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Pédophilie alléguée : il voit sa peine de sept ans annulée
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Pédophilie alléguée : il voit sa peine de sept ans annulée
?Le témoignage de la victime ne vaut rien et n?est point satisfaisant.? Le chef juge Ariranga Pillay et le juge Paul Lam Shang Leen, siégeant en Cour suprême, ont été formels suite à l?examen du dossier de Louis Michael Missewe, trouvé coupable de viol et sodomie après que sa nièce l?en eut accusé. Condamné à sept ans de prison par la cour intermédiaire, le 16 mars dernier, cet habitant de Bambous a pu retrouver la liberté après avoir fait appel.
Les faits remontent à mars 2000. La présumée victime, née le 6 décembre 1995, est alors âgée de quatre ans et demi. Elle habite à Bambous avec ses parents et grands-parents. Alors qu?elle joue au jardin d?enfants, elle tombe malade et est conduite à l?hôpital Victoria. Là, le pédiatre constate qu?elle souffre de malnutrition, d?anémie et qu?elle saigne au niveau de ses parties intimes. Elle est référée à un gynécologue qui relève des blessures à ces endroits.
L?affaire est confiée à la police. Interrogée, la fillette déclare qu?un certain Bin..., qui habite dans son entourage, l?a frappée et a abusé d?elle sexuellement. Son oncle, Louis Missewe, qui travaille comme jardinier, est interpellé. Sa maison se trouve dans le même périmètre que celle de la présumée victime et il porte ce sobriquet. L?homme clame son innocence. La mère de sa nièce, dit-il, l?emmène chez lui chaque matin et la petite y rencontre d?autres enfants. Mais à cette heure-là, précise-t-il, il est temps pour lui de prendre le travail.
Aucune parade d?identification ne sera effectuée par la police, alors qu?il s?avère qu?une autre personne de l?entourage de la fillette a le même sobriquet que celui de l?oncle, celui-là même par lequel la présumée victime a désigné son agresseur. Cette dernière n?a d?ailleurs pas été en mesure d?identifier l?endroit où elle dit avoir été agressée. Louis Missewe est arrêté. Il passe cinq mois en détention préventive avant d?être relâché sous caution. La police boucle l?enquête et soumet le dossier au parquet qui le réfère à la cour intermédiaire. Au moment où la victime dépose en cour (en 2006), cinq ans se sont écoulés, elle est âgée de 10 ans et fréquente l?école gouvernementale de Bambous.
A une question de Me Yahia Nazroo, avocat de Louis Missewe, la présumée victime admet que quelqu?un lui a relaté les faits de l?incident qui a eu lieu cinq ans auparavant. Missewe, lui, nie les accusations et plaide non coupable. A l?issue du procès, il est toutefois jugé coupable. La cour intermédiaire fait ressortir que ?La victime a été remarquable dans sa déposition en cour. Elle a été longuement contre-interrogée et a passé le test avec succès. Les témoignages démontrent que les agressions sexuelles ont été commises de manière répétitive? C?est un cas très clair d?abus démontrant une forme de perversion connue comme la pédophilie?. Le suspect écope de de sept ans de prison. Il donne avis d?appel.
Entre-temps, il est remis en détention. Le 13 juillet dernier, l?appel est entendu. Les juges Ariranga Pillay et Paul Lam Shang Leen relèvent des ?faits troublants? (disturbing features) dans les témoignages de la poursuite. Ils sont d?avis que Louis Michael Missewe aurait dû avoir droit au bénéfice du doute. Me Medhi Choonee, le représentant du parquet demande que l?affaire soit maintenue pour qu?il puisse demander l?avis du DPP.
Après consultation avec le DPP, l?avocat du parquet déclare que suite aux observations de la cour, le DPP ne veut plus résister à l?appel interjeté par le condamné. La peine de sept ans de prison est aussitôt annulée. Missewe retrouve la liberté après quatre mois passés à nouveau en détention. Au total, cette affaire lui en aura valu neuf?
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