 mètres.
Si aujourd?hui, l?octogénaire se contente de pêcher quelques livres de homard, sa prise record, quelque 200 kilos, n?a jamais été battue par un autre pêcheur du village. On le reconnaît encore comme le plus grand pêcheur de la région. ?J?avais 20 ans lorsque j?ai ramené deux balles de homards pesant quelque 200 kg. A l?époque, le homard se vendait seulement à Rs 1.25 la livre?.
C?est son père, Casimir de Pelzany et sa mère, Léontine Noirette, dont il porte le nom de famille, qui l?initie à la pêche à l?âge de 18 ans. ?Nous pêchions non seulement le homard, mais aussi les poissons: berri, capitaine et cordonnier?.
Francis Noirette a payé un lourd tribut à la mer : sa mère est morte noyée au large de Poste-Lafayette à l?âge de 56 ans. ?C?était lors d?une partie de pêche à la ligne. Sa pirogue a chaviré. Elle était en compagnie d?un autre pêcheur, Antoine Gopi, qui a aussi péri. Franker Rogers, un enfant de 12 ans, qui les accompagnait, a pu miraculeusement échapper au drame?, raconte-t-il, le regard absent.
L?octogénaire a connu un autre coup dur dans sa vie. Son frère jumeau est mort à l?âge de 20 ans. ?J?ai été très affecté par cette perte. Je ne pouvais manger pendant plus d?une semaine?. Malgré ce double cas de noyade qui avait secoué tout le village à l?époque, Francis Noirette n?a jamais pu se défaire de son engouement pour la pêche. A l?époque, il fabriquait des casiers non seulement en fil de fer, mais aussi en bambous.
Du homard à 30 sous la livre
Aujourd?hui, Francis Noirette gagne sa vie comme vigile au bungalow de la famille Némorin. Mais de temps à autre il ne peut s?empêcher d?aller à la recherche de homards hors du brisant. ?A marée basse, j?y vais à pied pour poser mes casiers. Il faut s?armer de patience pour avoir quelques livres de homard car je ne reviendrai que le surlendemain pour lever les casiers?. A l?époque, se souvient Françis Noirette, la mer regorgeait de homards. ?Des fois, les banians refusaient même d?en acheter. Je me souviens avoir déjà vendu du homard à 30 sous la livre et du poisson à 55 sous la livre?.
Jeune, il a aussi travaillé comme laboureur à l?établissement sucrier de Mon-Loisir. Veuf depuis cinq mois, Francis Noirette n?a pas d?enfants. Il vit chez sa belle-s?ur.
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