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Prévention du sida : des ONG réclament une loi plus humaine
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Prévention du sida : des ONG réclament une loi plus humaine
Le Collectif Urgence Toxida (Cut) se mobilise. Déterminé à trouver la meilleure façon d?appliquer le programme de substitution par la méthadone ainsi qu?à discuter des dispositions du HIV and Aids Preventive Measures Bill, le collectif s?est réuni mardi après-midi pour une première réflexion et a sollicité une rencontre avec Rama Valayden et Satish Faugoo, respectivement ministre des Droits de l?homme et ministre de la Santé.
Cette rencontre aura pour objectif d?apporter des suggestions pour un HIV and Aids Preventive Measures Bill ?plus humain et plus conforme à la réalité?. Autre gros dossier au menu : le programme de substitution par la méthadone, dont l?introduction a été approuvée voilà quelques semaines par le cabinet.
Le Cut est une plate-forme de réflexion et de plaidoyer regroupant 11 organisations non gouvernementales engagées dans le traitement et la réhabilitation des usagers de drogue, de même que dans la prévention et la lutte contre le sida. Lors de la réunion de mardi, les représentants des ONG présents ont d?emblée évoqué l?attitude positive du gouvernement par rapport à l?introduction de la méthadone.
Coût du traitement
?Les ministres Valayden et Faugoo, que nous avons rencontrés après la constitution du Cut et avec qui nous avions évoqué cette question, y ont été sensibles. Puis le cabinet a approuvé l?introduction de la méthadone. C?est extrêmement positif?, dit Percy Yip Tong, porte-parole du Cut.
La prochaine étape est de savoir comment le programme de substitution sera appliqué. Le Cut compte ainsi solliciter l?expertise de Médecins du monde, vu sa longue expérience en la matière en Europe.
Pour ce qui est du HIV and Aids Preventive Measures Bill, le Cut estime vital l?apport d?ONG actives dans la lutte contre le sida. ?C?est très bien que le gouvernement soit venu avec un tel projet de loi. Mais avant qu?il ne soit approuvé, le projet de loi doit être humanisé et doit se conformer aux réalités du terrain. Pour cela, nous devons être consultés?, estime Percy Yip Tong.
Citant un exemple de non-conformité à la réalité du terrain, le porte-parole du Cut explique que ce projet de loi ne considère, par exemple, pas le cas de l?adolescent mineur qui souhaiterait subir un test de dépistage mais qui doit pour cela avoir l?autorisation de son tuteur légal. ?Certaines choses doivent être harmonisées?, souligne le porte-parole du Cut.
Parlant d?éventuelles oppositions à l?application du programme, qui risquent de surgir, Percy Yip Tong évoque son coût. En effet, selon les premières estimations du Cut, traiter 1000 personnes à la méthadone annuellement reviendrait à Rs 8 millions. Et c?est sans compter le coût des tests annuels à être pratiqués pour vérifier que le patient ne se drogue plus. A cela, il répond que les coûts économiques de la consommation de la drogue sont nettement supérieurs.
?Certains avancent aussi que traiter un séropositif coûte cher. L?Etat débourse Rs 100 000 par an avec un séropositif. Mais les coûts économiques de la drogue sont supérieurs?, affirme-t-il en faisant le décompte. ?Un usager de drogue dépense entre Rs 200 et Rs 800 par jour. 20 000 toxicomanes ayant été officiellement recensés à Maurice, cela fait entre Rs 4 et Rs 6 millions dépensées chaque jour pour la consommation. Et il ne faut pas oublier les coûts de la criminalité liés à la consommation du Brown Sugar.?
Contenir la progression
Le sida, lui, n?attend pas, prévient le porte-parole du Cut. ?Si le programme d?échange de seringues avait été appliqué bien avant, nous n?aurions pas eu les 92 % de séropositifs contaminés par voie intraveineuse. Et nous sommes entrés dans la phase où le VIH-Sida a quitté les groupes dits à risque pour gagner d?autres groupes au sein de la population. Introduire ce programme d?échanges de seringues n?équivaut pas à encourager les gens à se droguer car il y a davantage de gens qui font l?amour sans préservatif que ceux qui se droguent. Et la population la plus touchée est celle qui est active, soit les 18 à 35 ans.?
Pour Percy Yip Tong, le problème par rapport au VIH-Sida à Maurice n?est plus d?arrêter sa progression mais de la contenir. ?Le gouvernement et les ONG sont complémentaires. L?avenir de notre société est en jeu.?
Le Cut se réunira de nouveau lundi pour, entre autres, évaluer les coûts réels de l?application du programme de substitution.
TOXICOMANIE
Méthadone : l?expertise de l?OMS sollicitée
■ Elle peut s?avérer dangereuse si elle est mal utilisée ou importée en contrebande. Mais la méthadone est vue comme un médicament de sevrage efficace dans le traitement des héroïnomanes.
Maurice, qui compte environ 20 000 drogués, veut appliquer un programme d?administration de la méthadone aux toxicomanes. Pour mieux gérer son utilisation, et après plusieurs réunions des techniciens du ministère de la Santé avec ceux de la NATReSA, le pays a décidé de recourir à l?expertise de l?Organisation mondiale de la santé (OMS).
L?expert de l?OMS devra conseiller les autorités sur les procédures pour l?administration de la méthadone aux drogués. Il est ainsi question que l?exercice se fasse dans les centres de désintoxication et ce, sous surveillance d?un infirmier de peur que le patient n?essaie de le revendre dans le circuit sous forme de poudre. Une overdose de la méthadone peut provoquer la mort d?un drogué au bout de deux à quatre heures. Des symptômes tels qu?une baisse du rythme cardiaque et des problèmes respiratoires aigus de même que des effets secondaires (nausée, vomissements, constipation) sont aussi à prévoir au début du traitement. Si ces effets sont sans gravité, il importe cependant que l?utilisation du produit soit fortement contrôlée.
Le ministère de la Santé entend exercer un contrôle très strict sur le produit, qui sera utilisé dans les centres de désintoxication uniquement. Il ne sera pas disponible dans les pharmacies. Un comité technique de la Santé avec l?appui du consultant de l?OMS, qui est attendu sous peu, va préparer les détails relatifs à l?appel d?offres international qui sera lancé bientôt pour l?achat de la méthadone.
Le produit est disponible en sirop, injection et en comprimé. Maurice pourrait privilégier l?achat des comprimés pour pouvoir exercer un meilleur contrôle.
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