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Psychologie d?entreprise

10 juillet 2007, 20:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Le gouvernement fonde beaucoup d?espoir sur les petites et moyennes entreprises (PME) pour réaliser son objectif de plein emploi dans les quatre prochaines années. En d?autres mots, il veut encourager, les jeunes surtout, à créer leur propre emploi. Etre entrepreneur, c?est avant tout une question de tempérament et d?attitude vis-à-vis du risque.

Le nombre de PME explose mais rien ne dit que le pays peut compter sur une culture d?entreprise digne de ce nom comme au Singapour, par exemple. Pour bien évaluer la force de notre tissu entrepreneurial, il faut d?abord se mettre d?accord sur la définition de l?entrepreneur. Très souvent, un salarié qui décide se mettre à son propre compte n?est pas encore un entrepreneur au vrai sens du terme. Il n?est qu?un ?self-employed?. Il est toujours dans une logique d?employé, sauf qu?il génère lui-même son salaire.

Il lui faut un accompagnement psychologique pour passer à l?étape d?entrepreneur. Les institutions de support tels la Small Enterprises and Handicraft Development Authority (SEHDA) devront soutenir ce processus de métamorphose car il s?agit d?une épreuve très délicate pour la survie même de l?entreprise. Ce soutien psychologique est tout aussi vital que le support technique ou le management.

Le danger que la nostalgie du confort de salarié prenne le dessus sur le goût du risque est trop élevé pour être pris à la légère. C?est du reste un des principaux facteurs du taux élevé de mortalité prématurée chez les ?start up?.

D?autre part, on confond trop souvent à Maurice l?esprit d?entrepreneur et celui de débrouillardise. Si le Mauricien moyen est connu pour être assez débrouillard, il n?a pas nécessairement les qualités entrepreneuriales distinctives. Le pays compte trop de bricoleurs d?affaires au lieu de vrais entrepreneurs.

C?est d?ailleurs une des principales raisons qui expliquent l?étendue des activités économiques informelles dans le pays. L?entrepreneur, lui, conçoit une idée de business à partir d?une opportunité qu?il estime commercialement et financièrement viable. Le bricoleur d?affaires, par contre, est toujours à la recherche d?une astuce pour se faire de l?argent. Le commerce de produits piratés et/ou provenant de filière de contrebande n?est qu?un exemple.

De ce point de vue, la prolifération des marchands ambulants dans nos rues n?est certainement pas un bon indicateur de notre culture d?entreprise. Le défi des autorités est de transformer ces ressources dispersées dans l?économie parallèle en des énergies entrepreneuriales. L?intégration à l?économie formelle est une des conditions essentielles pour favoriser la croissance.

Il faut en faire une priorité dans la stratégie de promotion des PME. Il ne faut pas se contenter du nombre croissant de nouvelles PME. Il faut surtout se pencher sur la capacité de ces unités à se forger un caractère dans un monde très concurrentiel.

Il y a aussi des barrières culturelles qu?il importe de faire tomber. La société mauricienne ne pardonne pas facilement l?échec. Un entrepreneur qui n?a pas réussi sa première tentative d?affaires est peu enclin à essayer une deuxième expérience. La peur de l?échec agit souvent comme un handicap à la prise de risques.

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