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Prévenir les actes de violence sur les mineurs

8 juin 2006, 00:00

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Que chaque enfant vive dans l’aisance. Cet appel émane d’une petite fille de 10 ans en ce début du mois de juin consacré à l’enfance. Elle semble tout d’un coup à mille lieues des caprices de certains de ses camarades. De fait, elle pose le problème. Cartable au dos, la question la préoccupe soudain alors qu’elle continue son chemin pour l’école, tête baissée. Qui peut ignorer ce problème social violant la convention relative aux droits des enfants ?

Le modèle commence, au niveau mondial par une étude de l’Organisation des nations unies, sur la violence à l’égard des enfants. Elle vise à brosser un tableau complet de ce genre de maltraitance. Elle est suivie de recommandations claires pour prévenir et réduire les actes de violence. Le continent noir s’en soucie au plus haut point et lui dédie la célébration de la Journée de l’enfant africain. Prenant comme thème “arrêtez la violence contre les enfants”, le programme s’annonce chargé ce 16 juin. Madagascar y participe également.

Les chiffres s’avèrent encore horrifiants dans la Grande île en ce qui concerne le problème de violence. Selon le rapport du gouvernement américain sur le respect des droits de l’Homme en 2005, ceux des enfants sont quasiment non respectés. À Madagascar, la violence à l’égard des enfants se traduit par différentes formes, notamment la prostitution et le travail des enfants. Selon une étude continue menée par le Programme international pour l’élimination du travail des enfants au sein de l’Organisation internationale du travail, on dénombre environ 700 à 800 enfants prostitués dans la ville de Nosy Be, et plus de 2 000 à Toamasina.

En outre, certains enfants prostitués indiquent qu’ils gagnent plusieurs fois le salaire mensuel moyen. Leur motivation tourne autour de l’extrême pauvreté et le manque de soutien de la famille. En fait, ce sont les principales raisons pour lesquelles les enfants s’engagent dans la prostitution.

Le problème d’enfants des milieux ruraux se pose également. Ces derniers font aussi l’objet de traite pour travailler comme prostitués ou comme gens de maison dans les centres urbains. Près de 13 % des enfants des villes et 36 % des enfants des campagnes, entre 10 et 14 ans, sont recrutés de manière intermittente, en grande majorité dans les fermes familiales. “Une chose est sûre, les gens commencent à dénoncer ces actes criminels. Ils sont nombreux à venir nous contacter chaque semaine”, explique l’officier principal, Zandry Maurice, chef de division des mœurs et protection des mineurs à Tsaralalàna.

Selon ce responsable, la division reçoit environ une vingtaine de dossiers chaque semaine. 46 % des affaires concernent le viol de mineurs, victimes ou auteurs et dont la majorité a trait à la gent féminine. Le reste implique des pensions alimentaires suspendues, la violence à l’encontre d’enfants issus d’un premier lit. Le bâtiment sis à Tsaralalàna devient un pôle pour les histoires du genre.

<B>Fanja SAHOLIARISOA</B> <I>L’express de Madagascar</I>

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